Pierre Ayrault

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Pierre Ayrault, ou Petrus Ærodius, est un jurisconsulte français, né à Angers en 1536 et mort à Angers le [1]. Lieutenant criminel au présidial d'Angers, il est surtout connu pour son Traité de la Puissance paternelle (1593) et pour son grand ouvrage intitulé De l'ordre et instruction judiciaire (1576) où il rappelle à qui incombe la charge de la preuve dans le procès criminel.

Biographie

Il est le fils de René Ayrault (1503-1561), (avocat en 1520, procureur du Roi en 1540, maire d'Angers en 1556)[1].

Il fut élevé par son oncle François Ayrault, prieur de Bécon. Pierre Ayrault fit ses humanités à l'université de La Sorbonne à Paris, puis son droit à Toulouse et Bourges. Il fut l'élève du jurisconsulte Jacques Cujas[2].

Une fois bachelier il rentre à Angers où il enseigne le droit jusqu'en 1558.

En 1558, Pierre Ayrault fut nommé conseiller-échevin d'Angers[3]. La même année, il s'établit à Paris comme avocat au parlement de Paris.

De retour à Angers en 1568, il exerce l'office de lieutenant criminel au bailliage d'Angers. Il y fut surnommé « l'écueil des accusés » pour sa sévérité et la qualité de ses enquêtes. Lieutenant général du présidial par intérim 1589-1590, il resta toujours fidèle au parti du Roi pendant les troubles de la Ligue.

En 1579 et 1599, il fut à nouveau conseiller-échevin de la cité d'Angers[3].

Fidèle au roi Henri III, Pierre Ayrault publia un discours sur sa mort en 1589. Il exhorta son successeur Henri IV à se convertir au catholicisme. Il mourut en 1601[4].

Pierre Ayrault, ancien élève de La Sorbonne, s'opposa aux Jésuites qui ouvrirent une école, de surcroît gratuite, à Paris, pour concurrencer La Sorbonne. Il eut des différends nombreux avec eux. Il les accusa d'avoir endoctriné son fils aîné, René Ayrault (1567-1644), qui s'était fait jésuite sans son consentement. En 1564, les curés de Paris le prirent comme avocat pour défendre leurs droits face aux Jésuites. Il rédigea un ouvrage au titre évocateur : Traité de la Puissance paternelle[5].

En 1591, il publia Procès faits aux cadavres, aux cendres, à la mémoire, aux bêtes brutes et aux contumax[6].

Il a laissé :

  • des Plaidoyers, Paris, 1598 ;
  • des ouvrages de jurisprudence, dont De l'ordre et instruction judiciaire chez les Grecs et les Romains, Paris, Iacques du Puys, 1576.

Descendance

Il épousa Anne Des-Jardins, fille de Jean Des-Jardins, médecin de François François Ier. Il eut quinze enfants, dont[1] :

  • René Ayrault, devenu jésuite sans son consentement, et qu'il tenta de reprendre. Les Jésuites le dissimulèrent dans maints endroits et sous un autre nom[4].
  • Pierre Ayrault, (1576-1626), devint président de la sénéchaussée d'Angers et maire de la cité.
  • Jean Ayrault, avocat au parlement de Paris ;
  • Guillaume Ayrault, religieux de l'ordre de Saint-Benoît, Maître docteur de La Sorbonne.
  • Guyonne Ayrault (1584-1629) qui épousa Guillaume Ménage, avocat du roi au présidial d'Angers, dont elle eut le grammairien Gilles Ménage (1613-1692).

Bibliographie

Références

  1. a b et c Mémoires pour servir à l'histoire des hommes illustres dans la république Par Jean-Pierre Niceron, vol. 27, 1732. (p. 327 à 336)
  2. http://jcraymond.free.fr/Celebrites/A/Ayrault/Ayrault.php
  3. a et b Recherches historiques sur l'Anjou et ses monumens Par Jean François Bodin, vol. 2, 1823. (p. 579)
  4. a et b Dictionnaire historique et critique Par Pierre Bayle, Eusèbe Renaudot, Anthelme Tricaud, Pierre Desmaizeaux, nouvelle  éd., vol. 1, A-AM, 1820. (p. 333-334)
  5. Bibliothèque choisie des livres de droit. Lettres sur la profession d'avocat Par Armand-Gaston Camus, Dupin (André-Marie-Jean-Jacques, M.), 5e  éd., 1833. (p. 147)
  6. Catalogue des livres de la Bibliothèque de Nismes Par Bibliothèque Municipale Nîmes, I.-E. Thomas de Lavernède, vol. 1, 1836. (p. 87)