Élections législatives françaises de 2007

Élections législatives françaises de 2007
et
Corps électoral et résultats
Votants au 1er tour26 524 983
60,44 %  −4
Votants au 2d tour21 130 346
59,99 %
François Fillon 2010.jpgMajorité présidentielle – François Fillon
Voix au 1er tour11 859 658
45,57 %
 +7,1
Voix au 2e tour10 134 914
49,66 %
Députés élus345 −26
Francois Hollande 2015.jpegGauche parlementaire – François Hollande
Voix au 1er tour9 254 776
35,56 %
 −1,7
Voix au 2e tour10 015 106
49,08 %
Députés élus227 +49
Francois Bayrou-IMG 4470.JPGUDF/MoDem – François Bayrou
Voix au 1er tour1 981 121
7,61 %
 +2,8
Voix au 2e tour100 106
0,49 %
Députés élus3 −24
Jean-Marie Le Pen 479834203 5030701e77 o.jpgFN – Jean-Marie Le Pen
Voix au 1er tour1 116 005
4,29 %
 −7,1
Voix au 2e tour17 107
0,08 %
Députés élus0 0
Assemblée élue
Diagramme
Gouvernement
SortantÉlu
Dernière séance de l'Assemblée :
Villepin
Majorité présidentielle
(UMP, UDF, DVD)

Après l'élection présidentielle :
Fillon I
Majorité présidentielle
(UMP, UDF, DVD)
Fillon II
Majorité présidentielle
(UMP, NC, DVD)
Législature élue
XIIIe de la XIIIe de la Ve République

Les élections législatives françaises de 2007 se sont déroulées sur deux tours de scrutin les 10[1] et 17 juin[2] 2007[3] dans le but d'élire la XIIIe législature de la Cinquième République.Le dépôt des candidatures, ouvert le 14 mai, a été clos le 18 mai à 18 h (le 11 mai en Polynésie française). La campagne électorale officielle s'était ouverte le 21 mai[4].

Sans surprise, la majorité sortante UMP est reconduite, quelques semaines après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, avec toutefois un nombre de sièges réduit par rapport aux précédentes élections.

En 2000, à la suite du référendum sur le quinquennat présidentiel, ainsi que l'inversion, en 2001, des calendriers de façon à placer les élections législatives après l'élection présidentielle, ces deux scrutins font partie depuis 2002 de la même séquence électorale.

Contexte

Les élections visaient à renouveler les 577 représentants siégeant à l'Assemblée nationale. Il s'agissait de l'élection de la XIIIe législature de la Cinquième République.

Elles se sont tenues cinq semaines après l'élection présidentielle, les dimanches 10 et (pour la métropole).

Une forte abstention avait caractérisé les législatives de 2002, le scrutin ne se déroulant que cinq semaines après la présidentielle. L'Union pour un mouvement populaire, soutenant le nouveau gouvernement nommé par Jacques Chirac, nouvellement réélu, avait alors gagné à une large majorité.

L'obtention par l'UMP d'une majorité des sièges a marqué une rupture avec les alternances systématiques : pour la première fois depuis 1978, la majorité sortante était reconduite.

Mode d'élection

Les députés sont élus au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans (article 24 de la constitution de la Ve République de 1958).

Lors du premier tour de scrutin, les électeurs votent pour l'un des candidats de leur circonscription électorale le [1]. Si l'un des candidats obtient alors la majorité absolue des suffrages exprimés et au moins 25 % des suffrages des inscrits sur les listes[5], il est élu dès le premier tour.

Le découpage en circonscription utilisé était le découpage dit « découpage Pasqua », effectué en 1988 avec le retour à un mode de scrutin majoritaire. Le Conseil Constitutionnel avait demandé, le , de réviser le découpage en fonction de l'évolution démographique, comme le prévoit la Constitution après chaque recensement quinquennal, ce qui n'aura finalement pas été fait avant les élections[6].

Dans les circonscriptions où aucun candidat n'a pu recueillir simultanément la majorité absolue des voix et 25 % des inscrits, un deuxième tour a été organisé le [2]. Seuls les candidats ayant obtenu au premier tour au moins 12,5 % des électeurs inscrits dans la circonscription (plus de deux candidats pouvaient donc être présents au second tour) pouvaient se maintenir pour le second. A été alors élu le candidat recevant la majorité simple des suffrages exprimés[5]. Si un seul ou aucun candidat n'avait pas réalisé ces 12,5 %, le deuxième tour s'effectuait entre les deux candidats ayant obtenu le plus de suffrages au premier tour. En cas d'égalité, le candidat le plus âgé a été élu[5].

