Élection présidentielle française de 1939

Élection présidentielle française de 1939
Président de la République française
Corps électoral et résultats
Votants910
Votes blancs et nuls6
Albert Lebrun 1932 (2).jpgAlbert Lebrun – AD
Voix506
56,0 %
 −25,5
Albert Bedouce-1914.jpgAlbert Bedouce – SFIO
Voix151
16,7 %
Marcel Cachin 1929.jpgMarcel Cachin – PC-SFIC
Voix74
8,2 %
 +7,2
Justin Godart.jpgJustin Godart – PRRRS
Voix50
5,5 %
Président
SortantÉlu
Albert Lebrun
AD
Albert Lebrun
AD

Une élection présidentielle se tient en France le 5 avril 1939 afin d'élire le président de la République. Le président sortant, Albert Lebrun (Alliance démocratique), est élu pour un second mandat.

Contexte

En , le septennat du président Lebrun arrive à son terme. Depuis la « Constitution Grévy », l'usage voulait que le chef d'État ne fasse qu'un mandat. Albert Lebrun, qui vient de vivre un septennat agité, pense alors quitter la présidence.

Mais une situation extérieure de la plus grande gravité se présente : la guerre semble possible. De plus, Pierre Laval pense faire élire Fernand Bouisson et prendre le pouvoir en sous-main ; or, Lebrun n'a pas confiance en Laval, et Édouard Daladier voudrait rester président du Conseil pour maintenir l'effort de guerre ; la reine d'Angleterre lui fait la même demande au nom de l'amitié franco-britannique face à Hitler. Bouisson et Henri Roy renoncent finalement à se présenter et rallient la candidature de Lebrun[1],[2]. Philippe Pétain refuse également de se présenter[2].

Surtout, Albert Lebrun considère l'obstacle juridique levé par le fait que les présidents des deux assemblées, Édouard Herriot et Jules Jeanneney, viennent officiellement lui demander de se représenter. Il accepte donc de briguer un second mandat, sachant que la guerre est inéluctable[3]. Il reçoit notamment le soutien de la Fédération républicaine et de l'Union socialiste républicaine[2].

Résultats

Le fait que la Chambre des députés, issue des élections législatives de 1936, soit majoritairement à gauche, ne suffit pas à empêcher l'Assemblée nationale (réunion de la Chambre des députés et du Sénat) d'exprimer une sensibilité plus modérée (centriste) en réélisant Albert Lebrun (Alliance démocratique), qui a su tenir des positions équilibrées lors du gouvernement du Front populaire et assurer la présidence pendant des années agitées.

Unique tour
Voix%
Inscrits920100,00
Votants91098,91
   suffrages exprimés90499,34
   suffrages blancs ou nuls60,66
Candidat
Parti politique
Voix% des
exprimés
Albert Lebrun
Alliance démocratique
50655,97
Albert Bedouce
Section française de l'internationale ouvrière
15116,70
Marcel Cachin
Parti communiste (SFIC)
748,19
Édouard Herriot (non candidat)
Parti républicain, radical et radical-socialiste
535,86
Justin Godart
Parti républicain, radical et radical-socialiste
505,53
Fernand Bouisson (non candidat)
Sans étiquette
161,77
François Piétri (non candidat)
Alliance démocratique
101,11
Autres444,87
Sources : Le Figaro, L'Homme libre et Le Journal du

Suites

Albert Lebrun est investi pour son second mandat lors d'une cérémonie se déroulant le au palais de l’Élysée[2]. Il est déposé à la fin de la IIIe République, le (bien que n'ayant pas démissionné et donc pas terminé son mandat qui expire en 1946, il ne retrouve pas ses fonctions à la Libération).

Notes et références