Élection présidentielle française de 2017

Élection présidentielle française de 2017
(1er tour)
(2d tour)
Type d’électionÉlection présidentielle
Scrutin uninominal majoritaire à deux tours
Corps électoral et résultats
Population66 990 826[2]
Inscrits47 582 183[1]
Votants au 1er tour37 003 728
77,77 %  −1,7
Votes exprimés au 1er tour36 054 394
Votes blancs au 1er tour659 997
Votes nuls au 1er tour289 337
Votants au 2d tour35 467 327
74,56 %  −5,8
Votes exprimés au 2d tour31 381 603
Votes blancs au 2d tour3 021 499
Votes nuls au 2d tour1 064 225
Débat(s) (1er tour)
(1er tour)
(2d tour)
Emmanuel Macron in Tallinn Digital Summit. Welcome dinner hosted by HE Donald Tusk. Handshake (36669381364) (cropped 2).jpgEmmanuel Macron – EM
Voix au 1er tour8 656 346
24,01 %
Voix au 2e tour20 743 128
66,10 %
Le Pen, Marine-9586 (cropped).jpgMarine Le Pen – FN
Voix au 1er tour7 678 491
21,30 %
 +3,4
Voix au 2e tour10 638 475
33,90 %
François Fillon 2010.jpgFrançois Fillon – LR
Voix au 1er tour7 212 995
20,01 %
Meeting Mélenchon Toulouse - 2017-04-16 - Jean-Luc Mélenchon - 41 (cropped 2).jpgJean-Luc Mélenchon – FI
Voix au 1er tour7 059 951
19,58 %
 +8,5
Benoît Hamon place de République plan serré (cropped).jpgBenoît Hamon – PS
Voix au 1er tour2 291 288
6,36 %
Nicolas Dupont-Aignan Palais Bourbon 2017 (cropped).jpgNicolas Dupont-Aignan – DLF
Voix au 1er tour1 695 000
4,70 %
 +2,9
Résultats du premier tour par département
Candidat arrivé en tête :
  • Emmanuel Macron
  • Marine Le Pen
  • François Fillon
  • Jean-Luc Mélenchon
Résultats du second tour par département
Candidat arrivé en tête :
  • Emmanuel Macron
  • Marine Le Pen
Président de la République
SortantÉlu
François Hollande
(PS)
Emmanuel Macron
(EM)
elections.interieur.gouv.fr

L'élection présidentielle française de 2017, onzième élection présidentielle de la Ve République et dixième au suffrage universel direct, est un scrutin permettant d'élire le président de la République pour un mandat de cinq ans, se déroulant les dimanches et — et par dérogation les et dans plusieurs territoires hors métropole. Le président sortant François Hollande a décidé de ne pas se présenter à sa propre succession, fait inédit pour un président de la Ve République en fin de premier mandat. Autre situation inédite : l'élection présidentielle a lieu sous état d'urgence, décrété après les attentats du 13 novembre 2015.

En amont de l'élection, trois élections primaires, ouvertes aux sympathisants et non pas seulement aux militants : la « primaire de l'écologie » pour Europe Écologie Les Verts, la « primaire ouverte de la droite et du centre » pour Les Républicains et leurs alliés et enfin la « primaire citoyenne » pour le Parti socialiste et ses alliés. La campagne électorale est notamment marquée par des affaires politiques et judiciaires visant François Fillon et sa famille, ainsi que Marine Le Pen et son parti, puis par un attentat survenu trois jours avant le premier tour.

Le premier tour de scrutin voit s'affronter onze candidats. Emmanuel Macron arrive en tête devant Marine Le Pen et tous deux se qualifient pour le second tour. Néanmoins, avec François Fillon et Jean-Luc Mélenchon, les scores des quatre candidats ayant recueilli le plus de voix sont serrés (4,43 points entre le 1er et le 4e).

Pour la première fois, aucun des candidats des deux partis politiques pourvoyeurs jusque-là des présidents de la Ve République n'est présent au second tour. Celui-ci se solde par la victoire d'Emmanuel Macron, avec 66,1 % des suffrages exprimés, face à la candidate du Front national, qui recueille 33,9 %. Le scrutin est marqué par une abstention de 25,4%, un taux assez important pour un second tour d'élection présidentielle, et par un record de votes blancs ou nuls, à savoir plus de 4 millions.

