Ali Khamenei

Ali Khamenei
علی خامنه‌ای
Illustration.
Ali Khamenei en 2017.
Fonctions
Guide de la Révolution de la République islamique d'Iran
En fonction depuis le
(29 ans, 6 mois et 12 jours)
PrésidentHachemi Rafsandjani
Mohammad Khatami
Mahmoud Ahmadinejad
Hassan Rohani
PrédécesseurRouhollah Khomeini
Président du Conseil de discernement iranien

(1 an, 7 mois et 28 jours)
PrédécesseurPoste créé
SuccesseurHachemi Rafsandjani
Membre de l'Assemblée des experts

(7 ans, 6 mois et 6 jours)
Élection
Président de la
République islamique d'Iran

(7 ans, 9 mois et 21 jours)
Élection
Réélection
Premier ministreMir-Hossein Mousavi
PrédécesseurMohammad Ali Rajai
SuccesseurHachemi Rafsandjani
3ème Secrétaire général du Parti de la république islamique

(5 ans, 8 mois et 29 jours)
PrédécesseurMohammad Javad Bahonar
SuccesseurPoste supprimé
Membre du Majlis

(1 an, 4 mois et 15 jours)
Élection
Biographie
Nom de naissanceAli Hossaini Khamenei
Date de naissance (79 ans)
Lieu de naissanceMashhad (Iran)
Nationalitéiranienne
ProfessionReligieux
ReligionIslam chiite
RésidenceMaison de la Direction
(Téhéran)

Signature de Ali Khameneiعلی خامنه‌ای

Ali Khamenei
Présidents de la République islamique d'Iran
Guides de la Révolution
de la République islamique d'Iran

Ali Khamenei, né le à Mashhad, est un ayatollah, actuel guide suprême de la Révolution islamique (Rahbar en persan), poste le plus élevé de la République islamique d'Iran, au-dessus de la charge officielle de président de la République, qu'il occupa lui-même de 1981 à 1989. Son turban noir indique qu'il est un seyyed, c'est-à-dire qu'il se prétend descendant du prophète Mahomet.

Né d'un père Azéri qui était cheikh, il fait partie de la diaspora Azerbaïdjanaise d'Iran, une minorité chiite très bien intégrée à la République Islamique. L'Iran étant un pays multi-ethnique, les azéris ont un mode de vie très proche des persans, en plus de pouvoir occuper les plus hauts postes, ils peuvent également être parmi les plus conservateurs[1][2].

Biographie

Premières années et vie politique

Khamenei a étudié la philosophie islamique puis est devenu ayatollah[3]. Ses adversaires ont longtemps raillé ses connaissances religieuses plutôt limitées[3].Il est l'une des principales figures de la Révolution islamique contre le chah Mohammad Reza Pahlavi. Selon le témoignage de Hossein Boroujerdi, le 19 août 1978, il aurait participé à l’incendie volontaire du cinéma Rex, dans la ville d'Abadan, où sont mortes carbonisées plus de 400 personnes. Les mollahs se seraient emparés des prêches pour en accuser le Shah. Le lien entre le Shah et les ouvriers du pétrole se serait alors rompu, la ville et les ouvriers basculant dans l’opposition à la monarchie[4].

Il fut l'un des principaux confidents de l'ayatollah Khomeini. Khamenei est nommé imam de la grande prière du vendredi de Téhéran par l'ayatollah Khomeini en automne 1979, après la démission de l'ayatollah Hossein Ali Montazeri de ce poste.

En juin 1981, l'ayatollah Khamenei échappe à un attentat, préparé par l'Organisation des moudjahiddines du peuple iranien. Une bombe cachée dans un magnétophone lors d'une conférence de presse éclate près de lui. Sérieusement blessé, il perd l'usage de sa main droite et d'un bras. Il ne se déplace plus qu'avec une canne, mais il gagne une réputation de miraculé parmi ses fidèles et porte officiellement le titre de « martyr vivant », estimant que « Dieu m'a épargné pour des responsabilités plus lourdes ».

Président de la République islamique d'Iran

En 1981, après l'assassinat du président iranien Mohammed Ali Rajai, Khamenei est élu président de la République islamique d'Iran, le premier religieux à ce poste.

