Affaire Altobella Cappelleri

Affaire Cappelleri
TitreAffaire Altobella Cappelleri
Fait reprochéHomicide
PaysDrapeau de la France France
VilleAucamville, Tarn-et-Garonne
Date
Nombre de victimes1
Jugement
StatutAffaire jugée

L'affaire Altobella Cappelleri aussi appelée « affaire de l'auberge rouge » et « affaire Cappelleri » des nom et prénom de la prévenue, est une affaire criminelle française qui débute en par un témoignage déposé à la gendarmerie de Verdun-sur-Garonne. Il concerne la séquestration, les violences subies et la disparition en 1997 de Georges Hourdin à l'Auberge du Tail, victime de sa propriétaire Altobella Cappelleri.

On découvrira que pour faire disparaitre le corps de Georges Hourdin, sa tortionnaire Altobella Cappelleri aurait donné son corps en pâture aux cochons de l'auberge qui n'y auraient pas touché. Il fut ensuite jeté dans un puisard, puis 3 mois plus tard réduit en cendre dans la cheminée de l'auberge.

Les faits

En septembre 2003 un témoin se présente à la gendarmerie de Verdun-sur-Garonne et demande de pouvoir témoigner sous anonymat, ce qui lui est accordé. Il déclare que plusieurs années plus tôt, en 1997, dans l'Auberge du Tail à Aucamville, Georges Hourdin, la soixantaine, aurait été séquestré plusieurs années puis tué. Il déclare qu'après sa mort son cadavre aurait été donné à manger aux cochons de l'auberge, puis que les restes auraient été jetés dans un puits.

Enquêtes

Enquête liée à l'identification de Georges Hourdin

L'identité de la victime n'apparait nulle part dans les fichiers des personnes disparues.

Les recherches liées à Georges Hourdin mènent la gendarmerie à découvrir qu'il a fait un séjour en hôpital psychiatrique à Bar-le-Duc, placé d'office suite à un état alcoolique avancé.

Son compte en banque comporte 1,5 Euro.

Issu d'une fratrie de 7 enfants, l'une de ses sœurs dira que Georges ne parlait plus à personne depuis son retour de la Guerre d'Algérie et que personne dans la famille n'a plus de nouvelle de lui depuis.

En consultant les registres de l'hôpital de Toulouse les gendarmes découvrent qu'il y a séjourné en 1988 et qu'à cette époque il a donné comme adresse celle de l'Auberge du Tail.

Enquête liée à l'Auberge du Tail

Les enquêteurs s'intéressent alors à l'Auberge du Tail. Ils découvrent qu'elle est fermée depuis 4 ans mais qu'Altobella Cappelleri, sa propriétaire, y vit toujours en compagnie de sa fille handicapée sourd-muette et d'un ouvrier agricole, Franck.

Le mari d'Altobella, Armand Laveyron, est décédé.

L'enquête met en lumière différents ragots : La patronne serait peu aimable, ce qui aurait fait fuir une partie de la clientèle. Il se dit aussi que lorsque l'auberge était ouverte Altobella y organisait des parties fines avec des notables, et qu'elle aurait incité sa fille à avoir des relations sexuelles avec un détaillant en Champagne pour avoir des tarifs avantageux.

Le 25 mai 2004 au matin, Altobella, sa fille et son fils Claude, et Franck sont placés en garde à vue.

Garde à vue et perquisition à l'Auberge du Tail

Audition de Altobella

Altobella Cappelleri dit connaître George Hourdin, lui avoir offert l'hospitalité, mais ne pas avoir de ses nouvelles depuis 1993, année à laquelle elle situe son départ de l'auberge.

Audition de Franck

Franck déclare être venu à l'Auberge du Tail à l'âge de 8 ans, qu'Altobella lui donnait alors des tâches simples à réaliser. Il s'y serait alors installé, puis à l'âge de 18 ans y aurait eu un véritable travail : s'occuper de la ferme, bricoler, sortir les poubelles, balayer la cours. Il dira d'Altobella qu'elle est gentille mais que sous l'emprise de l'alcool elle pouvait être violente. Elle l'aurait violé en le forçant à coucher avec elle, elle l'aurait battu. En plein hivers, elle l'aurait forcé à se dénuder dans la cour extérieure de l'auberge puis l'aurait lavé au jet d'eau froide. Il dira que malgré ces mauvais traitements il reste à l'auberge parce qu'Altobella lui fait peur.

Franck déclare que Georges Hourdin s'était présenté affamé et paumé à l'auberge et qu'Altobella avait accepté de l'héberger. Toutefois cet hébergement se résumait à coucher parterre sur une couverture dans la buanderie. Il dira qu'Altobella frappait Georges.

Son témoignage expliquera qu'à plusieurs reprises Altobella avait forcé Franck à violer George alors que ni l'un ni l'autre n'était consentant. Altobella aurait filmé ces viols, puis se serait servi de la vidéo pour menacer Franck de la montrer à sa famille chaque fois qu'il faisait mine de vouloir partir.

Franck dira que Georges est parti du jour au lendemain et ne pas savoir où il est.

