Élections départementales françaises de 2015

Élections départementales françaises de 2015
22 et
Type d’électionÉlections départementales
Postes à élire4 108 conseillers départementaux
Corps électoral et résultats
Inscrits42 693 564
Votants au 1er tour21 420 527
50,17 %  +5,9
Votants au 2d tour20 160 862
49,98 %
French party Droite.svgDroite
Voix au 1er tour7 413 333
36,60 %
Voix au 2e tour8 322 958
45,03 %
Présidences élus67 +26
French party Gauche.svgGauche
Voix au 1er tour7 441 729
36,70 %
Voix au 2e tour5 939 339
32,12 %
Présidences élus30 −27
French party FN.svgFront national
Voix au 1er tour5 141 897
25,24 %
Voix au 2e tour4 108 404
22,23 %
Présidences élus0 0
Nuance des présidences des conseils départementaux à la suite des élections

Les élections départementales françaises de 2015 ont lieu les 22 et [1] afin d'élire l'intégralité des conseillers départementaux, pour la première fois au scrutin binominal majoritaire. À compter de ce scrutin, les « élections départementales » et les « conseils départementaux » remplacent les « élections cantonales » et les « conseils généraux ».

À l'issue du second tour, la gauche, qui détenait jusque-là la majorité des départements, n'est plus majoritaire que dans 30. La droite remporte 27 nouveaux départements et n'en perd qu'un : elle est majoritaire dans 67 départements. Le Front national réussit à faire élire 62 conseillers départementaux mais ne remporte aucun département.

Mode de scrutin

Une urne lors du premier tour, le , dans le canton de Marignane (13).

La loi du 17 mai 2013 relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers intercommunaux et modifiant le calendrier électoral a modifié l'appellation des conseils généraux et leur mode d'élection.

Le scrutin a toujours lieu au suffrage majoritaire à deux tours, mais les conseils sont désormais renouvelés intégralement (et non plus par moitié) et le scrutin devient binominal et paritaire : les candidatures sont présentées sous la forme d'un binôme composé d'une femme et d'un homme avec leurs suppléants (une femme et un homme également). Pour être élu au premier tour, un binôme doit obtenir au moins la majorité absolue des suffrages exprimés et un nombre de suffrages égal à au moins 25 % des électeurs inscrits. Si aucun binôme n'est élu au premier tour, peuvent se présenter au second tour les binômes qui ont obtenu un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % des électeurs inscrits[n 1]. Est élu au second tour le binôme qui obtient le plus grand nombre de voix.

Pour permettre l'organisation du scrutin binominal, un redécoupage des cantons a été effectué entre les 13 et 26 février 2014. Il y a désormais 2 054 cantons et ceux-ci sont découpés de manière à assurer que, dans chaque département, les cantons aient approximativement la même population (ce qui n'était pas toujours le cas dans les découpages antérieurs)[4].

Plusieurs territoires ne sont pas concernés par ces élections départementales :

Par ailleurs, le conseil départemental de Mayotte exerce également les compétences d'un conseil régional.

Le report de ces élections départementales, à décembre 2015, est un temps envisagé[6] mais elles sont finalement découplées des élections régionales qui ont lieu en décembre 2015[7].

Campagne

Panneaux électoraux dans le canton de Vallespir-Albères (66).

Compétences des départements

La campagne des départementales a lieu alors qu'est débattu au Parlement le projet de loi « NOTRe » qui prévoit de modifier les compétences des différentes collectivités territoriales. Le projet envisage notamment de supprimer la clause de compétence générale des départements et de réduire leurs compétences au profit des régions.

La droite critique ainsi le fait que les électeurs sont appelés à se prononcer alors que les compétences des élus pour lesquels ils votent ne sont pas encore clairement définies dans la loi[8].

L'Assemblée des départements de France critique le projet de loi, qu'elle qualifie de « dévitalisation des départements »[9].

En 2014, le Premier ministre Manuel Valls avait par ailleurs annoncé la suppression des départements en 2021. Il a depuis annoncé que cette suppression ne toucherait finalement pas les départements ruraux[9].

Financement

Plusieurs élus critiquent la baisse des dotations que l'État verse aux départements alors même que leurs dépenses, liées aux politiques sociales dont ils ont la compétence, sont en hausse du fait de la crise. Des conseils départementaux envisagent des restructurations de service ou des suppression de postes[10].

Alliances à gauche

Après la sortie d'EÉLV du gouvernement, ces élections départementales sont l'objet d'alliances fréquentes entre les écologistes et le Front de gauche alors que ces partis s'alliaient plus fréquemment avec le PS précédemment[11].

Ainsi, alors que lors des élections municipales de 2014 le PCF présentait 60 % de listes communes avec le PS, il n'a plus que 5 % de binômes communs pour les départementales. 43 % des candidatures d'EÉLV sont communes avec le Front de gauche, contre 18 % avec le PS et 36 % de candidatures autonomes[11].