La présidence de Khamenei a été analysée comme celle où l'Iran a abandonné tous les espoirs de sécularisme, et est devenu bien plus religieux.[réf. nécessaire]

Il est réélu pour un deuxième mandat en 1985. Khamenei est un disciple de Khomeini et reste sur la même ligne politique que lui, à la différence du premier président de la République Abolhassan Bani Sadr.

Lors de la guerre Iran-Irak (1980-1988), Khamenei a refusé toute une série de cessez-le-feu, en partageant le choix de son mentor[réf. nécessaire].

À partir d'août 1988 et jusqu'en février 1989, sous la présidence de Khamenei, a lieu le « massacre des prisons » au cours duquel sont perpétrées des exécutions massives de prisonniers politiques. Selon Amnesty International, « il s'est agi de la plus importante vague d'homicides depuis celles qui avaient eu lieu lors de la première et de la deuxième année ayant suivi la révolution iranienne en 1979. Au total, entre 4 500 et 5 000 prisonniers, parmi lesquels se trouvaient des femmes, auraient été tués[5] ».

En 1989, il déclare « inconditionnelle et permanente » la fatwa de Khomeini contre Salman Rushdie. En fait, le , trois jours après la fatwa de l'ayatollah Khomeini, Ali Khamenei avait semblé indiquer que « le peuple islamique accorderait son pardon si l'auteur des Versets sataniques revenait sur ses erreurs ». Salman Rushdie répond « qu'il regrettait le choc moral qu'il avait fait subir aux adeptes sincères de l'islam ». Cependant, dès le 19 février, Khamenei enfonça le clou : « Même si Salman Rushdie se repent au point de devenir l'homme le plus pieux de notre temps, l'obligation subsiste, pour chaque musulman, de l'envoyer en enfer, à n'importe quel prix, et même en faisant le sacrifice de sa vie. »[réf. nécessaire] Il a stigmatisé l'écrivain comme « un apostat dont le sang pourrait être versé impunément », en janvier 2005[6].

Guide suprême de la révolution islamique

Peu avant sa mort, Khomeini désigne Khamenei comme son successeur au détriment de Hossein Ali Montazeri qui s'est opposé à Khomeini[7]. À la mort de Khomeini, Khamenei est élu guide suprême de la Révolution par l'Assemblée des experts, avec le soutien du président de l'Assemblée, Hachemi Rafsandjani, le [8]. À son poste, la plupart des observateurs le considèrent comme un « dur » du régime, gardien intransigeant des principes et des valeurs de la révolution islamique de 1979. Il s'adjuge le contrôle total des relations extérieures, la défense, les services de sécurité, la justice et pèse fortement sur les médias. Dès la fin 1989, c'est lui qui choisit le futur secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, pour le représenter à Beyrouth.

Khamenei essaie d'assoir son autorité politique en obtenant une reconnaissance de ses compétences religieuses. La réforme constitutionnelle votée en juillet 1989 avait relâché la contrainte en ne demandant plus que le Rahbar soit un marja, c'est-à-dire une autorité religieuse reconnue par ses pairs, mais seulement un mujtahid. Mais avant la mort de Khomeini, Khamenei n'avait même pas le titre de mujtahid et Khomenei lui aurait donné sur son lit de mort pour qu'il puisse lui succéder, prévoyant la ratification des changements constitutionnels qu'il avait initiés[7].

En 1995, Khamenei essaie de se faire nommer marja' suprême d'Iran et d'obtenir la prééminence religieuse sur tous les chiites duodécimains, mais, malgré les intimidations (arrestations, tortures…) contre ses opposants (principalement Montazeri et al-Shirazi), il essuie une déconvenue et doit se contenter de se considérer marja mais sans être reconnu par ses pairs. Toutefois, le Hezbollah le considère comme marja mais essentiellement pour garder de bonnes relations avec l'Iran qui le finance. Cette lutte laisse des traces profondes au sein du clergé chiite duodécimain qui se divise entre ceux alignés avec le pouvoir iranien et les autres[7].

Khamenei avec le président russe Vladimir Poutine à Téhéran le .

