Dar Djellouli

Patio de l'étage pour les hôtes

Le Dar Djellouli est un palais de la médina de Tunis situé sur la rue du Riche à Bab Jedid, à proximité du Tourbet El Bey[1].

Il est classé dans l'inventaire de Jacques Revault, membre du Groupe de recherches et d'études sur le Proche-Orient, comme l'une des grandes demeures citadines historiques de Tunis[1].

Historique

À la fin du e siècle, le richissime caïd et fermier Mahmoud Djellouli acquiert une riche demeure offerte par le souverain Hussein Hussein Ier Bey à sa fille Fatima, épouse du ministre Rajab Khaznadar, et constituée en habous. Il l'obtient par voie d'échange contre l'un de ses biens et la convertit en palais au début du e siècle[1]. La fortune des Djellouli est telle que la rue sur laquelle se trouve le palais prend l'appellation de « rue du Riche »[2], après avoir été connue sous l'appellation de l'oratoire voisin[1].

Les agrandissements du palais sont réalisés principalement par Mahmoud Djellouli puis par ses fils, les caïds-gouverneurs Farhat et Hussein[1].

Le lieu engendre des allées et venues dans la rue en raison des activités des propriétaires ; c'est ainsi que, au début du XIXe siècle, Hussein Hussein II Bey est reçu dans la demeure par les Djellouli[1]. En 1893, les Djellouli y accueillent Jules Ferry, qui y reçoit les Français de Tunis[1].

Ouverte aux innovations, la demeure est la première[Où ?] à recevoir l’eau courante en 1890, l'électricité en 1913 et le gaz en 1929[réf. nécessaire].

Architecture

L'ornementation associe les styles traditionnel et occidental, la pierre calcaire (kadhal), les colonnes à chapiteaux turcs, le stuc, les faïences italienne et de Qallaline, les plafonds hispano-maghrébins, le marbre blanc et les plafonds de bois peint à motifs floraux[1].

La demeure se compose notamment d'un vestibule (driba), d'un double couloir (skifa), d'une cour aux proportions imposantes, d'appartements à alcôves au rez-de-chaussée et à l'étage supérieur, de parties communes (cuisine, pièce à provisions, hammam, toilettes et chambres de service) autour de deux courettes, d'un étage pour les hôtes (sraya) et d'une salle de repos sur terrasse (kushk) réservée au maître de maison[1]. D'autres appartements plus modernes sont annexés à la demeure[1].

La tourba, construction qui abrite le mausolée familial, fait partie du palais et se trouve dans la même rue que l'habitation principale[3],[1].

Références

  1. a b c d e f g h i j et k Jacques Revault, Palais et demeures de Tunis (XVIIIe et XIXe siècles), vol. II, éd. Centre national de la recherche scientifique, Paris, 1971, p. 194-204
  2. Mohamed El Aziz Ben Achour, Catégories de la société tunisoise dans la deuxième moitié du XIXe siècle, éd. Institut national d'archéologie et d'art, Tunis, 1989, p. 195-197
  3. Mohamed El Aziz Ben Achour, op. cit., p. 58

Voir aussi