Contestations de la classification du ministère de l'Intérieur

Après l'annonce des résultats du premier tour, le Front de gauche et les écologistes, alliés dans de nombreux cantons, contestent les totaux nationaux publiés par le ministère de l'Intérieur qui les placent à environ 6 et 2 % : ils accusent le ministère d'avoir profité de cette stratégie d'alliance et notamment de l'asymétrie des alliances écologistes (l'aile gauche s'alliant généralement avec le FG[12] et l'aile droite préférant le PS[13]) pour placer une grande partie des binômes communs FG-EELV sous l'étiquette divers gauche et ainsi les exclure du score des deux partis. Ainsi, le Front de gauche revendique un score de 9,4 % au niveau national pour lui et ses alliés et souligne que, dans les seuls cantons où il se présente, le score moyen est de 13,6 %[14],[15],[16],[17],[18]. Certains médias contestent eux aussi les totaux publiés par le ministère[19],[20],[21],[22],[23].

Poids du FN

Le score potentiel du Front national est l'objet de nombreux commentaires. Le parti de Marine Le Pen est arrivé en tête lors des élections européennes de 2014 et de nombreux sondages le placent de nouveau en première position pour ces élections départementales. Il pourrait gagner des élus, notamment dans le Sud-Est et en Picardie, voire un département (le Vaucluse ou l'Aisne sont fréquemment cités)[24],[25].

Profil des candidats

Panneaux électoraux dans le canton de Gien (45).

Du fait du nouveau mode de scrutin, la moitié des conseillers départementaux élus seront des femmes, contre seulement 13 % dans les conseils généraux sortants. On note également, dès le dépôt des candidatures, un renouvellement assez important puisque 2 200 des 18 193 candidats sont des élus sortants : dans tous les cas, après les élections, au moins 50 % des élus seront de nouveaux élus, contre 60 à 70 % habituellement[26].

Sur le plan socio-professionnel, 35,3 % des candidats sont salariés ou retraités de la fonction publique, soit une part de 15 points supérieure à leur proportion dans l’ensemble de la population. On note des différences considérables entre les partis : 51,5 % des candidats du Front de gauche sont issus du secteur public, 50,8 % au Parti socialiste et 43,7 % chez Europe Écologie-Les Verts mais 26,7 % pour l’UMP et seulement 16,6 % pour le Front national. Cette surreprésentation des fonctionnaires dans les binômes présentés par les partis de gauche est causée principalement par la part des enseignants (15,4 % chez EÉLV, 11,9 % au PS, 9,4 % au Front de gauche)[27].

Enfin, peu de parlementaires ont décidé de se présenter : on compte 61 députés candidats et 46 sénateurs, alors que parmi les conseillers généraux sortants se trouvent 101 députés et 94 sénateurs[26].

Incidents

Un certain nombre de candidats FN sont remarqués pour leurs propos antisémites, racistes, islamophobes, homophobes ou violents. Le Huffington Post recense ainsi une centaine de propos polémiques par des candidats FN à travers la France[28],[29]. Ces propos sont qualifiés de « dérapages esthétiques » par Jean-Marie Le Pen[30] et de « cas isolés » par Marine Le Pen[31].

Plusieurs personnes sont agressées physiquement lors de la campagne. C'est notamment le cas d'une militante du Parti communiste à Bobigny[32], d'un candidat PS à Metz[33], de militants du FN à Vélizy[34], Elbeuf[35] et Crès[36], et de candidats du FN à Savigny-le-Temple[37] et Sartrouville[38]. Après cette dernière agression, le vice-président du Front national Florian Philippot estime que ces événements sont la conséquence d'une « hystérie d'État » créée par le gouvernement à l'encontre de son parti[39]. Le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, y voit une conséquence du « climat d'agressivité » instauré par le premier ministre[40]. Le 25 mars, entre les deux tours, la mairie de Hénin-Beaumont, dirigée par le maire FN Steeve Briois, est victime d'une tentative d'incendie et des tags menaçant de mort l'élu sont découverts[41],[42].

À la suite d'un tweet de SOS Racisme, lors du premier tour, enjoignant aux électeurs du FN d'inscrire une croix sur leurs bulletins de vote, les rendant ainsi invalides, le FN a annoncé porter plainte contre cette association[43]. Lors du second tour, SOS Racisme récidive en incitant les électeurs du FN à dessiner un cœur sur leurs bulletins, entraînant la même réaction du FN[44].