Lors de la passation de pouvoir, le 14 mai, Emmanuel Macron devient le plus jeune chef d'État républicain français après Napoléon Bonaparte (âgé de 30 ans en 1799), et le plus jeune de la Ve République. S'ensuivent, les 11 et 18 juin suivants, des élections législatives qui donnent une majorité au nouveau président.

Sommaire

Modalités du scrutin

Le président de la République est élu au suffrage universel direct. Il est élu pour un mandat de cinq ans au scrutin uninominal majoritaire à deux tours[3].

Si aucun candidat ne recueille la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour de scrutin, un second tour a lieu quatorze jours plus tard où seuls peuvent se présenter les deux candidats arrivés en tête au premier tour après retrait éventuel de candidats mieux placés[4].

Chaque candidat doit satisfaire plusieurs conditions :

  • être de nationalité française et ne pas être privé de ses droits civiques concernant l'éligibilité ;
  • avoir au minimum 18 ans ;
  • être inscrit sur une liste électorale ;
  • avoir établi une déclaration de situation patrimoniale ;
  • posséder un compte bancaire de campagne ;
  • recueillir 500 « parrainages » de parlementaires ou d'élus locaux : ces parrainages doivent provenir d'au moins trente départements ou collectivités d'outre-mer différents et pas plus d'un dixième des élus signataires ne doit provenir du même département ou de la même collectivité d'outre-mer. La période de réception des parrainages va du au [5]. La loi organique du de modernisation de diverses règles applicables à l'élection présidentielle impose la publication de l'ensemble des noms, au lieu de 500 tirés au sort comme c'était le cas antérieurement[6]. Ils doivent être envoyés directement au Conseil constitutionnel, par voie postale, qui les publie au fur et à mesure sur le site mis en place pour cette élection.

La Constitution prévoit que[4] :

  • en cas d'empêchement ou décès dans la dernière semaine de dépôt des candidatures d'une personne qui a annoncé son intention d'être candidate, le Conseil constitutionnel peut reporter l'élection ;
  • en cas d'empêchement ou décès d'un candidat avant le premier tour, l'élection est reportée ;
  • en cas d'empêchement ou décès d'un candidat qualifié pour le second tour, il est procédé de nouveau à l'ensemble des opérations électorales.

Le Conseil constitutionnel est, selon l'article 58 de la Constitution, garant de la régularité de l'élection, de l'examen des réclamations et de la proclamation des résultats.

Le corps électoral annoncé début mars 2016 est 45,678 millions d'inscrits (en hausse de 824 000 unités, + 1,8 %), soit 88,6 % des Français majeurs résidant sur le territoire, et 1,3 million de Français établis hors de France inscrits sur les listes électorales consulaires. Comme tous les cinq ans, le nombre de nouveaux inscrits connaît un pic de 1,562 million de nouveaux électeurs[7]. Toutefois, un rapport parlementaire de 2016 portant sur l'élection de 2012 chiffrait le nombre de mal-inscrits (inscrits dans une autre ville que celle où ils résident), à 6,5 millions[8].

Contexte

La campagne et la désignation des candidats rompent avec celles des élections présidentielles précédentes, lui revêtant un caractère d'imprévisibilité et annonçant une certaine recomposition du paysage politique français. Pour la première fois sous la Ve République, le président sortant, François Hollande, choisit de ne pas être candidat à sa succession à l'issue de son premier mandat. Le résultat des primaires ouvertes organisées par différents partis de gouvernement crée également la surprise : les favoris (Alain Juppé, et dans une moindre mesure Nicolas Sarkozy, pour Les Républicains ; Manuel Valls et Arnaud Montebourg pour le Parti socialiste ; Cécile Duflot pour Europe Écologie Les Verts) se voient éliminés au profit de candidats moins attendus (François Fillon, Benoît Hamon et Yannick Jadot). Marquée par plusieurs rebondissements ainsi que par des affaires présumées de favoritisme, de corruption et d'emplois fictifs (pour François Fillon et Marine Le Pen), la campagne voit une certaine fragilité, dans les intentions de vote, des candidats des deux grands partis de gouvernement, au profit de candidats dont les partis n'ont pas exercé le pouvoir (Emmanuel Macron pour En marche, Marine Le Pen pour le Front national et Jean-Luc Mélenchon pour La France insoumise). Plusieurs partis importants du paysage politique français, enfin, ne sont pas directement représentés à cette élection (Europe Écologie Les Verts, le MoDem, l'UDI ou encore le Parti communiste), ayant chacun privilégié un système d'alliances avec d'autres mouvements.