Durant la présidence du réformateur Mohammad Khatami (1997-2005), Ali Khamenei freine souvent la politique d’ouverture de la société et des institutions voulue par le président. Et même avec le président Mahmoud Ahmadinejad, il n'hésite pas à user de son veto contre les décrets lui déplaisant. Au printemps 2006, il a ainsi bloqué un décret autorisant l'entrée des femmes iraniennes dans les stades. Plus globalement, il a affirmé à de nombreuses reprises sa vision sociale discriminatoire envers les femmes. « L’homme est fait pour entrer sur les terrains économiques et financiers… Mais la femme […] doit accoucher, allaiter, elle a un physique fragile, elle est moralement sensible, elle est affective, ne peut entrer dans tous les domaines […], cela crée des restrictions pour les femmes… L’homme, plus fort, est privilégié[9]. »

Lors de la crise internationale liée aux caricatures de Mahomet, l'ayatollah Khamenei dénonce le , à Téhéran, la publication de caricatures du prophète de l'islam, dans la presse européenne comme étant une « conspiration sioniste »[10].

En juin 2009, Ali Khamenei soutient le président sortant Mahmoud Ahmadinejad, réélu dans des conditions contestées par une partie de la société iranienne. En tant que responsable des systèmes judiciaire et policier, il est accusé publiquement par certains réformateurs d'être responsable de la repression contre les opposants à Ahmadinejad[11]. Quelques semaines plus tard, Khamenei adopte cependant une position plus modérée, affirmant n'avoir reçu aucune preuve que l'opposition soit manipulée par des puissances étrangères (comme le dénonce les conservateurs de l'entourage d'Ahmadinejad) et demandant à la justice de juger sur des preuves solides et non sur des rumeurs[12].

Selon Reuters, au fil du temps, Khamenei se serait constitué un empire industriel et commercial d'une valeur de 95 milliards de dollars américains, qui constituerait la composante économique de son pouvoir, les deux autres étant le pouvoir politique et le pouvoir militaire[13].

Atteint d'un cancer de la prostate, il a été opéré en . Selon certaines informations, son cancer serait métastatique et laisserait son espérance de vie à deux ans. Ces spéculations relancent la course à sa succession entre modérés et radicaux[14].

Prises de positions

Sur les États-Unis

Ali Khamenei déclare que les États-Unis sont « l'ennemi numéro un » de l’Iran[15].

Sur Israël

Ali Khamenei qualifie Israël de « tumeur cancéreuse » en 2009[16] et dans un livre intitulé Palestine publié en 2011 ou 2012[17], précisant la seconde fois qu'elle devait être supprimée, et a assuré le soutien de l'Iran à tout groupe qui combattrait ce pays[18].

Fin , il déclare qu'« Israël est voué à la disparition »[19], en il explique souhaiter cette disparition grâce à un référendum auquel participeraient à la fois les Arabes et les Juifs qui vivent en Israël en précisant pour la première fois « La seule solution, c'est l'anéantissement de l'État d'Israël, mais cela ne veut pas dire la destruction des Juifs de cette région »[20].

Lettres ouvertes

En , après une série d'attentats islamistes en France, il écrit une lettre ouverte Aux jeunes d’Europe et d’Amérique du Nord où il les appelle à faire la connaissance de l'islam, non pas par des intermédiaires, mais directement par les sources[21].

Le , après les attentats de Paris du 13 novembre, Ali Khamenei a adressé une seconde lettre aux jeunes de France et d'Europe[22],[23].

Influences

Selon ses propres dires, Ali Khamenei fut un admirateur de Jean-Paul Sartre et Bertrand Russell pendant sa jeunesse[24],[25].

Œuvres

  • De la profondeur de la prière (Az jarfayé namaz)
  • Pensée islamique dans le Coran (Tarhé kollié andisheye eslami dar Ghorân)
  • L’Aube de l’amour (Matlaé Echghe)
  • Ali (s), dépassant la pensée (Ali (a), faratar az dzehn)
  • Critères d’un choix (Mêyarhâyé yek entekhâb)
  • Leçons de morale (Darse Akhlagh)
  • La Redécouverte de la voie de l’éloquence (Bazgacht bé Nahjôl-Balagha)
  • Bien comprendre l’Islam (Dorost fahmidané Eslam)
  • Discours sur l'unité et le fractionnisme (Goftari dar vahdat va tahadzob)
  • Imam Sâdiq
  • Velayat (velayate)
  • Barricade culturelle (Sangaré farhangui)
  • Quatre livres principaux de la science des Ridjâl (Tchahar Ketabé aslié elmé Ridjal)
  • L’Art dans l’optique de Sayed Ali Khamenei (Hônar az didgâhé Sayed Ali Khamenei)
  • La patience
  • Un martyr précurseur (Chahidi aghazgar)
  • Le But de l’être de deux cent cinquante ans
  • L'Esprit du monothéisme