Dans la journée du second tour, l'humoriste Jean Roucas, sympathisant déclaré du Front National, dénonce dans un tweet les divers incidents qui ont visé des candidats FN pendant la campagne et conclut « Valls et ses SA en action. Heil Hollande[45] ! », il sera renvoyé pour cela du Théâtre des Deux Ânes où il se produisait[46].Quatre Femen font irruption devant le bureau de vote d'Hénin-Beaumont afin de chahuter Marine Le Pen et manifestent seins nus en brandissant des pancartes « Je suis fasciste », pastichant le slogan « Je suis Charlie ». Certaines arborent également une petite moustache dessinée sur le visage, en référence à Adolf Hitler. Elles n'ont cependant pas croisé la présidente du FN, arrivée une demi-heure plus tard[47].

Stratégies de second tour

Panneaux électoraux du second tour dans le canton de Villiers-sur-Marne (94). Le scrutin y oppose l'union de la droite (UMP, UDI et Modem) au Front national. C'est notamment dans un tel cas de figure que les partis de gauche appellent au « front républicain »[48].

À l'issue du premier tour et dans les cas de triangulaire, le Parti socialiste a appelé ses candidats qualifiés en troisième position à se retirer pour réduire le risque d'élection de candidats FN. Cette consigne n'est suivie que dans 21 des 88 triangulaires où le candidat socialiste est arrivé troisième[49]. Le PS, EÉLV et le Front de gauche s'entendent dans certains départements pour se désister en faveur du binôme de gauche le mieux placé (par exemple en Seine-Saint-Denis ou en Seine-et-Marne)[50].

À droite en revanche, la consigne est au maintien. Le Front national se maintient également[50] à l'exception notable du canton de Bollène où il se retire au profit de la Ligue du Sud et contre le PS dans un département qu'il espère remporter[51].

Sondages

Premier tour

Ci-dessous figure la liste des intentions de vote nationales. Les intentions de vote dans les départements spécifiquement sondés peuvent se trouver dans la page qui leur est consacrée.

Organisme

de sondage

DateÉchantillonLO et NPAFGEELVPS, PRG et alliésMoDemUDIUMP et alliésFN - RBM et alliésAutres
Odoxa11 et 12 décembre 20141 0022 %9 %7 %17 %5 %7 %25 %28 %
Odoxa27 janvier 20151 0151 %10 %7 %20 %6 %7 %23 %26 %
BVA29 et 30 janvier 20151 0442 %9 %7 %18 %8 %5 %25 %26 %
Ifop11 et 13 février 20159002 %7 %6 %21 %6 %27 %29 %2 %
Ifop19 et 20 février 20159182 %6 %7 %20 %[52]28 %30 %7 %
Odoxa26 et 27 février 20158072 %9 %4 %19 %[52]27 %33 %6 %
CSA2 et 4 mars 2015965_6 %2 %21 %5 %25 %29 %12 %
Opinion Way3 et 5 mars 2015977[52]7 %2 %21 %[52]29 %28 %13 %
Harris Interactive3 et 5 mars 20151 0301 %6 %4 %21 %3 %28 %30 %7 %
Odoxa5 et 6 mars 20158801 %8 %4 %20 %[52]29 %31 %7 %
Harris Interactive10 et 11 mars 20151 0200,5 %7 %3 %26 %[53]0,5 %32 %[54]29 %2 %
Ifop11 et 13 mars 20151 473_6 %3 %19 %_29 %30 %13 %
Ipsos16 et 17 mars 20151 038[52]7 %2 %21 %
(26%[53])
0,5%30 %
(34%[54])
29 %1,5 %
CSA16 au 18 mars 2015979_7 %3 %20 %[52]27 %28 %15 %
Harris Interactive17 et 18 mars 20151 015[52]7 %2 %19 %1 %28 %29 %14 %
Opinion Way17 au 19 mars 20152 274[52]6 %3 %22 %0,5 %29 %29 %10,5 %
Ifop18 et 19 mars 20151 132_6 %3 %20 %29 %30 %12 %

Second tour

D'après un sondage[55], dans les cantons confrontés à un duel UMP-PS, le PS pourrait bénéficier d'un report de vote des autres partis de gauche. D'après ce même sondage, l'UMP bénéficierait d'un report de vote du PS (57 %) en cas de duel UMP-FN et d'un report de voix du FN (43 %) en cas de duel UMP-PS. Enfin, le PS et le FN bénéficieraient à parts égales (27 %) du report de voix de l'UMP en cas de duel PS-FN.