Contexte mondial et européen

L'élection de 2017 intervient dans un contexte agité : crise migratoire en Europe, questions de plus en plus vives sur la mondialisation, avec des montées protectionnistes[9],[10], des questions sur le devenir de l'Union européenne à la suite notamment du référendum britannique sur l'Europe, et de manière générale à une montée des incertitudes géopolitiques due notamment à des attentats terroristes islamistes, à la montée en puissance de la Chine et à la question des relations de l'Union européenne avec la Russie après la crise ukrainienne, ainsi que des incertitudes sur l'avenir avec l'arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche[11]. Ces inquiétudes favorisent le réarmement. En France, le chef d'État-major des armées, dans un article paru en , demande une augmentation des sommes allouées à la défense[12]. Sur le plan intérieur, la France est également confrontée à de nombreux défis : chômage, questions sur la pérennité des régimes de retraite et de la sécurité sociale, problèmes d'équilibre budgétaire et de dette publique, problèmes d'insécurité publique, de pollution, etc.

Dans un contexte de grande vigilance des forces de police, deux hommes soupçonnés de préparer des attentats en rapport avec l'élection présidentielle sont arrêtés le , quelques jours avant le premier tour[13].

Le sondeur Jérôme Fourquet relève que, comme il a été observé à l'occasion de scrutins étrangers en 2016 — référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, élection présidentielle autrichienne et élection présidentielle américaine —, « la variable du niveau de diplôme est une donnée de plus en plus centrale » et impose « une nouvelle segmentation des sociétés occidentales entre les gagnants et les perdants de la mondialisation » qui « concurrence, voire supplante désormais parfois la traditionnelle opposition gauche/droite ». Dans le scrutin français, cette ligne de fracture s'observe en particulier entre Marine Le Pen (nettement en tête chez les moins diplômés) et Emmanuel Macron (nettement en tête chez les plus diplômés), qui plaident d'ailleurs tous deux pour un remplacement du clivage gauche-droite par un nouveau (entre les « mondialistes » et les « patriotes » pour la première ; entre les « progressistes » et les « conservateurs » pour le second)[14].

Alors que la Russie est accusée d'ingérences dans l'élection présidentielle américaine de 2016 et qu'En marche, parti du candidat Emmanuel Macron, l'accuse en février 2017 de tentatives de déstabilisation par le biais de cyberattaques, le ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault déclare que Paris « n'acceptera aucune ingérence que ce soit dans son processus électoral » et une séance exceptionnelle du conseil de Défense et de Sécurité nationale est organisée à la demande de François Hollande afin d'aborder le sujet[15]. En mars 2017, le chef de la commission du Renseignement du Sénat américain Richard Burr affirme à son tour que la Russie est « activement impliquée » dans l'élection présidentielle française[16],[17]. Les médias russes, en particulier Sputnik et RT, soutiennent la candidature de Marine Le Pen — reçue par Vladimir Poutine le 24 mars 2017 — et alimentent une campagne négative à l'encontre d'Emmanuel Macron[18],[19]. D'après une étude menée par la firme britannique Bakamo, publiée quatre jours avant le premier tour, un quart des liens Internet partagés par les utilisateurs français au sujet de la campagne électorale entre le 1er novembre et le 4 avril diffusait des contenus mensongers (« fake news ») et favorisait nettement les candidats eurosceptiques ; au sein de cette catégorie, un lien sur cinq était lié à un média russe d'État[19].

Décision du président en exercice de ne pas se présenter

Le président de la République sortant François Hollande renonce le 1er décembre 2016 à briguer un second mandat. Il s'agit d'une première sous la Cinquième République.

Le à 20 h, le président en exercice François Hollande annonce publiquement lors d'une allocution solennelle qu'il renonce à solliciter un second mandat présidentiel, ce qui constitue une première dans l'histoire de la Cinquième République[20],[21],[22]. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette décision : son niveau de popularité très bas dans les sondages et corrélativement la montée en puissance concurrente de son ancien ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, l'effet préjudiciable à son image du livre de son ancienne compagne, Merci pour ce moment, ou celui plus récent de deux journalistes, intitulé Un président ne devrait pas dire ça…[23].