Traductions

  • L'Avenir dans le territoire de l'Islam, de Saïd Qotb (Ayandé dar Ghalmroé Eslam)
  • La Paix de l’Imam Hassan (s) (Solhé Emam Hassan (a))
  • Tafsir fi Zilâl Qor’ân, de Saïd Qotb
  • Les musulmans dans les mouvements de libération en Inde, d’Abdoul al Man’am al Namr
  • Critique de la civilisation occidentale de Saïd Qotb

Notes et références

  1. IFAS, « Le réveil nationaliste des Azéris d'Iran et ses conséquences virtuelles sur la stabilité du pays - i f a s », sur www.strato-analyse.org (consulté le 19 août 2018)
  2. « Iran: Khamenei, seul maître après Allah », LExpress.fr,‎ (lire en ligne)
  3. a et b Georges Malbrunot, « Ali Khamenei, l'énigme iranienne », Le Figaro, (consulté le 30 mars 2010).
  4. « Behind The Islamic Revolution’s Curtains - Confessions of Hossein Boroujerdi » (ISBN 3-935249-66-7).
  5. https://www.amnesty.org/fr/library/asset/MDE13/118/2008/fr/33b9dd6d-6ea9-11dd-8e5e-43ea85d15a69/mde131182008fra.html.
  6. http://tf1.lci.fr/infos/monde/moyen-orient/0,,3473096,00-rushdie-anobli-teheran-convoque-ambassadeur-britannique-.html.
  7. a b et c Laurence Louër, Chiisme et politique au Moyen-Orient, Autrement, , p. 75-77.
  8. (en) « Leaked video reveals new details about election of Iran's supreme leader », Al-Monitor,
  9. http://www.ncr-iran.org/fr/content/view/236/57/
  10. Le Nouvel Observateur, 7 février 2006.
  11. « Des réformateurs s'interrogent sur les pouvoirs de Khamenei », Associated Press et L'Obs, .
  12. (en) « Khamenei's remarks bode well for the future of the Islamic Republic », The Daily Star, .
  13. (en) Exclusive: Reuters investigates business empire of Iran's supreme leader, Steve Stecklow, Babak Dehghanpisheh et Yeganeh Torbati, Reuters, 11 novembre 2013.
  14. Philippe Gélie, « Iran : vers une révolution au sommet », Le Figaro, 28 février / 1er mars 2015, p. 7.
  15. « Supreme Leader Khamenei says U.S. is Iran's 'number one enemy' », Reuters,‎ (lire en ligne)
  16. « Les grandes puissances nucléaires unies face à l'Iran », Maurin Picard, Le Figaro, 6 mars 2009.
  17. Intox autour d'un livre de Khamenei qui appelle à détruire Israël, Marianne.net, 5 août 2015.
  18. « Iran : arrivée de Haniyeh (PM du Hamas) », AFP, Le Figaro, 10 février 2012.
  19. « Pour Khamenei, "Israël est voué à la disparition" », in Le Figaro, 21 novembre 2013, p. 8.
  20. Ali Khamenei veut la fin de l'État d'Israël… par référendum, Reuters, 24 juillet 2014.
  21. « KHAMENEI.IR - پايگاه اطلاع‌رسانی دفتر حفظ و نشر آثار حضرت آيت‌الله‌العظمی سيدعلی خامنه‌ای | #LETTER4U », sur farsi.khamenei.ir (consulté le 17 décembre 2017)
  22. Administrator, « Khamenei.ir - La seconde lettre du Guide Suprême aux jeunes d'Europe », sur french.khamenei.ir (consulté le 17 décembre 2017)
  23. La seconde lettre du Guide suprême de la Révolution islamique d’Iran, l’Ayatollah Seyed Ali Khamenei, RTBF, 29 novembre 2015.
  24. (en) Akbar Ganji, « Ayatollah Khamenei and the Destruction of Israel », sur Boston Review (en), (consulté le 28 décembre 2016).
  25. Iran : entre les mains du Guide », sur lemonde.fr, (consulté le 28 décembre 2016).

Annexes

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Articles connexes

Liens externes