Résultats

Résultats nationaux

Résultats pour la France entière d'après les catégories établies par le ministère de l'Intérieur[56].
Nuance du binôme
ou coalition
Premier tourSecond tourTotal
Voix%SiègesVoix%Sièges
 Union de la droite (UD)4 254 05020,885 102 31727,61
 Divers droite (DVD)1 386 4666,811151 279 6236,92784899
 Union pour un mouvement populaire (UMP)1 339 4126,57741 596 3918,641 0061 080
 Union des démocrates et indépendants (UDI)263 2091,2930247 7141,34334364
 Debout la France (DLF)81 9710,4009 7970,0511
 Mouvement démocrate (MoDem)72 4100,36148 0380,264748
 Union du centre (UC)58 9850,2939 0780,21
 Droite7 413 33336,602308 322 95845,032 1662 396
 Parti socialiste (PS)2 708 42713,30292 967 88316,06925954
 Union de la gauche (UG)1 663 4668,171 679 1149,08
 Divers gauche (DVG)1 383 3186,7927828 5374,48376403
 Front de gauche (FG)962 3944,721266 8961,441819
 Europe Écologie Les Verts (EÉLV)412 7292,03029 8880,163535
 Parti communiste français (PCF)269 2851,325100 4130,54116121
 Parti radical de gauche (PRG)62 3720,31464 1100,355963
 Parti de gauche (PG)12 0270,0602 4980,0122
 Gauche7 441 72936,70665 939 33932,121 5331 597
 Front national (FN)5 141 89725,2484 108 40422,235462
Extrême droite (EXD)13 3820,07012 8510,0744
 Extrême droite5 155 27925,3184 121 25522,305866
 Divers (DIV)271 0651,33498 7810,534549
 Extrême gauche (EXG)14 7230,07000
 
Inscrits42 693 564100,0040 334 807100,00
Abstentions21 273 03749,8320 173 94550,02
Votants21 420 52750,17100,0020 160 86249,98100,00
Blancs702 3541,653,281 148 1082,865,69
Nuls346 5850,801,62530 4211,302,63
Exprimés20 371 58847,7295,1018 482 33345,8291,67

Analyse

Lors du premier tour, les candidats soutenus par des partis de droite ou étiquetés divers droite sont arrivés en tête respectivement dans 829 cantons (40,38 % des cantons) et 197 cantons (9,60 %). Ceux soutenus par des partis de gauche ou étiquetés divers gauche sont arrivés en tête respectivement dans 530 cantons (25,82 % des cantons) et 90 cantons (4,38 %). Enfin, les candidats soutenus par le Front national sont arrivés en tête dans 343 cantons, soit 16,71 % des cantons[57].

Les résultats ont conduit à l'élection dès le premier tour de 149 binômes soit 220 élus de droite, 64 de gauche et 8 du Front national[57].

Les candidats avaient jusqu'au mardi 24 mars 16 heures pour déposer leur candidature pour le second tour. En fonction des désistements, celui-ci verra se dérouler[58] :

  • 13 scrutins où un seul binôme reste en lice ;
  • 1 614 duels dont 682 entre la droite et la gauche et 538 entre la droite et l'extrême-droite ;
  • 278 triangulaires.

Béatrice Giblin, directrice de la revue Hérodote, professeure de géopolitique à l’université de Paris-VIII, relativise la victoire de la droite aux élections départementales en rappelant que la gauche avait seulement 23 départements dans les années 1990 avant d'atteindre progressivement mais récemment les 61 conseils généraux et 21 conseils régionaux, soulignant que dans de nombreux cas, la droite récupérait d’anciens bastions comme l'Isère ou les Pyrénées-Atlantiques[59].

Résultats des alliances

La présentation des résultats par le ministère de l'Intérieur a fait l'objet de plusieurs controverses, notamment parce qu'il ne restitue pas fidèlement les contours des alliances formées entre les différents partis[60]. Laurent de Boissieu recense notamment 342 binômes soutenus à la fois par le Front de gauche et par Europe Écologie Les Verts - c'est plus que les binômes MoDem, UDI ou d'union entre ces deux partis, qui ont pourtant été comptés séparément - qui ont tous été classés par le Ministère dans la nuance « divers gauche » et on rassemblé, à l'échelle nationale, 2,4 % des suffrages exprimés et obtenu 24 élus[61].

Les résultats du premier tour présentés par le Ministère de l'Intérieur sont également remis en question par un groupe de chercheurs en science politique, réunis dans le groupe de travail « Futur des études électorales » (FEEL) constitué au sein de l'Association française de science politique, qui donne sa version des résultats[62] :

Partis ou alliancesRésultats (%)Nombre de cantons
Extrême gauche0,141
Front de gauche5,51 075
Front de gauche - Europe Écologie Les Verts2,8427
Europe Écologie Les Verts1,9362
Parti socialiste - Parti communiste français1,398
Parti socialiste - Europe Écologie Les Verts3,0204
Parti socialiste - Parti communiste français - Europe Écologie Les Verts0,422
Parti socialiste - Parti radical de gauche20,11 525
Divers gauche1,8270
Régionalistes0,559
Écologistes divers0,117
Divers0,4113
Union pour un mouvement populaire - Union des démocrates et indépendants - Mouvement démocrate33,31 926
Divers droite2,9389
Debout la France0,4156
Front national25,71 897
Extrême droite0,121

Reports de voix entre les deux tours

Les études conduites sur les reports de voix entre les deux tours font apparaître un report plus fréquent des électeurs FN vers la droite que vers la gauche en cas de second tour opposant droite et gauche, et un report plus fréquent de la droite vers le FN que de la gauche vers le FN en cas de second tour opposant FN et droite ou gauche.