Dates anticipées pour les territoires d'outre-mer

Reconduisant le système mis en place lors de l'élection présidentielle de 2007, l'élection des députés pour les DOM, et autres territoires, ayant un décalage horaire négatif par rapport à la métropole a été avancé d'un jour, de façon que les électeurs n'y votent pas en connaissant déjà le résultat global. En Polynésie française, le premier tour a été avancé d'une semaine pour des raisons techniques (acheminement du matériel électoral, voir aussi Élections législatives de 2007 en Polynésie française). Ainsi les élections ont en fait eu lieu le 2 juin en Polynésie française et le 9 pour la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre-et-Miquelon pour le premier tour et le 16 juin pour la Polynésie française, la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane, Saint-Pierre et Miquelon pour le second tour.

De cette manière l'ensemble des deux scrutins ont été clos sur l'ensemble du territoire français au plus tard à 20 heures les 10 et 17 juin, heure locale en métropole.

Campagne

La presse et les médias avançaient généralement qu'il était très peu probable qu'un président élu soit désavoué un mois après son élection lors des législatives. Tous les sondages et projections avaient tendance à aller dans ce sens, une projection BVA pour Orange, la presse régionale et Le Nouvel Observateur du prévoyaient ainsi une nette majorité pour l'UMP, avec entre 317 et 381 députés sur 577, contre 151 à 200 élus pour le PS, 14 à 21 communistes, 4 à 11 divers droite, 0 à 4 du MoDem et 1 ou 2 Verts[7].

D'après un autre sondage effectué par BVA-orange auprès de 957 personnes les 21 et 22 mai, l'UMP bénéficiait d'un « effet Fillon » puisqu'il obtenait 42 % des intentions de vote soit 379−431 sièges. Le mouvement démocrate obtenait 0−3 sièges, les écologistes 0−3 sièges, le PS 121−159 sièges et le PC 4−10 sièges. Ainsi, l'UMP grimpait encore dans les sondages au détriment du Mouvement démocrate et du Front national. Par ailleurs, le PS et ses alliés restaient stables.

Partis politiques en présence

Il y avait 7 540 candidats pour les 577 circonscriptions françaises. Et plus d'une douzaine de partis politiques présentaient des candidats.

Les partis présentant des candidats étaient de gauche à droite :

UMP et divers droite

L'UMP, et les ex-UDF ralliés à la majorité présidentielle du Nouveau Centre, devaient ainsi emporter la victoire. Il s'agissait pour le parti présidentiel d'obtenir une majorité présidentielle pour mener à bien le programme de Nicolas Sarkozy. Dans cette alliance figuraient également le Forum des républicains sociaux (1 à 2 députés), et le Parti radical valoisien, partis affiliés à l'UMP.

Le nouveau Premier ministre, nommé le 17 mai, François Fillon, fut chargé de mener cette campagne, d'autant qu'il était depuis 2006 responsable de la coordination du projet législatif de l'UMP, avec pour slogan « Ensemble pour la majorité présidentielle ».

Il lança la campagne dès le , le lendemain de la clôture des dépôts de candidatures, dans son fief de la Sarthe où il était lui-même candidat. Son objectif était d'obtenir une légitimité à son gouvernement et à lui-même par le suffrage universel : « Ma légitimité dépend d'abord du président de la République qui m'a nommé mais elle dépend aussi du suffrage universel. Je dois défendre directement le projet gouvernemental. Le Premier ministre doit d'abord être un élu du peuple[8]. »

L'UMP investit officiellement 546 candidats, auxquels s'ajoutaient :

Sur les 546 investis par l'UMP, on comptait :

  • 160 femmes (soit 30 %, l'UMP a justifié le fait qu'elle ne respectait pas la parité en mettant en avant le fait que le parti avait beaucoup de sortants, c'est toutefois une augmentation par rapport aux 19 % de femmes qui avaient été présentés par la formation de droite en 2002) ;
  • dont 43 sortantes (dont les futures ministres Valérie Pécresse et Christine Boutin) ;
  • et 2 ministres qui repartaient à la conquête de leur circonscription qu'elles avaient dû quitter pour cause d'incompatibilités prévues par la constitution (Roselyne Bachelot et Michèle Alliot-Marie).

À cela s'ajouta une députée sortante MPF de Vendée (Véronique Besse) et une du CNI dans la 1re circonscription de la Somme (Dominique Fachon).

Le MPF a présenté 500 candidats[9].

