Bataille d'Afrine

Bataille d'Afrine
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Carte de l'offensive d'Afrine :
Informations générales
Date en cours
(1 mois et 2 jours)
Lieu Afrine
Issue En cours
Belligérants
Drapeau de la Turquie  Turquie
Flag of Syria 2011, observed.svg Armée syrienne libre

Flag of Ahrar ash-Sham.svg Ahrar al-Cham


Flag of Hayat Tahrir al-Sham.svg Hayat Tahrir al-Cham
Flag of Syrian Democratic Forces.svg Forces démocratiques syriennes

Drapeau de la Syrie République arabe syrienne

Commandants
Drapeau de la Turquie Metin Temel
Flag of Syria 2011, observed.svg Yasser Abdel Rahim
Flag of Syrian Democratic Forces.svg Mahmoud Berxwedan
Flag of Syrian Democratic Forces.svg Noujin Derik
Forces en présence
Drapeau de la Turquie
inconnues

Flag of Syria 2011, observed.svg
10 000 à 25 000 hommes [1], [2]
Flag of Syrian Democratic Forces.svg
8 000 à 12 000 hommes [3], [4]
Pertes
Drapeau de la Turquie
31 à 39 morts [A 2]
143 blessés au moins [A 2]
1 char détruit [9]
1 hélicoptère détruit [10]

Flag of Syria 2011, observed.svg
205 morts au moins [A 3]
Flag of Syrian Democratic Forces.svg
219 morts au moins [A 4]
7 prisonniers au moins [A 4]
Civils :
112 morts au moins [A 1]
15 000 déplacés [7]

Guerre civile syrienne

Coordonnées 36° 30′ 43″ nord, 36° 52′ 10″ est

Géolocalisation sur la carte : Syrie

(Voir situation sur carte : Syrie)
Bataille d'Afrine

La bataille d'Afrine, baptisée l'opération Rameau d'olivier, a lieu lors de la guerre civile syrienne. L'offensive est lancée le par l' armée turque et les rebelles syriens de l' Armée syrienne libre contre les forces kurdes des YPG, avec l'objectif de chasser ces derniers de la ville et de la région d' Afrine, sous leur contrôle depuis 2012.

Prélude

Manifestation à Afrine, le 19 janvier 2018, contre l'offensive turque.
Manifestation à Bizah, près d' al-Bab, le 19 janvier 2018, en faveur de l'offensive turque.

Afrine et sa région, comprenant 360 villes et villages dans le nord-ouest du gouvernorat d'Alep, est contrôlée depuis le par le PYD et sa branche armée, les YPG [16], [17]. La population de la région est en très grande majorité kurde [18], mais elle comprend aussi des Arabes, des Assyriens, des Turkmènes et 20 000 réfugiés yézidis rescapés des massacres de Sinjar [19]. En janvier 2018, entre 500 000 et un million de personnes y vivent, dont des milliers de réfugiés [3], [16]. La poche d'Afrine est une région montagneuse [19], bordée au nord et à l'ouest par la frontière turque, au sud et à l'est par les régions sous contrôle rebelle, tandis que la route d' Alep au sud-est est tenue par le régime syrien [16]. La zone rebelle à l'est d'Afrine, dans la région d' al-Bab, est dominée par l' Armée syrienne libre et celle au sud, dans la région d' Idleb, par Hayat Tahrir al-Cham [20].

Après la défaite en 2017, à al-Bab, des djihadistes de l' État islamique lors de l' opération Bouclier de l'Euphrate, les villes d' Afrine et Manbij, contrôlées par les Kurdes des YPG, deviennent les prochains objectifs de la Turquie [21], [22]. En juillet 2017, des dizaines de milliers de personnes manifestent à Afrine contre la Turquie, après des rumeurs sur la préparation par Ankara d'une offensive contre la région [21]. Ponctuellement dans les mois qui suivent, des escarmouches éclatent, des bombardements et des tirs d'artillerie sont effectués par l'armée turque dans la région [23]. Cependant Moscou s'oppose à une offensive turque et afin de veiller au respect du cessez-le-feu, des forces de l' armée russe se déploient le 20 mars 2017 à Afrine auprès des Forces démocratiques syriennes [24], [25], [26]. Pour la Turquie, la lutte contre le PYD et le PKK est la grande priorité, mais elle est isolée sur ce sujet [27], [28].

Le 12 octobre 2017, après un accord avec Hayat Tahrir al-Cham, des forces de l'armée turque entrent dans le gouvernorat d'Idleb et installent des postes de contrôle au sud de la région d'Afrine [26].

Le 13 janvier 2018, l'artillerie turque reprend ses bombardements sur Afrine, qui se poursuivent les jours suivants [29], [30], [31], [32], [33], [34].

Le 14 janvier 2018, la coalition internationale menée par les États-Unis annonce son intention de créer avec les Forces démocratiques syriennes une « Force de sécurité aux frontières » constituée de 30 000 hommes dans le Nord de la Syrie [35], [36]. Cette annonce est dénoncée par le régime syrien, la CNFOR, la Russie, l' Iran et est accueillie avec fureur par la Turquie qui menace de passer à l'offensive à Afrine [35], [37], [38], [39], [40]. Le 15 janvier, le président turc Recep Tayyip Erdoğan déclare : « L'Amérique a avoué qu'elle était en train de constituer une armée terroriste à notre frontière. Ce qui nous revient, à nous autres, c'est de tuer dans l'œuf cette armée terroriste » [41]. Le Secrétaire d'État américain Rex Tillerson tente ensuite de calmer la situation en déclarant que l'annonce a été « mal relayée » et que les États-Unis ne cherchent pas à constituer une force de gardes-frontières [42].

Le 18 janvier, des milliers de personnes manifestent dans les territoires kurdes du Nord de la Syrie pour s'opposer à l'intervention turque [43]. Le même jour, le régime de Damas menace également d'abattre les avions turcs qui survoleraient la Syrie [27].

Le 18 janvier, le général Hulusi Akar, chef d'état-major des forces armées turques, et Hakan Fidan, chef des services de renseignement, se rendent à Moscou, où ils sont reçus par Valéri Guérassimov, le chef d’état-major russe, et Sergueï Choïgou, le ministre de la défense [44], [27], [3]. L' AFP indique le 20 janvier que « les analystes estiment qu'aucune offensive majeure ne peut raisonnablement être lancée en Syrie sans l'accord de la Russie, présente militairement dans la région et qui entretient de bonnes relations avec les YPG » [45], [46], [3], [47]. Pour Marie Jégo, journaliste pour Le Monde : « Le message était le suivant : si Moscou refuse d’ouvrir l’espace aérien au-dessus d’Afrin, les négociations d’Astana parrainées par la Russie, la Turquie et l’Iran pourraient en rester là. Et si le PYD est invité à la table du « dialogue national syrien » à Sotchi, les Turcs n’en seront pas. Ankara croit au succès de sa démarche, misant sur le fait que les Russes tiennent au succès de la réunion de Sotchi, essentielle pour valoriser leur image de « faiseurs de paix » » [27]. La Turquie pourrait également avoir proposé d'abandonner Idleb, si la Russie abandonnait Afrine [27], [19], [48], [49]. Le 20 janvier, le ministère russe de la Défense annonce que les troupes russes en poste à Afrine se sont retirées [50]. Le 22 janvier, le président Erdoğan déclare : « La question d'Afrine sera réglée, il n'y aura pas de marche arrière à Afrine. Nous en avons parlé avec nos amis russes, nous avons un accord avec eux » [18], [51].