D'après une enquête de l'institut OpinionWay conduite le jour du second tour auprès de 7379 individus, les reports de voix entre partis de gauche, partis de droite et FN, en fonction des configurations, se répartissent de la façon suivante[63] :

En cas de « duel gauche-droite » au second tour, 65 % des électeurs ayant voté FN au premier tour se reportent sur les candidats de droite, 13 % sur les candidats de gauche et 22 % s’abstiennent ;

En cas de « duel gauche-FN » au second tour, 29 % des électeurs ayant voté UMP/UDI au premier tour se reportent sur les candidats de gauche, 27 % sur les candidats FN et 44 % s'abstiennent ;

En cas de « duel droite-FN » au second tour, 58 % des électeurs ayant voté « PS et alliés » au premier tour se reportent sur les candidats de droite, 5 % sur les candidats FN et 37 % s'abstiennent. Les électeurs ayant voté EELV ou divers gauche au premier tour suivent globalement la même tendance, mais chez ceux ayant voté Front de gauche, le rapport entre report sur les candidats de droite et abstention est inversé.

Les chercheurs Martial Foucault et Jean Chiche livrent pour leur part une estimation des reports de voix selon la configuration du second tour[64] :

En cas de « duel gauche-droite » au second tour, 46,4 % des électeurs ayant voté FN au premier tour se reportent sur les candidats de droite, 30,5 % sur les candidats de gauche et 23,1 % s’abstiennent ;

En cas de « duel gauche-FN » au second tour, 56,9 % des électeurs ayant voté pour des candidats de droite au premier tour se reportent sur les candidats de gauche, 27,5 % sur les candidats FN et 15,6 % s'abstiennent ;

En cas de « duel droite-FN » au second tour, 67,1 % des électeurs ayant voté pour des candidats de gauche au premier tour se reportent sur les candidats de droite, 2,2 % sur les candidats FN et 30,7 % s'abstiennent.

Présidents de département élus

Nombre de présidences par parti
SortantesÉlues
GauchePCF257130
PS4826
DVG30
PRG43
DiversSE0011
DroiteMoDem041167
UDI1314
DVD47
UMP2444
CCB01

L'élection des présidents des conseils départementaux a lieu le . Elle a lieu à la majorité absolue des membres du conseil aux deux premiers tours de scrutin, à la majorité relative au troisième tour. En cas d'égalité au troisième tour de scrutin, le candidat le plus âgé est élu.

Globalement, les familles politiques arrivées en tête au soir des élections ont fait élire leur candidat à la tête du département, sauf pour quelques exceptions :

  • en Tarn-et-Garonne, un candidat sans étiquette a été élu avec le soutien de la droite, alors que la majorité des conseillers élus est de gauche ;
  • dans le Lot, le président sortant, socialiste dissident, a été élu face au candidat officiellement soutenu par le parti ;
  • en Corse-du-Sud, le président sortant a été battu par un candidat bonapartiste au bénéfice de l'âge, à la suite d'une rébellion au sein de la majorité ;
  • en Vaucluse, le candidat de droite a été élu au troisième tour au bénéfice de l'âge, droite et gauche disposant de 12 sièges chacun.

Par ailleurs, dans le Gard, la gauche, qui ne disposait que d'une majorité relative, a remporté la présidence.

Malgré le renforcement des règles de parité dans le mode de scrutin, si sur les 4 333 conseillers départementaux (en incluant Paris, la Guyane et la Martinique), 2 145 sont des femmes, soit 49,5 %, seules 10 femmes sont élues à la présidence d'un département à l'issue de ces élections (Bouches-du-Rhône, Creuse, Doubs, Finistère, Lozère, Pyrénées-Orientales, Guadeloupe et La Réunion, outre Paris et, avant décembre 2015, Martinique) dont trois étaient précédemment, présidentes du conseil général.