Parti socialiste et divers gauche

François Hollande, Premier secrétaire du PS, et Ségolène Royal, le au Zénith de Paris

Le Parti socialiste faisait campagne avec pour mot d'ordre de ne pas laisser les « pleins pouvoirs » à Nicolas Sarkozy, avec pour slogan « la gauche qui agit, la gauche qui protège », et espérait un score assez important aux législatives afin de résoudre la crise interne montrée du doigt par de nombreux leaders socialistes.

Ainsi, dès le soir de la défaite de Ségolène Royal face à Nicolas Sarkozy, la campagne menée par celle-ci a été critiquée par certains « poids lourds » dont Dominique Strauss-Kahn qui a notamment pointé du doigt la direction du PS et le Premier secrétaire François Hollande. De plus, plusieurs points du pacte présidentiel de Ségolène Royal ont été abandonnés dans le projet législatif, comme les « contrats premières chances » qui étaient prévus pour les jeunes sans qualification ou encore le projet de mettre en place des « jurys citoyens » cher à la candidate mais très critiqué à gauche.

La plupart des dirigeants socialistes appelaient à une profonde réforme du parti, mais étaient en désaccord sur la nature de cette réforme : certains appelaient, comme Dominique Strauss-Kahn, à accepter l'économie de marché et ainsi transformer le PS en un parti social-démocrate, d'autres au contraire souhaitaient un repositionnement plus déterminé à gauche (Laurent Fabius, Jean-Luc Mélenchon).

Enfin, Ségolène Royal souhaitait qu'un congrès soit organisé tout de suite après les législatives pour déjà désigner le candidat ou la candidate socialiste pour la présidentielle de 2012[10].

Face à ces divisions, François Hollande avait toutefois été réaffirmé comme le chef de la campagne socialiste pour les législatives, et avait dû faire face à l'« ouverture » voulue par Nicolas Sarkozy dans son gouvernement (des socialistes, dont le populaire Bernard Kouchner, rejoignant le gouvernement François Fillon, à l'instar d'Éric Besson et Jean-Pierre Jouyet, Nicolas Sarkozy s'étant également entretenu avec d'autres anciens ministres socialistes tel que Claude Allègre).

Le Premier secrétaire socialiste avait alors fortement critiqué ce qu'il a qualifié de « débauchage individuel » et de « manœuvres de séduction » de la part de la droite, et rappelé dans le même temps que tout socialiste qui rejoindrait le gouvernement Fillon « serait dans un gouvernement de droite, une majorité de droite et des amis de droite »[11].

Lorsque finalement la nomination au gouvernement de Bernard Kouchner a été rendue officielle le , François Hollande avait tout de suite affirmé que celui-ci n'était « plus membre du PS »[12].

Nul ne pouvait savoir toutefois si cette « ouverture » à gauche allait bénéficier à la droite ou au contraire servir la gauche. Les socialistes avaient aussi été particulièrement critiques dès le lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy pour les vacances prises par celui-ci sur le yacht privé de Vincent Bolloré au large de Malte.

Sur le plan des accords électoraux à gauche, le PS avait signé des accords avec le Parti radical de gauche (PRG) et le Mouvement républicain et citoyen (MRC) dès la fin de l'année 2006 lorsque ces deux formations ont décidé de ne pas présenter de candidat contre Ségolène Royal.

Le MRC avait ainsi obtenu l'investiture socialiste pour 10 circonscriptions, le choix par les candidats socialistes de suppléants de ce parti dans 6 circonscriptions ainsi que le droit de présenter des candidats contre le socialiste investi dans une soixantaine de circonscriptions, avec un accord de désistement pour le candidat de gauche le mieux placé au second tour.

Le PRG quant à lui avait reçu le soutien du PS dans 32 circonscriptions (35 initialement prévues), dont celles des 9 sortants. Mais le PS avait échoué à trouver un tel accord avec les Verts après la présidentielle, le conseil national refusant le l'offre du PS de leur réserver 14 circonscriptions, dont celles des trois sortants, contre un accord de désistement systématique au second tour[13].

Le PS avait décidé toutefois de ne pas présenter de candidats dans les circonscriptions des Verts sortants, et avait offert en plus au parti écologiste la première circonscription de la Loire-Atlantique. Aucun accord n'avait pu être trouvé non plus avec les communistes.

La plate-forme PS-PRG-MRC avait présenté 543 candidats (dont 501 socialistes ou apparentés), avec 293 hommes et 250 femmes (soit 47 % de femmes, le PS-PRG-MRC n'avait donc pas atteint l'objectif fixé des 49 % de représentation féminine dans les candidatures).

