Cachoube

Cachoube (Kachoube)
Kaszëbsczi jãzek, kaszëbizna
PaysPologne
RégionPoméranie orientale
Nombre de locuteurs60 000
TypologieSVO
Classification par famille
Statut officiel
Langue officielleLangue régionale utilisable dans la voïvodie de Poméranie depuis [2005][1]
Codes de langue
ISO 639-2csb
ISO 639-3csb
IETFcsb
Article premier de la Déclaration universelle des droits de l'homme
Wszëtczi lëdze rodzą sã wòlny ë równy w swòji czëstnoce ë swòjich prawach. Mają òni dostóne rozëm ë sëmienié i temù przënôlégô jima pòstãpòwac z drëdzima w dëchù bratélstwa.
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Le cachoube ou kachoube (kaszëbsczi jãzek, kaszëbskô mòwa, kaszëbizna[1]) est une langue du groupe slave de la famille des langues indo-européennes. Le mot cachoube vient de kassub qui désigne un manteau que portaient les Cachoubes.

Faisant partie de la branche nord-occidentale des langues slaves, c’est la seule langue poméranienne encore réellement parlée, les autres (le polabe, le slovince ou vieux-poméranien, les langues des tribus slaves de Poméranie occidentale, de part et d’autre de l’Oder) étant des langues éteintes. Le cachoube failli disparaître à cause des politiques d’assimilation successives allemande, puis polonaise (surtout sous le régime communiste d’après-guerre)

Dans Le Tambour, l'écrivain allemand Günter Grass décrit comment la mère et l'oncle du protagoniste Oskar Matzerath doivent pratiquer leur langue presque secrètement.

Situation

Cachoubie - carte de l'aire linguistico-culturelle cachoube d'aujourd'hui
Drapeau cachoube
Page du dictionnaire cachoube de Stefan Ramułt, édité à Cracovie en 1893
Signalisation bilingue en polonais et en cachoube à la limite du district (powiat) de Puck en Poméranie.

Le cachoube est parlé dans le nord de la Pologne dans une partie de la province de Poméranie (« terre du bord de mer »), à l’ouest de l’agglomération de Gdańsk. L'utilisation du cachoube est relativement plus fréquente dans les cantons de Gdańsk (Gduńsk), Gdynia (Gdiniô), Wejherowo (Wejrowò), Puck (Pùck), Lębork (Lãbòrg), Bytów (Bëtowò), Kartuzy (Kartuzë), Kościerzyna (Kòscérzna) et Chojnice (Chòjnice).

Les Cachoubes ont pas le statut non de minorité nationale ou ethnique mais de groupe linguistique[2], la Cachoubie n’ayant jamais existé politiquement, même en tant que région autonome. Entre 250 000 et 300 000 personnes parlent ou comprennent le cachoube. Environ 60 000 personnes le parlent à domicile, le plus souvent en zones rurales, mais le nombre de personnes qui appartiennent à la mouvance culturelle cachoube est plus important, environ un demi-million d’habitants. Les administrations locales peuvent utiliser le cachoube, depuis 2005 seulement, à titre de langue complémentaire à la langue officielle, le polonais.

Le cachoube se rapproche du vieux-polonais et en a gardé de nombreux mots ainsi et phonèmes. En revanche, contrairement à une opinion courante, le cachoube n’a intégré qu’à peine 5 % de mots allemands dans son vocabulaire, et ces emprunts sont souvent anciens et communs au polonais.

S’il existe de nombreux dialectes locaux du cachoube (presque chaque canton a son dialecte), il est possible de distinguer le cachoube du nord et le cachoube du sud.

Le cachoube écrit est proche du polonais à cause d’emprunts de vocabulaire et à une syntaxe similaire. La littérature cachoube utilise, depuis le e siècle, l'alphabet latin, d'après le modèle polonais.

En revanche, le cachoube parlé diffère très nettement du polonais, d'importantes différences existant entre les phonèmes, l’utilisation des prépositions, le vocabulaire, la formation des mots et les déclinaisons. Les règles d'accentuation sont également très différentes, comme notamment de la chute des voyelles dans les syllabes non accentuées. Les divergences phonétiques sont telles qu’un Polonais ne comprend pas d’emblée le cachoube, qui lui paraît difficile, et il comprend plus facilement d’autres langues slaves, comme le slovaque ou le tchèque.

Le cachoube est enseigné dans une cinquantaine d’écoles primaires et une dizaine de lycées, et environ 6 000 élèves suivent l’enseignement de la langue. Depuis 2005, le cachoube est une matière à option de la maturité (l'équivalent du baccalauréat français).

Le linguiste allemand du Mecklembourg, Friedrich Lorentz (1870-1937), a réalisé d’importantes recherches sur la langue et a publié plusieurs ouvrages sur l’orthographe et la grammaire et un dictionnaire de cachoube-poméranien. Le linguiste polonais de Cracovie, Stefan Ramułt (1859-1913), a publié un ouvrage sur ce même sujet.



Exemples

« Òjcze Nasz », le Notre Père en cachoube.

Alphabet

lettreA aĄ ąÃ ãB bC cD dE eÉ éË ëF fG gH hI iJ jK kL lŁ ł
prononciation (IPA)ɐõãbtsdɛeəfgxɪ-ijklw
lettreM mN nŃ ńO oÒ òÓ óÔ ôP pR rS sT tU uÙ ùW wY yZ zŻ ż
prononciation (IPA)mnɲɔoœ/ɒprstʊ-uɥi-wyvɪ-izʒ
lettresCh chCz czDz dzDż dżRz rzSz sz
prononciation (IPA)xdzʒʃ

Auteurs

Personnalités

Notes et références

  1. a et b Article correspondant dans la wikipédia en cachoube[réf. à confirmer]
  2. Nicole Dołowy-Rybińska, Les Kachoubes de Poméranie, Éditions Armeline, coll. « Peuples en péril », , 194 p. (ISBN 978-2910878405).
  3. http://ec.europa.eu/education/languages/archive/languages/langmin/euromosaic/pol3_fr.html
  4. [1]

Voir aussi

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Articles connexes

Liens externes