Le politologue Eddy Fougier relève que dans l'histoire de la Cinquième République, les élections sans président sortant, « qui se sont produites en 1969, en 1974 et en 2007, ont été un peu différentes des autres. Elles ont contribué à un renouvellement du personnel politique avec des candidats qui se présentent pour la première fois à la présidentielle, qui appartiennent à une nouvelle génération et qui expriment une volonté manifeste de dépoussiérer la façon de faire de la politique (Giscard en 1974 ou Sarkozy en 2007). Ces élections ont aussi en grande partie favorisé le centre, en l'occurrence le centre droit avec Alain Poher présent au second tour en 1969, la victoire de Valéry Giscard d'Estaing en 1974 et le bon score réalisé par François Bayrou en 2007 (19 %) »[24]. Cette comparaison doit être toutefois tempérée car elle omet l'élection présidentielle de 1995.

Primaires ouvertes

En amont de cette élection, plusieurs partis politiques organisent des primaires en vue de désigner le candidat pour leur parti pour l'élection présidentielle.

Partis politiques face à l'élection présidentielle

Le parti Les Républicains organise une primaire ouverte pour la première fois pour une élection présidentielle, la Primaire française de la droite et du centre de 2016, tout comme l'avait fait Europe Écologie Les Verts en 2011, ainsi que le Parti socialiste et le Parti radical de gauche en 2011 ; elle est remportée par François Fillon. À gauche est organisée une « primaire citoyenne ».

Le politologue Pascal Perrineau observe une « gauche française [qui] vole en éclats à la fois sur le terrain des orientations économiques et sociales (loi Macron, loi El Khomri) mais aussi sur le terrain des valeurs (débat autour de la déchéance de nationalité). Face à ce processus qui ne cesse de s'accentuer et au-delà de la fracture entre droite de gouvernement et Front national, le fractionnement des droites, s'il est réel, peut paraître relativement modeste. Il est davantage le fruit d'un choc des hommes et des ambitions personnelles dont ils sont porteurs que d'un affrontement des idées ». Il constate plus globalement « un contexte de relatif épuisement des logiciels politiques tels qu'ils se sont reconstruits et mis en place après la Seconde Guerre mondiale », estimant qu'ils « sont entrés en crise et font l'objet de remises en question parfois profondes »[25].

Le journaliste Éric Dupin souligne que « l'électeur français n'a [...] jamais eu à choisir entre un candidat de la gauche libérale, de la gauche socialiste et de la gauche radicale » (à travers les candidatures respectives d'Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon)[26].

Rudy Reichstadt de Conspiracy Watch relève la présence de deux candidats conspirationnistes avec Jacques Cheminade et François Asselineau[27].

Rapport des Français à la politique

Dans un sondage OpinionWay publié par Les Échos du , 89 % des personnes interrogées pensent que les responsables politiques ne se préoccupent pas assez de ce que « pensent les gens comme nous », et 70 % pensent que la démocratie ne fonctionne pas bien. Pourtant, 56 % déclarent s'intéresser à la politique, et 46 % estiment que le vote aux élections est le meilleur moyen de se faire entendre[28].

Candidats

Le , le Conseil constitutionnel a publié les noms des 11 candidats (classement selon le tirage au sort effectué par le Conseil) dont les 500 parrainages ont été validés[29],[30]. Pour la première fois, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique rend publiques les déclarations de patrimoine des candidats à l'élection présidentielle[31].

Candidat (nom et âge[32]) et
parti ou mouvement politique
Fonction(s) politique(s) lors de la campagneCampagne, slogan(s) et
consigne de vote
Détails
Nicolas Dupont-Aignan
(56 ans)

Debout la France (DLF)

Nicolas Dupont-AignanPrésident de DLR puis de DLF
(depuis 2008)
Député de l'Essonne
(depuis 1997)
Maire de Yerres
(depuis 1995)
Logo de Nicolas Dupont-Aignan
(CampagnePositions)
Debout la France !
Élimination au 1er tour
(vote Marine Le Pen)
Après une première tentative en 2012 où il était arrivé septième et la relative progression de son parti Debout la France aux régionales de 2015, il annonce une seconde candidature le 15 mars 2016[33] et publie deux livres-programme intitulés France, lève-toi et marche (2016) et Mon agenda de président (2017).
Marine Le Pen
(48 ans)

Front national (FN)