Selon les sondages, si le PS paraissait divisé, il devait augmenter son groupe à l'Assemblée nationale (pour 142 sortants, il aurait pu passer de 151 à 200 députés selon la projection DNA, d'autant qu'au cours de la présidentielle Ségolène Royal était arrivée en tête dans 205 circonscriptions sur 577 (outre-mer y compris) dont 65 étaient détenues par la droite lors de la législature sortante).

UDF - Mouvement démocrate

François Bayrou, président de l'UDF et fondateur du MoDem

Le tout nouveau Mouvement démocrate, fondé par l'UDF et CAP21 en , a cherché à se faire une place dans le paysage politique français.

Certes, le ralliement de 18 des députés de l'UDF au Nouveau Centre, sur les 29 sortants, la décision de l'UMP d'investir des candidats dans 6 des 7 circonscriptions détenues par les centristes restés fidèles à François Bayrou et le gouvernement « d'ouverture » de Nicolas Sarkozy qui unit des personnalités de droite mais aussi certaines du centre et de gauche ont été des obstacles qu'il devait affronter.

Toutefois, le Mouvement démocrate avait obtenu l'adhésion d'une nette majorité des militants de l'UDF ainsi que du parti écologiste de Corinne Lepage Cap21 et de quelques personnalités venues des Verts (dont l'ancien porte-parole du parti Jean-Luc Bennahmias). Les partisans de François Bayrou avaient l'intention de bénéficier des retombées du bon score du candidat centriste au premier tour, score multiplié par 3 entre 2002 et 2007.

Le MoDem avait compté depuis sa création plus de 75 000 pré-adhésions, traduisant un mouvement de rénovation de grande ampleur de la vie politique française. Nombreux sont les nouveaux adhérents qui n'avaient jamais adhéré auparavant à un mouvement politique. L'idée était de créer un mouvement qui ne fait ni un soutien inconditionnel, ni une opposition systématique à la majorité au pouvoir. En résumé, l'élu MoDem votera, non en fonction de considérations partisanes, mais en son âme et conscience, en fonction de l'intérêt général.

Il y avait 535 candidats étiquetés UDF - MoDem[14], notamment dans de nombreuses circonscriptions où le sortant était UMP. Il y avait :

Le départ des députés anciennement UDF ralliés à la majorité présidentielle avait conduit par ailleurs à l'émergence d'une nouvelle génération de candidats, sur laquelle le MoDem comptait appuyer son développement.

Le Mouvement démocrate avait repris le slogan de la campagne présidentielle de François Bayrou, « La France de toutes nos forces ».

Parti communiste français

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En Polynésie française, où le premier tour a eu lieu le 2 juin, l'Union pour la démocratie (indépendantiste) avait qualifié pour la première fois ses deux candidats pour le second tour du 16 juin, dont Oscar Temaru, mais tous les deux avaient du retard sur les candidats officiels du Tahoeraa huiraatira soutenus par l'UMP et ont finalement été battus.

En Martinique, l'indépendantiste du MIM Alfred Marie-Jeanne a été largement réélu. L'autonomiste Serge Letchimy du PPM a lui aussi été largement plébiscité dans la circonscription centre.

Les cinq circonscriptions de l'île de La Réunion sont partagées entre deux élus PS, deux élus UMP et Huguette Bello, unique députée du Parti communiste réunionnais (PCR).

Diversité des candidats

À la suite des nombreux débats sur les discriminations et la représentation de toute la population, la plupart des partis s'étaient engagés à faire des efforts pour tendre vers la parité avoir une meilleure représentation des « minorités visibles » .

Selon Louis-Georges Tin, le CRAN avait dénombré deux candidats noirs pour l'UMP (0,36 %), trois pour le PS (0,59 %) qui présentait néanmoins « une vingtaine d'Arabes », cinq pour les Verts (0,9 %), six pour l'UDF (1,12 %), à côté de 18 « candidats arabes », et trois pour le PRG (4,54 %), qui ne présentait que 66 candidats, en se fondant sur l'apparence des photos de campagne. Soit un total de 19 candidats (0,5 %). « Ces candidats de la diversité sont la plupart du temps dans des circonscriptions difficiles à gagner » affirmait M. Tin[23].

Seuls deux candidats « de la diversité », tous deux PS, ont été élus en métropole : Henri Jibrayel, fils d'un immigré libanais, à Marseille, et George Pau-Langevin, native de Guadeloupe, à Paris, mais 10 autres ont obtenu entre 40 et 49 % au second tour, 6 PS, 2 UMP, 1 PRG et 1 PCF. Sept autres encore, 6 UMP et 1 MRC, sont arrivés jusqu'au second tour mais n'y ont obtenu que moins de 40 %, ce qui reflète surtout la nature des circonscriptions où étaient présentés ces candidats, opposés à des sortants de l'autre camp politique pour leur quasi-totalité[24].

Résultats

Résultats nationaux

Résultats des élections législatives des et
Premier tour
Second tour
Nombre% des inscritsNombre% des inscrits
Inscrits43 888 779100,0035 223 911100,00
Abstentions17 363 79639,5614 093 56540,01
Votants26 524 98360,4421 130 34659,99
% des votants% des votants
Bulletins blancs et nuls501 9311,89723 5613,42
Suffrages exprimés26 023 03298,1120 406 78596,58
Étiquette politiqueVoix% des exprimésÉvo.Voix% des exprimésÉvo.SiègesÉvo.
Union pour un mouvement populaire10 289 02839,54+6,249 463 40846,37-0,89313-49
Divers droite641 6002,47-0,82238 5851,17- 0,129+1
Majorité présidentielle
(dont NC-PSLE)
616 443
(416 361)
2,37
(2,04)
-432 9212,12-22
(17)
-
Mouvement pour la France (MPF)312 5871,20+0,4000010
Droite parlementaire11 859 65845,5710 134 91449,6634559,8
Parti socialiste6 436 13624,73+0,628 622 52942,25+6,99186+46
Parti communiste français1 115 7194,29-0,53464 7392,28-0,9815-6
Les Verts845 8843,25-1,2690 9750,45-2,744+1
Divers gauche dont MRC513 4571,97+0,88503 6742,47+1,2015+9
Parti radical de gauche343 5801,32-0,23333 1891,63-0,527-1
Gauche parlementaire9 254 77635,5610 015 10649,08227+49
UDF - Mouvement démocrate1 981 1217,61+2,76100 1060,49-3,433-23
Front national1 116 0054,29-7,0517 1070,08-1,1700
Extrême gauche dont LCR & LO887 8873,41+0,6200000
Divers267 9871,03+1,0333 0680,16+0,1010
Chasse, pêche, nature et traditions213 4480,82-0,8500000
Écologistes208 4650,80-0,3700000
Régionaliste131 5850,51+0,25106 4590,52+0,381+1
Extrême droite dont MNR102 1000,39-0,9400000
Source : Résultats proclamés par les commissions de recensement, publiés par le [2]

Les résultats officiels sur le site officiel du ministère de l'Interieur

Résultats par département

Les résultats sont consultables sur le site du ministère de l'intérieur[25].

Composition de l'Assemblée nationale

Répartition des députés par groupes au
Groupe parlementaireDéputésPrésident déclaré
MembresApparentésTotal
UMPUnion pour un mouvement populaire3146320Jean-François Copé jusqu'au 23 novembre 2010, puis Christian Jacob
SRCSocialiste, radical, citoyen18618204Jean-Marc Ayrault
NCNouveau Centre20323François Sauvadet jusqu'au 29 juin 2011 puis Hervé de Charette par intérim jusqu'au 6 juillet 2011 et enfin Yvan Lachaud
GDRGauche démocrate et républicaine24024Présidence tournante : Jean-Claude Sandrier, Yves Cochet jusqu'au 29 novembre 2011 puis Roland Muzeau
Total de députés membre de groupes571
Députés non-inscrits6
Total des sièges pourvus577


Liste des apparentés :

DéputéÉtiquetteApparenté au groupe
Jean Dionis du SéjourMaj. présidentielleNC
Philippe FolliotMaj. présidentielleNC
Gabriel BiancheriUMPUMP
Jean-Pierre Decoolapparenté UMPUMP
Alain FerryUMPUMP
Arlette GrosskostUMPUMP
Franck MarlinUMPUMP
Joël Sarlot[26]DVDUMP
Chantal BerthelotDVGSRC
Guy ChambefortDVGSRC
Gérard CharassePRGSRC
René DosièreDVGSRC
Paul GiacobbiPRGSRC
Annick GirardinPRGSRC
Joël GiraudPRGSRC
Christian HutinMRCSRC
Serge LetchimyDVGSRC
Albert LikuvaluPSSRC
Jeanny MarcDVGSRC
Dominique OrliacPRGSRC
Sylvia PinelPRGSRC
Martine PinvilleDVGSRC
Simon RenucciDVGSRC
Chantal Robin-RodrigoPRGSRC
Marcel RogemontDVGSRC
Christiane TaubiraWalwari/PRGSRC
Total-27

Source : page dédiée aux groupes sur le site de l'Assemblée nationale

Sondages

Sondages d'intentions de vote pour le 1er tour

InstitutEchantillonDateExtrême gauchePCFPSLes VertsUDF/MODEMDivers droiteUMPFNAutres
Ifop8833 et 4 mai 20074 %4 %29 %5 %12 %3 %34 %7 %2 %
Ifop88510 et 11 mai 20073 %4 %28 %4 %14 %2 %37 %7 %1 %
Ipsos94811 et 12 mai 20073 %3,5 %28 %4 %10 %-40 %8 %3,5 %[27]
Ipsos96819 mai 20074 %3 %29 %4 %9 %2,5 %41 %6 %1,5 %[28]
Ifop93124 et 25 mai 20072 %3,5 %27,5 %4 %12 %2 %41 %6 %2 %
Ifop92930 mai et 1er juin 20074 %4,5 %27 %3 %9 %1,5 %41 %6 %4 %

Projections en sièges

InstitutEchantillonDateExtrême gauchePCFPS-DVGLes VertsMODEMUMP-DVDMPFFN
Ifop88510 et 11 mai 200709-13149-1900-40-8336-3900-20
Ifop93124 et 25 mai 200706-1090-1300-20-6410-45020
Ifop92931 mai et 1er juin 200709-1580-1200-20-4420-46020

Analyse des résultats

Composition de la nouvelle assemblée : Répartition des sièges par étiquette (source : site du ministère de l'Intérieur)
Carte des résultats

La majorité présidentielle de Nicolas Sarkozy, composée de l'Union pour un mouvement populaire (UMP) et de ses alliés (principalement le Nouveau Centre, le Mouvement pour la France et quelques élus divers droite) a remporté environ 60 % des sièges. Ces résultats sont décevants, car si elle a obtenu la majorité absolue, elle recule en nombre de sièges malgré d'excellents scores au premier tour. La « vague bleue » pronostiquée à tort par les médias et les instituts de sondages n'a pas eu lieu, en grande partie à cause d'un spectaculaire retournement de situation entre les deux tours en faveur de la gauche. Avec 45,6 % des suffrages exprimés et 108 députés élus, la droite paraissait triomphante au premier tour. Mais avec moins de 50 % au second tour, elle se retrouve au coude à coude avec la gauche. Quelques défaites symboliques sont à signaler, comme celle d'Alain Juppé, battu dans sa circonscription de Bordeaux, contraint de quitter son poste de ministre. La polémique entre les deux tours sur l'instauration d'une « TVA sociale » évoquée par le ministre des finances Jean-Louis Borloo et le premier ministre, ainsi que le pronostic d'une très grande majorité aurait désavantagé la droite au second tour : une partie de son électorat se serait démobilisée tandis que l'électorat de gauche se serait remobilisé alors même qu'une majorité d'électeurs de l'UDF-Mouvement démocrate aurait voté pour les candidats socialistes.

À l'opposé, le Parti socialiste a obtenu davantage de députés que prévu par les instituts de sondage, et nombre de ses personnalités sont parvenues à être élues malgré un premier tour délicat. Les socialistes sont 186, contre 138 à l'issue du scrutin de 2002[29]. Leur progression est particulièrement marquée dans le sud-ouest, de manière moins nette dans le centre et en Bretagne, tandis qu'ils maintiennent leur influence dans les circonscriptions déjà remportées en 2002, notamment dans le nord. Si le PS se contente de stagner au premier tour, il effectue une véritable percée au second, gagnant sept points et 45 élus par rapport à 2002.

Cette progression n'a pas profité aux autres partis de gauche : le Parti communiste français (PCF), avec moins de 20 députés élus (15 selon le ministère de l'intérieur, 19 si l'on tient aussi compte de dissidents comme Maxime Gremetz ou d'apparentés comme Jacques Desallangre), n'est plus en mesure de constituer un groupe parlementaire pour la première fois depuis 1958. La présence de candidats du PS dans toutes les circonscriptions où ses députés sortants se représentaient a notamment entraîné plusieurs désistements au second tour, en vertu de la « discipline républicaine » en vigueur entre les deux partis depuis 1962, souvent défavorables au PCF.

En recul au premier tour avec un peu plus de 3 % des voix, Les Verts obtiennent quatre élus au second tour sur les quatre candidats ayant pu se maintenir à l'issue du premier, soit un de plus qu'en 2002. Il est à noter que dans ces quatre circonscriptions, les Verts avaient obtenu le soutien du PS dès le premier tour. À noter également que les scores nationaux de ces deux partis sont nettement supérieurs à ceux obtenus par Marie-George Buffet et Dominique Voynet au premier tour de l'élection présidentielle du mois précédent. Le PCF, les Verts et quelques élus divers gauche ont par la suite formé un groupe technique, baptisé Gauche démocrate et républicaine (GDR).

Malgré un score toujours aussi faible, le Parti radical de gauche (PRG) a encore su tirer profit de sa généreuse alliance avec le PS : il envoie sept élus siéger à la chambre basse, soit un de moins qu'en 2002. Bénéficiant d'un accord nettement moins avantageux, le Mouvement républicain et citoyen (MRC) n'obtiendra guère qu'un seul élu. Son président, Jean-Pierre Chevènement, n'est notamment pas parvenu à reprendre son siège de député du Territoire de Belfort à l'UMP. Après avoir cherché à constituer un groupe indépendant avec d'autres élus de gauche non-membres du PS, ils formeront finalement le groupe Socialiste, radical et citoyen (SRC), fort de plus de 200 membres, avec les députés du PS.

Victimes du mode de scrutin majoritaire, les candidats de l'UDF-Mouvement démocrate (l'acronyme UDF signale que ce parti ne s'est pas encore officiellement transformé en Mouvement démocrate) n'a obtenu que trois sièges en métropole, en comptant le député de la Seine-Saint-Denis Jean-Christophe Lagarde, qui rejoindra le Nouveau centre deux jours après sa réélection. Avec un score national de 7,6 % au premier tour, ses résultats sont extrêmement décevants par rapport au score obtenu par François Bayrou au premier tour de l'élection présidentielle. Avec un chiffre national nettement inférieur, les scissionnistes du Nouveau Centre ont pu former de justesse un groupe parlementaire d'une vingtaine de membres (dont 17 sous l'étiquette PSLE « majorité présidentielle »), tirant profit de leur alliance particulièrement avantageuse avec l'UMP.

Outre Jean Lassalle et François Bayrou lui-même, le MoDem a reçu le renfort du maorais Abdoulatifou Aly, candidat de la « Force de l’alternance » du Mouvement départementaliste mahorais[30],[31], étiqueté "divers" par le ministère de l'Intérieur, investi par le MoDem au second tour. Le candidat officiellement soutenu par l'UDF-Modem au premier tour à Mayotte était Daroussi Zainadini, candidat du courant majoritaire du MDM, proche d’Adrien Giraud (Sénateur mahorais MoDem)[32],[33]. Le positionnement de M. Aly restera au début assez flou, celui-ci choisissant dans un premier temps de siéger en tant qu'apparenté au groupe Nouveau centre. Les trois députés démocrates siègeront finalement en tant que non-inscrits.

Le Front national (FN), subissant le contrecoup de la débâcle de Jean-Marie Le Pen au premier tour de l'élection présidentielle (10,4 % des voix et une quatrième place contre près de 17 % et une qualification au second tour en 2002), s'effondre à un peu plus de 4 % des suffrages exprimés. Ses candidats sont éliminés dans toutes les circonscriptions exceptée celle de Hénin-Beaumont, où Marine Le Pen réalise paradoxalement un excellent score de l'ordre de 41,5 % des voix. Cumulés aux chiffres très faibles des candidats du Mouvement national républicain (MNR), devenu marginal, ces résultats sont les plus mauvais pour l'extrême droite française depuis sa percée aux élections européennes de 1984.

Signe de cette évolution, une seule triangulaire aura lieu, dans la quatrième circonscription des Pyrénées-Atlantiques opposant un candidat socialiste et un candidat UMP au député sortant Jean Lassalle (MoDem), ce dernier se voyant finalement réélu. De toute l'histoire de la Cinquième République, il n'y a jamais eu aussi peu de triangulaires lors d'élections législatives. Ces résultats contrastent avec ceux des élections législatives de 1993, 1997 et 2002, au cours desquels un très grand nombre de candidats du FN ont été en mesure de se maintenir au second tour contre les candidats de la gauche ou de la droite institutionnelles, provoquant ainsi autant de triangulaires.

Composition sociologique de l'Assemblée

107 femmes ont été élues ou réélues, soit 18,54 % du nombre total de députés :

  • 46 élues de droite (45 pour l'UMP, 1 pour le MPF);
  • 61 élues de gauche (dont 49 PS, 4 PC, 5 PRG, 1 Verte, 2 DVG).

Seuls deux candidats « de la diversité », tous deux PS, ont été élus en métropole : Henri Jibrayel, fils d'un immigré libanais, à Marseille, et George Pau-Langevin, native de Guadeloupe, à Paris, mais 10 autres ont obtenu entre 40 et 49 % au second tour, 6 PS, 2 UMP, 1 PRG et 1 PCF.

Sept autres encore, 6 UMP et 1 MRC, sont arrivés jusqu'au second tour mais n'ont pas été élus.

Par comparaison, en 2002 seuls deux candidats de ce type étaient arrivés jusqu'au second tour, Mounia Viprey-Bounajma et Souhila Nador, toutes deux PS et franciliennes[24].

Au niveau socio-professionnel, l'Assemblée compte un magistrat, Jean-Paul Garraud (ex-juge d'instruction) et un seul ouvrier, Maxime Gremetz, alors que les ouvriers représentaient encore 24,5 % de la population active en 2007.

Références

  1. a et b Le 2 juin en Polynésie française (voir aussi Élections législatives de 2007 en Polynésie française) et le 9 en Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon.
  2. a et b Le 16 juin en Polynésie française, Guadeloupe, Martinique, Guyane et à Saint-Pierre-et-Miquelon.
  3. Communiqué du Conseil des ministres du 24-10-2006, Le calendrier des élections présidentielle et législatives de 2007 « http://www.elysee.fr/elysee/elysee.fr/francais/salle_de_presse/communiques_du_conseil_des_ministres/2006/octobre/communique_du_conseil_des_ministres_du_24_10_2006.63909.html#titre_C1 »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?).
  4. Décret portant convocation des collèges électoraux pour l'élection des députés à l'Assemblée nationale (Legifrance).
  5. a b et c Code électoral français, article L126
  6. Observations sur les échéances électorales de 2007
  7. « Projection BVA », sur le Nouvel Observateur, .
  8. François Fillon cité par l'Express dans son édition du 19 mai
  9. http://villiers2007.over-blog.com/article-6629941.html
  10. Article du Monde du sur la proposition de Ségolène Royal pour la présidentielle de 2012
  11. Article du Nouvel Observateur du sur la réaction de François Hollande face à l'ouverture proposée par Nicolas Sarkozy
  12. Article du Figaro du sur la réaction de François Hollande face à la nomination de Bernard Kouchner dans le gouvernement
  13. Article de Libération du 14 mai sur le refus des Verts par rapport à la proposition d'accord des socialistes
  14. Voir la liste des candidats soutenus par le MoDem et l'UDF (page du site [1] : Liste des candidats MoDem par région et département).
  15. Le Parisien, édition Seine-Saint-Denis, page 3, du .
  16. Article de Libération du 18 mai sur les candidatures UDF-MoDem
  17. Conférence de presse de Marie-Georges Buffet sur les enjeux des législatives pour les communistes le
  18. Sébastien Morelli, La gauche se déchire, Le Parisien, 4 juin 2007
  19. Jusqu'ici tout va mal: document, Grasset, 2014, (ISBN 2246804892 et 9782246804895), p. 83-84
  20. Article sur la préparation du Front national aux élections législatives
  21. Article de La Tribune de Genève du sur les candidatures LO
  22. Meilleur score 2,04 % à Argenteuil (95), contre 7 % au PCF
  23. « 0,5 % de candidats noirs aux législatives en métropole, selon le CRAN », Le Monde, .
  24. a et b Pierre-Yves Lambert, Candidats d'origine non-européenne aux législatives de juin 2007, Suffrage Universel, .
  25. Résultat des élections législatives de 2007
  26. Invalidé le « Décision « Décision 7 février 2008 », Conseil Constitutionnel, (consulté le 6 avril 2008).
  27. 2 % pour le MPF, 1 % pour CPNT et 0,5 % pour le MNR
  28. 1 % pour CPNT et 0,5 % pour le MNR
  29. Résultats des élections législatives de 2002 sur le site de l'Assemblée nationale
  30. Une dissidence du MDM, cf. interview d'Abdoulatifou Aly (Forces de l’alternance, Mayotte), RFO, .
  31. Ismael Mohamed Ali, Mayotte : Abdoulatifou Aly, le triomphe départementaliste, RFO, .
  32. Ismael Mohamed Ali, Mayotte : Abdoulatifou ALY, le triomphe départementaliste, RFO, .
  33. Résultats officiels à Mayotte

Voir aussi

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