Présidents sortants et présidents élus
DépartementPrésident sortantPartiPrésident éluParti
AinRachel MazuirPSDamien AbadUMP
AisneYves DaudignyPSNicolas FricoteauxUDI
AllierJean-Paul DufrègnePCFGérard DériotUMP
Alpes-de-Haute-ProvenceGilbert SauvanPSGilbert SauvanPS
Hautes-AlpesMichel RoyUMPJean-Marie BernardUMP
Alpes-MaritimesÉric CiottiUMPÉric CiottiUMP
ArdècheHervé SaulignacPSHervé SaulignacPS
ArdennesBenoît HuréUMPBenoît HuréUMP
AriègeHenri NayrouPSHenri NayrouPS
AubePhilippe AdnotDVDPhilippe AdnotDVD
AudeAndré ViolaPSAndré ViolaPS
AveyronJean-Claude LucheUDIJean-Claude LucheUDI
Bouches-du-RhôneJean-Noël GuériniF13Martine VassalUMP
CalvadosJean-Léonce DupontUDIJean-Léonce DupontUDI
CantalVincent DescoeurUMPVincent DescoeurUMP
CharenteMichel BoutantPSFrançois BonneauDVD
Charente-MaritimeDominique BussereauUMPDominique BussereauUMP
CherJean-Pierre SaulnierPSMichel AutissierUMP
CorrèzeGérard BonnetPSPascal CosteUMP
Corse-du-SudJean-Jacques PanunziUMPPierre-Jean LucianiCCB
Haute-CorseFrançois OrlandiPRGFrançois OrlandiPRG
Côte-d’OrFrançois SauvadetUDIFrançois SauvadetUDI
Côtes-d’ArmorClaudy LebretonPSAlain CadecUMP
CreuseJean-Jacques LozachPSValérie SimonetUMP
DordogneBernard CazeauPSGerminal PeiroPS
DoubsClaude JeannerotPSChristine BouquinDVD
DrômeDidier GuillaumePSPatrick LabauneUMP
EureJean-Louis DestansPSSébastien LecornuUMP
Eure-et-LoirAlbéric de MontgolfierUMPAlbéric de MontgolfierUMP
FinistèrePierre MaillePSNathalie SarrabezollesPS
GardJean DenatPSDenis BouadPS
Haute-GaronnePierre IzardPSGeorges MéricPS
GersPhilippe MartinPSPhilippe MartinPS
GirondePhilippe MadrellePSJean-Luc GleyzePS
HéraultAndré VézinhetPSKléber MesquidaPS
Ille-et-VilaineJean-Louis TourennePSJean-Luc ChenutPS
IndreLouis PintonUMPLouis PintonUMP
Indre-et-LoireFrédéric ThomasPSJean-Yves CouteauUDI
IsèreAlain CottalordaPSJean-Pierre BarbierUMP
JuraChristophe PernyPSClément PernotDVD
LandesHenri EmmanuelliPSHenri EmmanuelliPS
Loir-et-CherMaurice LeroyUDIMaurice LeroyUDI
LoireBernard BonneUMPBernard BonneUMP
Haute-LoireJean-Pierre MarconUDIJean-Pierre MarconUDI
Loire-AtlantiquePhilippe GrosvaletPSPhilippe GrosvaletPS
LoiretÉric DoligéUMPHugues SauryUMP
LotSerge RigalPSSerge RigalPS
Lot-et-GaronnePierre CamaniPSPierre CamaniPS
LozèreJean-Paul PourquierUMPSophie PantelPS
Maine-et-LoireChristian GilletUDIChristian GilletUDI
MancheJean-François Le GrandDVDPhilippe BasUMP
MarneRené-Paul SavaryUMPRené-Paul SavaryUMP
Haute-MarneBruno SidoUMPBruno SidoUMP
MayenneOlivier RichefouUDIOlivier RichefouUDI
Meurthe-et-MoselleMathieu KleinPSMathieu KleinPS
MeuseChristian NamyUDIClaude LéonardUMP
MorbihanFrançois GoulardUMPFrançois GoulardUMP
MosellePatrick WeitenUDIPatrick WeitenUDI
NièvrePatrice JolyPSPatrice JolyPS
NordDidier ManierPSJean-René LecerfUMP
OiseYves RomePSÉdouard CourtialUMP
OrneAlain LambertUDIAlain LambertUDI
Pas-de-CalaisMichel DagbertPSMichel DagbertPS
Puy-de-DômeJean-Yves GouttebelPRGJean-Yves GouttebelPRG
Pyrénées-AtlantiquesGeorges LabazéePSJean-Jacques LasserreMoDem
Hautes-PyrénéesMichel PélieuPRGMichel PélieuPRG
Pyrénées-OrientalesHermeline MalherbePSHermeline MalherbePS
Bas-RhinGuy-Dominique KennelUMPFrédéric BierryUMP
Haut-RhinCharles ButtnerUMPÉric StraumannUMP
RhôneDanielle ChuzevilleUDIChristophe GuilloteauUMP
Haute-SaôneYves KrattingerPSYves KrattingerPS
Saône-et-LoireRémi ChaintronPSAndré AccaryUMP
SartheJean-Marie GeveauxUMPDominique Le MènerUMP
SavoieHervé GaymardUMPHervé GaymardUMP
Haute-SavoieChristian MonteilDVDChristian MonteilDVD
Seine-MaritimeNicolas RoulyPSPascal MartinUDI
Seine-et-MarneVincent EbléPSJean-Jacques BarbauxUMP
YvelinesPierre BédierUMPPierre BédierUMP
Deux-SèvresÉric GautierPSGilbert FavreauUMP
SommeChristian ManablePSLaurent SomonUMP
TarnThierry CarcenacPSThierry CarcenacPS
Tarn-et-GaronneJean-Michel BayletPRGChristian Astruc[n 2]SE
VarHorace LanfranchiUMPMarc GiraudUMP
VaucluseClaude HautPSMaurice Chabert[n 3]UMP
VendéeBruno RetailleauUMPYves AuvinetDVD
VienneClaude BertaudUMPBruno BelinUMP
Haute-VienneMarie-Françoise Pérol-DumontPSJean-Claude LebloisPS
VosgesChristian PonceletUMPFrançois VannsonUMP
YonneAndré VilliersUDIAndré VilliersUDI
Territoire de BelfortYves AckermannPSFlorian BouquetUMP
EssonneJérôme GuedjPSFrançois DurovrayUMP
Hauts-de-SeinePatrick DevedjianUMPPatrick DevedjianUMP
Seine-Saint-DenisStéphane TrousselPSStéphane TrousselPS
Val-de-MarneChristian FavierPCFChristian FavierPCF
Val-d’OiseArnaud BazinDVDArnaud BazinDVD
GuadeloupeJacques GillotGUSRJosette Borel-LincertinPS
GuyaneAlain Tien-LiongMDESMandat prolongé jusqu'en décembre 2015
MartiniqueJosette ManinBPMMandat prolongé jusqu'en décembre 2015
La RéunionNassimah DindarUDINassimah Dindar[n 4]UDI
MayotteDaniel ZaïdaniDVGSoibahadine Ibrahim RamadaniUMP