Marine Le PenPrésidente du Front national
(depuis 2011)
Conseillère régionale des Hauts-de-France
(depuis 2016)
Députée européenne
(depuis 2004)
Logo de Marine Le Pen
(CampagnePositions)
Remettre la France en ordre
(premier tour)
Choisir la France
(second tour)
Élimination au 2d tour
Présidente du Front national depuis 2011, elle en a déjà été la candidate en 2012 où elle a terminé troisième. Après la forte progression du FN aux scrutins de 2014 et 2015, elle est jugée en bonne position par les observateurs pour faire un score important à la présidentielle de 2017[34], à laquelle elle se porte candidate le 8 février 2016[35]. Sa campagne est marquée par plusieurs affaires[36].
Emmanuel Macron
(39 ans)

En marche (EM)

Emmanuel MacronPrésident d'En marche
(depuis 2016)
Logo d'Emmanuel Macron
(CampagnePositions)
La France doit être une chance pour tous
(premier tour)
Ensemble, la France !
(second tour)
Vainqueur au 2d tour
Ministre de l'Économie de François Hollande en août 2014, il gagne en popularité et fonde en avril 2016 son propre mouvement, qui se veut transpartisan. Il quitte le gouvernement en août avant de publier son livre Révolution et de se déclarer candidat le 16 novembre[37], présentant la particularité de n'avoir jamais été candidat à une élection auparavant. Entre février et avril 2017, il est rallié par le centriste François Bayrou[38], le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian[39] et les anciens Premiers ministres Manuel Valls[40] et Dominique de Villepin[41].
Benoît Hamon
(49 ans)

Parti socialiste (PS)

Benoît HamonDéputé des Yvelines
(2012 et depuis 2014)
Logo de Benoît Hamon
(CampagnePositions)
Faire battre le cœur de la France
Élimination au 1er tour
(vote Emmanuel Macron)
Ancien ministre de François Hollande dont il rejette le positionnement social-libéral, il annonce sa candidature le [42]. Le , il remporte la primaire de la Belle Alliance populaire[43]. Il est investi par le Parti socialiste le [44]. Le 23 février 2017, il est rallié par le candidat écologiste Yannick Jadot[45].
Nathalie Arthaud
(47 ans)

Lutte ouvrière (LO)

Nathalie ArthaudPorte-parole de Lutte ouvrière
(depuis 2008)
Logo de Nathalie Arthaud
(Campagne)
Faire entendre le camp des travailleurs
Élimination au 1er tour
(vote blanc)
Déjà candidate en 2012, elle est investie par son parti le 14 mars 2016 pour représenter une seconde fois Lutte ouvrière à la présidentielle[46].
Philippe Poutou
(50 ans)

Nouveau Parti anticapitaliste (NPA)

Philippe PoutouMilitant du NPA
(depuis 2009)
Logo de Philippe Poutou
(Campagne)
Nos vies, pas leurs profits !
Élimination au 1er tour
(aucune consigne de vote)
Malgré sa rupture en 2014 avec la direction du NPA[47] qu'il avait représenté en 2012, il est réinvesti candidat du parti le 20 mars 2016[48]. Il connaît des difficultés pour rassembler les 500 parrainages nécessaires pour être présent à l'élection mais y parvient in extremis[49].
Jacques Cheminade
(75 ans)

Solidarité et progrès (S&P)

Jacques CheminadePrésident de Solidarité et progrès
(depuis 1996)
Logo de Jacques Cheminade
(CampagnePositions)
Se libérer de l'occupation financière
Élimination au 1er tour
(refuse de voter Marine Le Pen)
Déjà présent en 1995 et 2012, il annonce sa candidature le 4 avril 2016[50]. Il réussit pour la troisième fois à obtenir les 500 parrainages[51].
Jean Lassalle
(61 ans)

Résistons

Jean LassalleDéputé des Pyrénées-Atlantiques
(depuis 2002)
Maire de Lourdios-Ichère
(depuis 1977)
Logo de Jean Lassalle
(CampagnePositions)
Le temps est venu
Élimination au 1er tour
(vote blanc)
Pilier du MoDem et ancien proche de François Bayrou, il prend ses distances sur fond de désaccord stratégique et quitte le parti en 2016. Connu pour sa marche à travers la France entre avril et décembre 2013[52], il officialise sa candidature, indépendante, le 17 mars 2016, souhaitant représenter notamment les milieux ruraux et agricoles[53]. Fin 2016, il nomme son mouvement de campagne « Résistons »[54].
Jean-Luc Mélenchon
(65 ans)

La France insoumise (FI)

Jean-Luc MélenchonDéputé européen
(depuis 2009)
Logo de Jean-Luc Mélenchon
(CampagnePositions)
La force du peuple
Élimination au 1er tour
(abstention, vote blanc ou Emmanuel Macron)
Arrivé quatrième sous les couleurs du Front de gauche en 2012, il s'en éloigne progressivement, désapprouvant les choix de ses partenaires communistes. Il lance le mouvement La France insoumise[55] et officialise sa candidature le 10 février 2016[56], puis publie son livre-programme L'Avenir en commun en décembre. Alors qu'il est finalement rallié par le PCF[57], les observateurs se montrent étonnés par le dynamisme de sa campagne et son recours massif aux réseaux sociaux et aux nouvelles technologies[58],[59].
François Asselineau
(59 ans)

Union populaire républicaine (UPR)

François AsselineauPrésident de l'UPR
(depuis 2007)
Logo de François Asselineau
(CampagnePositions)
Un choix historique
Élimination au 1er tour
(aucune consigne de vote)
Souverainiste parfois qualifié de complotiste[60], il échoue à se présenter en 2012. Néanmoins, à la surprise générale, il atteint 587 parrainages pour l'élection de 2017[61],[62]. Malgré la faible notoriété de son parti, l'UPR, il compte un nombre relativement important de militants très actifs sur Internet et possède une certaine visibilité avec ses vidéos sur sa chaîne YouTube[63].
François Fillon
(63 ans)

Les Républicains (LR)

François FillonDéputé de Paris
(depuis 2012)
Logo de François Fillon
(CampagnePositions)
Une volonté pour la France
Élimination au 1er tour
(vote Emmanuel Macron)
Annoncée dès 2013[64], sa candidature est officialisée le [65]. Il publie deux livres qui rencontrent un certain succès : Faire en [66], puis Vaincre le totalitarisme islamique en [67],[68]. Le , il remporte, contre toute attente, la primaire ouverte de la droite et du centre sur un programme libéral-conservateur[69] et le conseil national des Républicains valide sa nomination le [70]. Sa campagne est fortement perturbée à partir de janvier 2017 par une série d'affaires révélées entre autres par Le Canard enchaîné, qui entachent son image[71].

Déroulement

Primaires

Primaire de l'écologie

La primaire écologiste a lieu les 19 octobre et 7 novembre 2016. Seuls les militants à jour de cotisations peuvent y participer.

Au premier tour, Yannick Jadot arrive en tête (avec 35,61 % des voix) devant Michèle Rivasi (30,16 %), Cécile Duflot (24,41 %) et Karima Delli (9,82 %).

Au second tour, Yannick Jadot confirme sa première place avec 54,25 % face à Michèle Rivasi (40,75 %).

Finalement, le 23 février 2017, Yannick Jadot se retire et le parti décide de soutenir la candidature de Benoit Hamon. Depuis 1969, c'est la première fois qu'il n'y a pas de candidat écologiste à une élection présidentielle.

Primaire ouverte de la droite et du centre

La primaire de la droite et du centre a lieu les 20 (1er tour) et 27 novembre 2016 (2d tour).

Alors que les sondages prédisent durant longtemps une large avance pour le duo Juppé-Sarkozy au 1er tour, les sondages à partir du mois de novembre, et plus particulièrement à partir du 18 prédisent un second tour pour le duo Juppé-Fillon.

À l'issue du premier tour, François Fillon arrive largement en tête avec 44,08 % des voix, suivi d'Alain Juppé (28,56), Nicolas Sarkozy (20,67), Nathalie Kosciusko-Morizet (2,56), Bruno Le Maire (2,38), Jean-Frédéric Poisson (1,45) et Jean-François Copé (0,30).

Au second tour, François Fillon confirme son avance sur Alain Juppé avec respectivement 66,49 % et 33,51 % des voix.

Primaire de la Belle Alliance populaire

Article détaillé : Primaire citoyenne de 2017.

La précédente primaire à l'élection présidentielle de 2012 a proclamé François Hollande comme candidat de la gauche.

Au cours de l'année 2016, le Parti socialiste décide à nouveau d'organiser une primaire pour l'élection présidentielle de 2017. Dans le contexte de forte impopularité du président, la question se pose par la suite de maintenir ou non la primaire. À la suite de la décision de François Hollande de ne pas se représenter, la primaire a finalement lieu avec plusieurs candidats.

Alors que les sondages annoncent vainqueurs au premier tour Manuel Valls et Arnaud Montebourg, c'est finalement Benoît Hamon (36,51 %) et Manuel Valls (31,90 %) qui l'emportent face à Arnaud Montebourg (17,75 %), Vincent Peillon (6,90 %), François de Rugy (3,88 %), Sylvia Pinel (2,02 %) et Jean-Luc Bennahmias (1,03 %).

Benoit Hamon arrive en tête du second tour avec 58,69 % face à Manuel Valls avec 41,31 % des voix.

Campagne du premier tour

Controverses et affaires judiciaires

Manifestation de soutien à François Fillon le 5 mars 2017, place du Trocadéro.

Conseiller santé d'Emmanuel Macron, dont le projet préconisait de mieux rembourser les médicaments contre l’hypertension artérielle sévère qui est activité-clé du laboratoire pharmaceutique Servier, le médecin Jean-Jacques Mourad doit démissionner de l'équipe de campagne après la révélation de ses liens financiers personnels avec cette entreprise[72].

À partir du 24 janvier 2017, la campagne est perturbée par la sortie d'un premier article du Canard enchaîné concernant d'éventuels emplois fictifs du candidat François Fillon. Parallèlement, le FN doit faire face à l'affaire des assistants parlementaires du Front national au Parlement européen et à l'affaire Jeanne. Les semaines suivantes plusieurs autres articles écornent un peu plus l'image publique de François Fillon et font dire à François Hollande « On parle de quoi dans cette campagne ? Des affaires, des mises en examen, des pseudo-cabinets noirs (…) mais où sont les comparaisons utiles ? », le 16 avril, dans l'émission « C Politique » sur France 5. Un avis partagé dans la plupart des camps. « Les affaires ont tout obscurci dans cette campagne. Derrière ce brouillard, chacun retourne sur ses fondamentaux », indique Jérôme Rivière, soutien de Marine Le Pen. Selon Le monde, ces fondamentaux étant « Immigration chez les uns, libéralisme chez les autres… »[73].

Début mars, les autres candidats commencent à protester contre la trop grande couverture médiatique des affaires qui rendent inaudible le débat politique sur les projets[74],[75].

Analysant la couverture de la campagne par le Journal de 20 heures de TF1, l'universitaire Christophe Piar relève que les « affaires » représentent « 11 % de l'information électorale en 2017, contre 1,5 % en 1981, 4,5 % en 1988, 5 % en 2002 et 2 % en 2007. Seule la campagne de 1995 avait vu les JT insister autant sur les affaires, et même légèrement plus (13 %), en raison en particulier de l'affaire dite « Schuller-Maréchal » qui avait éclaté dans les médias au début du mois de février »[76].

Débats et entretiens télévisés

Pour la première fois dans une élection présidentielle en France[77],[78], différents débats télévisés entre les candidats sont organisés avant le scrutin du premier tour, dans la lignée de ceux ayant eu lieu pour les primaires de la droite et de la gauche dans les mois précédents[77],[79].

Jean-Luc Mélenchon lors de son second meeting en hologramme[80], à Dijon, le 18 avril 2017.

Diffusé notamment sur TF1, le , le premier débat avec les cinq principaux candidats rassemble plus de 10 millions de téléspectateurs[81],[82]. Le second débat télévisé, mis en place par BFM TV et CNews le 4 avril et auquel participent les onze candidats[83],[84], est suivi par environ 6,3 millions de téléspectateurs[85].

Un troisième et dernier débat devait initialement avoir lieu le , organisé par France 2[86]. Cependant, le 28 mars, Jean-Luc Mélenchon annonce qu'il refuse de participer à ce dernier débat, en raison notamment de la date tardive (trois jours avant le premier tour) et d'une absence de concertation[87], tout comme Emmanuel Macron[88]. Le groupe France Télévisions annonce le jour même qu'il maintient le débat prévu le 20 avril[89]. François Fillon, de son côté, déclare que ce troisième débat n'a « aucun intérêt » si tous les candidats ne sont pas présents[90]. Le CSA se montre, par ailleurs, « préoccupé » par cette date trop proche du scrutin, qui empêcherait les candidats de répondre à d'éventuelles polémiques, et propose un dialogue entre la chaîne et les candidats[91]. Le , France 2 annonce qu'elle renonce à organiser ce débat, préférant proposer à chacun des onze candidats une série d'entretiens de quinze minutes face à Léa Salamé et David Pujadas, qui sont diffusés à la même date du 20 avril[92],[93].

20 mars : premier débat, à cinq

Le premier, animé par les journalistes Anne-Claire Coudray et Gilles Bouleau, s'est tenu le à 21 h en direct sur TF1, LCI, ainsi que France 24 (en français et traduit en arabe et en anglais)[94], réunissant cinq des onze prétendants au poste de chef d'État — ceux ayant au moins 10 % d'intentions de vote dans les sondages — François Fillon, Benoît Hamon, Marine Le Pen, Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon[95]. Il a lieu sur le plateau du studio 217 de la Plaine Saint-Denis[96]. Après une introduction où les candidats ont défini le président qu'ils seront, le débat a été divisé en trois thématiques : le modèle de société (comprenant des questions, entre autres, sur les institutions, la sécurité, l'immigration, l'identité et l'écologie), le modèle économique (le travail, le commerce international, la protection sociale et la fiscalité) et enfin la place de la France dans le monde (la géopolitique, l'Europe, le terrorisme ou encore les frontières)[97],[98]. Les cinq candidats avaient deux minutes pour répondre à chaque question ; au bout de min 30 s, les adversaires pouvaient toutefois les interpeller[99]. Ce premier débat a rassemblé plus de 10,1 millions de téléspectateurs sur TF1 et LCI[81], soit 49,6 % de part d'audience (dont 47,9 % pour la première chaîne Kévin Boucher, « Audiences : Le débat de TF1 écrase la concurrence et signe la « Audiences : Le débat de TF1 écrase la concurrence et signe la 2e meilleure audience de l'année, "Shades of Blue" sombre », sur Ozap.com, .

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  • Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de M. Nicolas DUPONT-AIGNAN, candidat à l'élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017
  • Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de M. Jean LASSALLE, candidat à l'élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017
  • Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de M. Philippe POUTOU, candidat à l'élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017
  • Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de M. François ASSELINEAU, candidat à l'élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017
  • Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de Mme Nathalie ARTHAUD, candidate à l'élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017
  • Décision du 21 décembre 2017 relative au compte de campagne de M. Jacques CHEMINADE, candidat à l'élection du Président de la République des 23 avril et 7 mai 2017
  • a b et c « L'analyse des comptes de campagne de Macron révèle des réductions d'une société d'événementiel », sur cnews.fr, (consulté le 1er mai 2018).
  • « Comptes de campagne de Macron : plus de 200.000 euros de ristournes », sur L'Obs, (consulté le 18 mai 2018).
  • « Comptes de campagne de Macron: La Commission nationale juge les ristournes accordées au candidat « acceptables », sur 20minutes.fr, (consulté le 10 mai 2018).
  • Sylvain Tronchet, Julie Guesdon et Cellule investigation de Radio France, La moitié de la campagne d'Emmanuel Macron financée par des grands donateurs, franceculture.fr, 3 mai 2019
  • Ségolène de Larquier, « BD - Les 100 jours de Marine Le Pen, La Présidente », sur L'Express, (consulté le 25 janvier 2016).
  • François Durpaire et Farid Boudjellal, La présidente, Les Arènes BD – Demopolis, , 158 p. (ISBN 2352044626).
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  • Olivier Faye, « Quand le monde de l'édition imagine une victoire de Marine Le Pen », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2017).
  • « « Le séisme »- 3 questions à Michel Wieviorka », Club de Mediapart,‎ (lire en ligne, consulté le 5 mai 2017).
  • Erwan Duchateau, « Quand le programme de Jean-Luc Mélenchon est adapté en bande dessinée », sur Les Inrocks, (consulté le 15 mars 2017).
  • Joël Morio, « Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire : journalisme ou propagande ? », sur lemonde.fr, .
  • « Sur TF1, un documentaire pour retracer cinq mois de campagne avec Macron », sur europe1.fr, .
  • Voir aussi

    Articles connexes

    Bibliographie

    • Cécile Alduy, Ce qu'ils disent vraiment : Décoder le discours des présidentiables, Le Seuil, .
    • François-Xavier Bourmaud, Emmanuel Macron, les coulisses d'une victoire, L'Archipel, .
    • Matthieu Goar et Alexandre Lemarié, François Fillon, les coulisses d'une défaite, L'Archipel, .
    • Laurent Neumann, Les dessous de la campagne 2017, Calmann-Lévy, .
    • Soazig Quéméner et Alexandre Duyck, L'irrésistible ascension. Les dessous d'une présidentielle insensée, Flammarion, .

    Liens externes