Élections cantonales françaises de 1982

Les élections cantonales françaises de 1982 se déroulent les et .

Contexte

Le scrutin a lieu un peu moins d'un an après le double succès de la gauche à la présidentielle et aux législatives. Les cantons concernés appartiennent à la série de 1976, auxquels s'ajoutent 186 nouveaux cantons, surtout urbains.

Résultats

Le taux d'abstention est relativement faible (record pour des cantonales sous la Ve République), avec 31,58 % au premier tour et 29,82 % au second.

Malgré les grands espoirs du Parti socialiste après les législatives de 1981, ces élections voient le succès de l'opposition de droite, qui s'est unie pour ces cantonales, se répartissant les cantons entre ses différentes formations : RPR et composants de l'UDF (CDS, PR, PRV, MDS). La droite (RPR et UDF principalement) remporte ainsi 264 sièges de conseillers généraux en plus, la gauche en perdant 1998.

Parmi les vaincus, le Parti socialiste limite les dégâts avec 10 sièges en moins, mais c'est une douche froide pour les communistes qui en perdent 45, ainsi que pour les radicaux de gauche qui en perdent 28 (un tiers de leurs sièges). Le Ministre socialiste de la communication Georges Fillioud est toutefois le seul membre du gouvernement à ne pas être réélu sur les huit qui se présentaient à ces élections[1].

La droite enregistre le gain net de huit départements avec neuf basculements en sa faveur (Allier, Côte d'Or, Eure, Meurthe-et-Moselle, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Savoie, Seine-et-Marne, Essonne), pour élever son total à 59 présidences sur 95. La gauche conserve la Corse-du-Sud et gagne la Corrèze au bénéfice de l'âge, de même que la droite pour l'Aisne, l'Allier et la Saône-et-Loire (avec dans ce dernier département le revirement d'un élu MRG, doyen d'âge de l'Assemblée).

Partis politiques
ou coalitions
Premier tour[2]Second tour[2]Sièges
Voix%SiègesVoix%SiègesTotalVariation
Parti socialiste (PS)3 706 41529,89-2 653 29435,30-515en diminution -10
Parti communiste français (COM)1 968 53615,87-1 035 26113,77-199en diminution -45
Mouvement des radicaux de gauche (MRG)216 3151,74-143 9051,91-59en diminution -28
Divers gauche (DVG)191 6841,54-38 3920,51-39en diminution -17
Gauche parlementaire6 082 95049,06-3 870 85251,50-816en diminution -98
 
Union pour la démocratie française (UDF)2 931 41218,80-1 240 87116,51-555en augmentation +89
Rassemblement pour la République (RPR)2 228 74617,97-1 705 68722,69-348en augmentation +149
Centre national des indépendants et paysans (CNIP)1 606 41412,95-34 4340,45-17en diminution -5
Divers droite (Modérés)662 9898,82-278en augmentation +31
Droite parlementaire6 166 57249,73-3 643 98148,48-1198en augmentation +264
 
Extrême gauche (EXG)68 7370,5500000
Écologistes (ECO)55 5890,4400000
Extrême droite (EXD)25 2730,2000000
 
Inscrits18 660 337100,0011 056 140100,00
Abstentions5 891 48631,583 296 73029,82
Votants12 768 85168,427 759 41070,18
Blancs et nuls369 7301,98244 0552,21
Exprimés12 399 12198,027 515 35597,79

Sources

  • Jean-Jacques Becker, Crises et alternances, 1974-1995, Nouvelle histoire de la France contemporaine no 19, Seuil, Paris, 1998

Notes et références

  1. Antoine Bosshard, « Cantonales françaises: nette progression de l'opposition gaulliste et giscardienne », Journal de Genève,‎ , p. 24 (lire en ligne)
  2. a et b Le Monde