Notes et références

Notes

  1. Si un seul binôme a obtenu 12,5 % des inscrits, ou si aucun binôme n'a obtenu au moins 12,5 %, les deux binômes ayant obtenu le plus de voix au premier tour peuvent se présenter[2],[3].
  2. Élu avec les voix de la droite.
  3. Élu au bénéfice de l'âge.
  4. Alors qu'elle dirigeait jusque là une majorité comprenant des élus de gauche, elle est élue cette fois avec les voix d'une majorité de droite.

Références

  1. En application des articles 47 et 51 de la loi no 2013-403 du 17 mai 2013 relative à l'élection des conseillers départementaux, des conseillers municipaux et des conseillers communautaires, et modifiant le calendrier électoral.
  2. « Mémento à l'usage des candidats », sur interieur.gouv.fr
  3. « Infographie », sur interieur.gouv.fr (consulté le 24 mars 2015)
  4. Jean-Philippe Derosier, « Le redécoupage des cantons : une opération générale et encadrée », La semaine juridique, édition administrations et collectivités territoriales, no 2328,‎ , p. 38-42 (1637-5114)
  5. Guyane et Martinique deviendront collectivités uniques en décembre 2015, AFP pour le Courrier des maires, 19 septembre 2014.
  6. Les élections régionales et départementales auront lieu en décembre 2015, Le Figaro du 18 juin 2014
  7. Les élections départementales se tiendront en mars 2015 et les régionales «fin 2015», 20minutes.fr, 16 septembre 2014.
  8. « Départementales : quelles compétences pour les collectivités, quelles promesses pour les candidats ? », sur France 3,
  9. a et b « Un mois avant les élections, l'Assemblée se penche... sur les compétences des départements ! », sur MetroNews,
  10. « Elections départementales, les sujets oubliés de la campagne », sur La Croix,
  11. a et b « Une «nouvelle dynamique» est en rodage à la gauche du PS », sur Mediapart,
  12. Élections départementales : l'alliance à risque du Front de gauche et d'EELV, lemonde.fr
  13. PS ou Front de gauche ? Les Verts se déchirent, lemonde.fr
  14. Élections départementales : le vrai résultat du Front de gauche, placeaupeuple.fr
  15. Départementales 2015: Le Front de gauche conteste son score, évoquant une «manipulation», 20minutes.fr
  16. Les listes soutenues par le Front de gauche réalisent un score de 9,4 % au niveau national, pcf.fr
  17. «Pipotage», «manipulation» : pourquoi EELV, PCF et PG dénoncent les résultats des départementales, publicsenat.fr
  18. Départementales : le Front de gauche conteste son score, linfo.re
  19. Le Front de gauche réalise un score de 9,4% au niveau national, humanite.fr
  20. Départementales : fiasco des sondages et manipulation des résultats, politis.fr
  21. Départementales : les petits calculs de Valls pour devancer le FN, tf1.fr
  22. Départementales : la gauche radicale n'a pas à rougir mais..., marianne.net
  23. Comment le gouvernement a truqué les chiffres électoraux au détriment d’EELV, reporterre.net
  24. « Départementales : "Dans le sud-est, le FN pense avoir des chances de gagner" », sur MétroNews,
  25. « Elections départementales 2015: Marine Le Pen en Picardie, l'autre fief du parti d'extrême droite », sur Le Huffington Post,
  26. a et b « Départementales: un renouvellement en trompe-l'œil », sur Mediapart,
  27. « Les fonctionnaires sont surreprésentés aux élections départementales », acteurspublics.com, (consulté le 19 mars 2015)
  28. « Polémiques autour de candidats FN : "Ce ne sont pas des dérapages, c'est du lepénisme" », sur MetroNews,
  29. « Elections départementales 2015: le FN et sa petite centaine de candidats dérangeants », sur Le Huffington Post,