Audition du fils aîné d'Altobella : Claude

Claude est le fruit d'une union d'Altobella avec son premier mari.

Il déclare ne plus vivre à l'auberge mais avoir déjà vu Georges être maltraité, être souvent porteur de blessures. Il dira que Georges était souvent ivre, donc ne pas savoir si ces blessures étaient les conséquences de violences ou de chutes. Il dira qu'Altobella battait souvent Georges et l'accablait de reproches.

Questionné sur sa vie à l'auberge, Claude dit que, lorsqu'il était petit, sa maman Altobella le jetait tout nu dehors en pleine nuit, que tout le monde vivait sous la menace permanente d'Altobella.

Claude raconte qu'une fois, alors que son petit frère avait fait "pipi au lit", sa maman lui avait brûlé le sexe avec une cigarette.

Concernant Georges, Franck explique qu'une nuit sa mère l'a appelé au téléphone pour lui demander de venir à l'auberge. Une fois sur place elle lui a expliqué que Georges avait fait une mauvaise chute, qu'il était mort, et que son cadavre était dans la buanderie. Sa mère lui aurait alors demandé de s'occuper du corps.

Franck mène finalement les enquêteurs à comprendre que Georges serait mort de négligences, de suite des maltraitances et des sévices répétés infligés par Altobella. Sa mère aurait alors forcé Claude à porter le cadavre jusqu'à la porcherie. Claude aurait alors pris l'initiative de nourrir discrètement mais copieusement les cochons juste avant de leur présenter le corps de Georges. Les cochons n'y aurait alors pas touché. Claude aurait alors mis le cadavre dans un puisard sous une dalle de béton. 3 mois plus tard Altobella aurait alors demandé à Claude d'en sortir le cadavre pour le brûler. Claude et Armand, le mari d'Altobella, l'auraient alors placé dans la cheminée de l'auberge, toute la nuit Armand l'arrosant continuellement de graisse de canard pour attiser la combustion. Au matin Altobella aurait mis les cendre dans un sac poubelle, elle l'aurait donné à Claude qui serait allé jusqu'à Toulouse pour le jeter dans un container publique.

Perquisition

En utilisant du Luminol les scientifiques de la police détecteront des traces de sang dans la buanderie et la porcherie. Toute fois l'enquête ayant lieu 7 ans après les faits allégués, il ne sera pas possible d'en établir une origine humaine.

Les gendarmes ne trouvent pas la vidéo du viol forcé commis par Altobella sur Franck et Georges, mais il trouvent une vidéo où Georges apparait blessé à l'oreille pendant un dîner de réveillon.

Confrontation entre d'Altobella Cappelleri, Franck et Claude

Au début de cette confrontation les trois personnes se trouvent dans une même pièce de la gendarmerie, côte à côte. Rapidement il s'avère qu'Altobella a une emprise sur Franck et Claude : à chaque question posée elle les « fusille » du regard.

Pour qu'elle ne puisse pas les influencer, les gendarmes décident de tendre une couverture au travers de la pièce entre Altobella et les deux hommes.

Altobella rejette en bloc les accusations proférées contre elle par son fils et par Franck.

Enquête financière

En janvier 2005 la Sécurité sociale de Montauban contacte la gendarmerie pour faire savoir que Georges était titulaire d'une pension d'invalidité de 3 000 francs par mois, qu'il avait été domicilié à l'Auberge du Tail jusqu'en 1997. Altobella avait pourtant déclaré ne plus avoir de nouvelle de Georges depuis 1993, année qu'elle avait déclaré être celle de son départ de l'auberge.

Nouvelle audition d'Altobella

Lors de cette audition Altobella reconnaitra que Georges est décédé chez elle.

Son mari étant mort, Altobella inventera une version : son mari Armand aurait surpris sa propre mère et Georges avoir une relation sexuelle. Ils se seraient disputés, puis battus, et Georges serait tombé sur le rebord de la piscine.

Elle concèdera avoir aidé faire disparaitre le corps, avec le même scénario que celui décrit par son fils.

Fin 2005, l'Auberge du Tail sera détruite dans un incendie.

Procès

Procès de premier recours

Le procès se déroule devant la cour d'assises de Montauban

Claude n'est pas poursuit car considéré comme ayant agit sous l'emprise de sa mère.

À cette date, les faits caractérisant le viol commis par Franck sur Georges sous la contrainte de Altobella sont alors perscris.

Altobella est la seule accusée, poursuivie pour séquestration ayant entraîné la mort de Georges Hourdin.

La défense d'Altobella est assurée par Maître Gilbert Collard, il plaidera un accident survenu un soir d'ivresse.

Verdict : Altobella Cappelleri est alors condamnée à 15 ans de réclusion criminelle, elle se pourvoira en appel.

Procès en appel

Le procès en appel se tient devant la cours d'appel de Toulouse. Le verdict est rendu le 29 septembre 2010.

Verdict : Altobella Cappelleri est condamnée à 20 ans de réclusion criminelle.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Médiagraphie

Articles de presse

Documentaires télévisés

Émission radiophonique