  30. « Jean-Marie Le Pen minimise les dérapages racistes et homophobes des candidats FN », sur MetroNews,
  31. « Le FN face à des dérapages incontrôlables », sur L'Alsace,
  32. « Bobigny : tensions après la triple agression de la jeune militante PC », sur Le Parisien
  33. Départementales: un candidat PS agressé
  34. « Yvelines : un colleur d'affiches du Front National agressé à Vélizy », sur Le Parisien
  35. « Distribution de tracts : trois militants FN agressés dans le quartier du Puchot », sur lejournaldelbeuf.fr
  36. L’époux d’une candidate du Front National agressé par un militant de l’UMP
  37. « Un candidat FN attaqué en pleine séance de collage d'affiches », sur Le Parisien
  38. « La suppléante FN de 83 ans violemment agressée », sur Courrier des Yvelines
  39. « Yvelines : une candidate FN de 83 ans violemment agressée en pleine rue », Francetv info, 18 mars 2015 (consulté le 22 mars 2015).
  40. Le FN tient Valls pour responsable des agressions subies par ses candidats
  41. Tentative d'incendie dans l'Hôtel de Ville d'Hénin-Beaumont
  42. [VIDÉO] INCENDIE À HÉNIN-BEAUMONT : FLORIAN PHILIPPOT FUSTIGE L’"AMBIANCE" CRÉÉE PAR MANUEL VALLS
  43. L'Express - Départementales: le FN porte plainte contre SOS Racisme pour un tweet
  44. BFM TV - Départementales: le FN porte plainte contre SOS Racisme
  45. Marc de Boni, « "Heil Hollande" : Jean Roucas dérape sur Twitter », sur Le Figaro, 29 mars 2015 (consulté le 30 mars 2015).
  46. Après son tweet "Heil Hollande!", Jean Roucas viré du Théâtre des 2 Ânes
  47. «  Les Femen perturbent le vote de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont », sur L'Express, 29 mars 2015 (consulté le 30 mars 2015).
  48. « Face au FN, le front républicain s'organise », Le Parisien, 25 mars 2015
  49. IFOP : Élections départementales : la gauche et la droite face au dilemme des triangulaires
  50. a et b « Départementales: c'est la grande foire aux désistements », sur L'Express,
  51. « Dans le Vaucluse, le baiser de la mort du FN à la Ligue du Sud », sur Le Monde,
  52. a b c d e f g h et i Non proposé dans les questions du sondage.
  53. a et b Divers gauche inclus.
  54. a et b Divers droite inclus.
  55. « Sondage : la droite grande favorite du second tour des départementales », sur leparisien.fr
  56. Résultats France entière sur le site du ministère de l'Intérieur.
  57. a et b « Départementales : les chiffres-clés à retenir du premier tour », sur Le Monde,
  58. « Départementales 2015 : la carte des duels et triangulaires du second tour », sur Le Monde,
  59. Bruno Botella, « La droite a surtout récupéré d’anciens bastions », Acteurs publics, (consulté le 30 mars 2015)
  60. « Départementales : le ministère de l'intérieur fait-il valser les étiquettes politiques ? », Alexandre Lemarié, Madjid Zerrouky et Jérémie Baruch pour Le Monde, 13/03/2015
  61. Laurent de Boissieu, « La valse des étiquettes et la vérité des chiffres » in. Revue politique et parlementaire, n°1075, avril-juin 2015, p. 39
  62. Florent Gougou, Simon Labouret, « Les résultats du premier tour des élections départementales de 2015 », slowpolitix.blogspot.fr, 25 mars 2015
  63. Pierre Bréchon, « Nouveau mode de scrutin départemental, permanence d'une forte abstention », in. Revue politique et parlementaire, n°1075, avril-juin 2015, p. 58
  64. Martial Foucault, Jean Chiche, « Les reports de voix aux élections départementales de 2015 », in. Revue politique et parlementaire, n°1075, avril-juin 2015, p. 74

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes