Section française de l'Internationale ouvrière

Section française de l'Internationale ouvrière

Logotype officiel.
Présentation
Anciens dirigeantsJean Jaurès, Paul Lafargue, Jules Guesde, Édouard Vaillant, Louis Dubreuilh, Léon Blum, Daniel Mayer, Guy Mollet
Fondation1905 (congrès du Globe)
Fusion deParti socialiste français
Parti socialiste de France
Disparition1969
Fusionné dansParti socialiste
PositionnementGauche[1]
Journal procheL'Humanité (de 1905 à 1920)
IdéologieSocialisme[1]
Marxisme[1]
Couleurs Rouge

La Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) est un parti politique socialiste français, qui a existé sous ce nom de 1905 à 1969.

En 1969, elle devient le Parti socialiste, lors du congrès d'Issy-les-Moulineaux où elle s'associe avec l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche.

Histoire

Partis socialistes avant la SFIO

Réorganisation et unité initiale (1876-1890)

Après les événements de la Commune de Paris, une terrible répression s'abat sur les mouvements socialistes. Il y a entre 20 000 et 30 000 morts et plus de 38 500 fugitifs ou exilés et autant d'arrestations. Parmi les personnes arrêtées, il y a 78 % d'ouvriers dont 84 % sont déportés dans les plus lointaines colonies de l'empire colonial français. Dès 1872, les classes ouvrières se réorganisent en chambre syndicale. En 1876, un ouvrier bijoutier, Barberet, organise le premier congrès ouvrier. De Londres, les exilés s'organisent, notamment les amis de Blanqui qui accusent ouvertement le gouvernement de favoriser la classe bourgeoise. D'un autre côté Jules Guesde, un journaliste condamné pour avoir défendu la Commune, développe une position de différenciation par rapport aux autres partis.

Division en cinq tendances (1882-1901)

Une structure socialiste unitaire est créée en 1878 : la Fédération du parti des travailleurs socialistes de France (FPTSF). Mais les congrès de 1880 et 1881 voient s'affirmer la désunion des socialistes. À partir de 1882, ils créent plusieurs partis représentant cinq grandes tendances du socialisme[2] :

  • Les possibilistes : lors de la séparation au congrès Saint-Étienne en 1882, Jules Guesde propose le vote du programme « minimal » (partiellement rédigé par Marx). La vision de Paul Brousse est différente : il s’agit de fractionner le but en plusieurs étapes pour le rendre possible. Le municipalisme est la base du mouvement possibiliste, c'est ce qui correspond à la vision communiste de Marx. Jusqu'en 1890, la Fédération des travailleurs socialistes étend son influence vers les pays de la Loire, mais elle subit une scission avec les allemanistes. Cette érosion est due à l'évolution politique : les possibilistes sont désormais devenus républicains. La FTSF regroupe les artisans et les professions libérales.
  • Les allemanistes : au sein de la FTSF, une aile ouvrière s'élève, emmenée par Jean Allemane qui crée une scission en 1890, à la suite du congrès de Châtellerault, formant le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR). Il prône les réformes immédiates et le réformisme municipal. Ils sont proches de certains aspects de l'anarchisme et veulent une décentralisation du pays. Leurs moyens d'action sont plus concentrés sur l'action syndicale que politique. Ils sont pour la gestion des industries par les travailleurs.
  • Les socialistes indépendants : au départ c'est un regroupement de plusieurs personnalités radicales et républicaines. Ce sont des hommes comme Jean Jaurès ou Millerand, qui deviennent très rapidement députés. Ils dominent par leur qualité oratoire et leur nombre les divers groupes ouvriers ou socialistes qui sont élus au Parlement. Ce groupe hétérogène au départ, devient très vite homogène. Ils se regroupent autour des idées de solidarité républicaine et ne s'occupent pas de la rupture entre les socialistes et la république bourgeoise. Ce courant parait très attaché à l'unité d'esprit du socialisme. C'est sur cet esprit d'unité que ce groupe se lie à plusieurs militants socialistes comme Léon Blum. Ce groupe d'indépendants s'agrandit jusqu'à créer en 1898 la confédération des socialistes indépendants, puis en 1902 c'est la fusion avec la FTSF de Brousse pour créer le Parti socialiste français.
  • Schéma synthétique relatif à la genèse de la SFIO (1878-1905)
    Les guesdistes : le Parti ouvrier français, créé en 1880 en tant que Parti ouvrier, par Jules Guesde et Paul Lafargue. C'est une organisation qui se bat non seulement pour des réformes mais aussi pour la conquête du pouvoir politique par les prolétaires. C'est une organisation marxiste, qui est en lien avec Karl Marx et Friedrich Engels. C’est numériquement le parti socialiste le plus important en France.
  • Le Parti socialiste révolutionnaire (PSR) blanquiste, nouveau nom donné en 1898 au Comité révolutionnaire central (CRC) créé en 1881. Après avoir perdu de nombreux militants lors de la crise boulangiste (dissidence du Comité central socialiste révolutionnaire en 1889), le CRC a été renforcé en 1896 par la scission d'élus et responsables régionaux exclus du POSR regroupés en 1897 sous le nom Alliance communiste révolutionnaire (ACR). Le PSR est dirigé par Édouard Vaillant, qui fait partie de l'union des indépendants et des marxistes.

Marche vers l'unité : les deux partis socialistes (1901-1905)

En 1901, deux mouvements socialistes s'opposent :

Ces courants s'opposent régulièrement, par exemple lorsque Millerand accepte d'entrer au gouvernement (dit « bourgeois »), Guesde et Vaillant dénoncent cette prise de position en déclarant que cela discrédite le socialisme. Malgré ces rivalités, Vaillant prône l'unification. Aux élections de 1893, une cinquantaine de députés sont élus. Parmi les raisons de leur élection, on trouve la diminution par le pouvoir du droit de presse, et surtout le mécontentement des ouvriers, qui se manifeste par de nombreuses grèves.

Deux rassemblements se développent :

  • Parti socialiste français : il regroupe les socialistes indépendants, ce qui reste de la FTSF de Brousse et la plus grande partie des Fédérations indépendantes. Ce parti est dirigé en 1902 par Jaurès.
  • Parti socialiste de France : il naît en 1901 sous le nom d’Unité socialiste révolutionnaire, réunissant le parti socialiste révolutionnaire (PSR), le Parti ouvrier français (POF) et quelques fédérations autonomes. Les guesdistes forment ici la quasi-totalité des effectifs.

Création de la SFIO

Jean Jaurès, socialiste indépendant, joue un rôle fondamental dans la création de la SFIO.

L'unification du socialisme français a lieu en 1905, au congrès du Globe à Paris, qui fait suite du congrès socialiste international d'Amsterdam de 1904. Le Parti socialiste, section de l'Internationale ouvrière, plus connu sous le sigle SFIO, parti du mouvement ouvrier, est né. Les anarchistes ne s'associent pas à cette unification.

Albert Willm aurait joué un rôle notable en 1905 dans le choix du sigle du Parti SFIO :

« L’avocat Albert Willm, du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR), aurait alors voulu marquer la préoccupation ouvriériste du courant allemaniste et obtenu l’adjonction d’ ouvrière. Là se trouve l’explication de la présence incongrue de l’expression Internationale ouvrière alors qu'à l’époque tous les textes officiels traduits en français se réfèrent aux décisions de l’Internationale socialiste[3]. »

Carte d'adhérent de Jean Jaurès.

Ce rassemblement est à la fois une victoire des révolutionnaires et une victoire des jauressiens. En effet, ils représentent le tiers de la direction, même si Jaurès lui-même n'y siège pas, car les élus ne peuvent en être membre. À l'inverse des autres partis socialistes européens, la SFIO est un parti peu centralisé, laissant une grande autonomie à ses élus et aux échelons locaux. Sa direction ne dispose que de maigres moyens humains et financiers d'autant que, contrairement à ses homologues britannique et allemand, elle ne peut s'appuyer sur les organisations syndicales, lesquelles défendent leur indépendance (la Charte d'Amiens est adoptée par la CGT en 1906). Dans ces conditions, le secrétaire général Louis Dubreuilh n'exerce qu'une fonction administrative et c'est le chef du groupe parlementaire et directeur du quotidien L'Humanité, Jean Jaurès, qui apparait comme le véritable chef du parti.

La SFIO (Section française de l'internationale ouvrière) prend position contre la politique coloniale et le nationalisme belliciste. Cependant, il y a encore des divergences sur les questions d'actualité. La rupture entre Vaillant et Guesde intervient dès 1906, quand la majorité accepte la résolution du congrès d'Amiens sur l'indépendance syndicale. Mais c'est sur la question de la guerre que la rupture intervient nettement. Jaurès, suivant la doctrine de l'Internationale, en appelle à la grève générale, voire à l'insurrection, afin de prévenir ou d'arrêter le conflit. Jules Guesde pense lui que la guerre peut détruire le capitalisme, et redoute que la grève ne devienne effective et affaiblisse les pays les plus industrialisés, ceux où l'organisation ouvrière serait plus forte. C'est une des raisons pour lesquelles les idées de Jules Guesde sont de moins en moins approuvées par les adhérents SFIO qui se rangent du côté de Jaurès.

Première Guerre mondiale

Article détaillé : Union sacrée et socialistes.

Le 28 juillet 1914, la SFIO publie un manifeste disant « À bas la guerre ! Vive la république sociale ! Vive le socialisme international ! ». Ce manifeste montre que les socialistes à ce moment étaient fermement contre la guerre. Trois jours plus tard, Jaurès, fervent pacifiste, est assassiné par Raoul Villain, aliéné notoire.

Dès le 2 août, il y a un basculement total avec le discours de Vaillant qui déclare « en présence de l'agression, les socialistes accompliront tous leur devoir pour la patrie ». Le 4 août, les socialistes votent les crédits de guerre, et le 26 août lors de la création du gouvernement les blanquistes et les guesdistes sont représentés dans le gouvernement de l'union sacrée.

Ainsi, en 1914, la grande majorité de la SFIO accepte de cautionner la guerre, contrairement à tous ses engagements antérieurs. Peu de socialistes maintiennent l’opposition à la guerre : le Comité pour la reprise des relations internationales (CRRI) de Fernand Loriot ou, de façon moins radicale, la minorité dirigée par Jean Longuet, qui crée le journal Le Populaire.

Années 1920

Les années 1919 et 1920 marquent un développement important du mouvement ouvrier, la CGT multiplie par deux ses effectifs en 1919. La SFIO aborde les élections législatives de novembre 1919 assez sereinement, elle présente un nouveau programme rédigé par Léon Blum qui renvoie la perspective révolutionnaire en disant « elle viendra à son heure historique ». Dès mars 1919, des grèves démarrent dans les mines, le textile et dans les banques. Ces grèves provoquent de fortes pressions sur la SFIO, où deux franges s'affrontent : les « zimmerwaldiens » et la SFIO réformiste. Cependant, la SFIO refuse de déclarer la grève générale. En février 1920, au congrès de Strasbourg, les adhérents acceptent à 92 % le retrait de la SFIO de la Deuxième Internationale, discréditée par son attitude favorable à la guerre.

Scission entre communistes et socialistes

Au congrès de Tours, Léon Blum s'oppose à l'adhésion de la SFIO à l’Internationale communiste.
Article détaillé : Congrès de Tours (SFIO).

En décembre 1920, au congrès de Tours, la question de l'adhésion à l’Internationale communiste divise la SFIO :

  • À gauche, les partisans de l'adhésion sont d’une part les membres du Comité de la troisième Internationale (« zimmerwaldiens »), dont Fernand Loriot, Boris Souvarine et Charles Rappoport ; d’autre part des anciens des courants socialistes de droite ou du centre (Marcel Cachin et Ludovic-Oscar Frossard) sont ralliés à cette position.
  • Au centre, il reste l'ancienne tendance de gauche qui se réunit avec Jean Longuet et Paul Faure, pour l'adhésion mais sous certaines réserves. Ils contestent l'article 17 qui mentionne que le parti doit respecter les directives centrales de la IIIe Internationale (c'est-à-dire qu'ils ne sont plus libres de leur politique) et l'article 21 qui met en place la révolution par une insurrection (révolution « blanquiste » des bolcheviks).
  • Enfin la droite des « guesdistes » et la droite des « reconstructeurs » (partisans de Léon Blum), qui s'opposent catégoriquement à l'adhésion.

Malgré ces oppositions, l'adhésion à la IIIe Internationale ouvrière est obtenue par 3 028 voix contre 1 022, et 327 abstentions. La SFIO se divise en deux, les majoritaires créent un nouveau parti : la SFIC (Section française de l’Internationale communiste) que l'on appellera plus tard le Parti communiste, puis PCF.

Difficultés après le congrès de Tours

La SFIC regroupe en 1921 la majorité des adhérents de l’ex-SFIO unifiée, et conserve aussi le principal organe de presse socialiste : L'Humanité. Mais des luttes internes entraînent des départs, puis la stalinisation du parti s’accompagne de vagues d’exclusions, et de la formation de mouvements communistes dissidents[4]. Ceci entraîne une chute très importante du nombre des adhérents (109 000 en 1921 ; 28 000 en 1933).

De son côté, la nouvelle SFIO n'est pas un parti important du point de vue du nombre d'adhérents (55 000 en 1923), mais a un réel poids électoral avec 101 députés aux élections de mai 1924. La SFIO adhère à la nouvelle Internationale ouvrière socialiste.

Une scission syndicale, entre CGT et CGTU, suit la scission politique.

Cartel des gauches

Article détaillé : Cartel des gauches.

En 1924, une union se forme entre radicaux, SFIO et républicains-socialistes. Ils passent un accord électoral, le Cartel des gauches. Ils veulent le retour de la défense de la laïcité, une défense des lois sociales, une politique financière plus juste avec des aides où l'on privilégie le prolétariat, et aussi une politique d'alliance avec la Société des Nations (SDN). Ce cartel est dénoncé, à l'intérieur de la SFIO, par une partie de l'aile gauche, menée par Jean Zyromski[5] et Bracke qui considèrent le parti radical comme un parti de la bourgeoise (au niveau classe sociale) et qui luttent pour une « l’indépendance de classe » de la SFIO. En mai 1924, le Cartel des gauches remporte la victoire aux élections avec 328 sièges sur 582.

Le premier gouvernement est celui de Édouard Herriot (Gouvernement Édouard Herriot (1), au ). Il n'y a aucun ministre socialiste. La SFIO voulait diriger le gouvernement car elle estime que les radicaux sont encore trop ancrés au sein de la classe bourgeoise. Herriot met en place une politique de gauche pour satisfaire son électorat. Il crée un conseil national économique et social. Aristide Briand va se charger de la politique étrangère. Il essuie malgré tout un échec important sur sa politique laïque, à cause de l'opposition de l’Église ; Édouard Herriot voulait à nouveau supprimer l'ambassade du Vatican, et le concordat de l'Alsace.

Dès 1925, une division apparaît entre les radicaux et les socialistes, qui porte sur le remboursement de la dette nationale. C'est une crise d'endettement qui est due à la reconstruction après la guerre, mais aussi aux bons du trésor. De plus la monnaie est instable. Socialistes et radicaux sont en opposition sur la conception financière du remboursement de la dette. Les radicaux veulent appliquer la méthode libérale (laisser le commerce libre), tandis que les socialistes sont pour l'instauration d'un impôt sur le capital. Une autre solution donnée par la SFIO serait de transformer les bons du trésor en un emprunt plus long. Le gouvernement n'arrive pas à trouver de solution, au moment où le directeur général de la banque déclare qu'il n'y a plus de réserve d'or. Herriot est accusé d'avoir fait exploser la dette nationale, il est donc démis de ses fonctions. Six autres gouvernements du cartel des gauches vont se succéder en 15 mois.

Bilan de la reconstruction

En 1933, la SFIO est devenue plus importante que le Parti communiste. Mais la SFIO est divisée entre plusieurs courants, avec dans sa frange la plus à gauche :

  • Un courant d'extrême-gauche « L’Action socialiste » qui défend un front unique, une opposition à la défense nationale et une politique anti-impérialiste. Ils seront exclus en 1933, mais ils continueront d’exister en tant que « Comité d'action socialiste révolutionnaire ».
  • En 1935, la tendance « Gauche révolutionnaire » se crée, dirigée par Marceau Pivert. Elle regroupe les éléments d’extrême gauche non-trotskistes qui sont au sein de la SFIO. La tendance est exclue en 1938 et fonde le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP), qui sera dissous par le régime de Vichy mais ne se reformera pas à la Libération (la majorité de ses anciens membres rejoignant la SFIO d’après-guerre et quelques-uns le PCF).
  • Une importante tendance issue de la tradition du « guesdisme », la bataille socialiste, menée par Jean Zyromski et Bracke, située à la gauche du parti.
  • Un petit courant créé par des communistes antistaliniens, alliés à la bataille socialiste : Le Combat marxiste. Ils se prononcent pour une « régénération marxiste-révolutionnaire » de la SFIO.

Et dans sa frange davantage centriste ou à droite :

  • Les néo-socialistes sont plutôt centristes refusant à la fois la révolution marxiste et le réformisme au coup par coup mais favorables à une politique étatique de planification de l’économie. À la suite des conflits constants avec Léon Blum, ils seront exclus du mouvement en 1933 pour former l’éphémère Parti socialiste de France-Union Jean Jaurès (PSdF) et se disperseront durant le régime de Vichy entre la collaboration totale et la résistance de la première heure (aux côtés des socialistes de la SFIO et des communistes du PCF).
  • Autre tendance, « Révolution constructive » est apparue dès 1930. On trouve des intellectuels comme Robert Marjolin ou Georges Albertini, ils sont avec les néo-socialistes (mais resteront fidèles à la SFIO). Ils partagent un bon nombre de préoccupations comme l'impatience devant la « tergiversation » de Blum, l'attention aux classes moyennes, la nécessité de l'intervention de l'État pour aider le secteur privé.

Front populaire

Article détaillé : Front populaire (France).

Le paysage des années 1930 est marqué par la montée du fascisme. Des intellectuels de gauche se réunissent en comités pour combattre le fascisme, comme le Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, ou le Mouvement Amsterdam-Pleyel dans lequel on retrouve les écrivains Romain Rolland et Henri Barbusse qui sont proches des communistes. Ce qui précipite le déclenchement en France d’une lutte intense contre le fascisme, c'est l'évènement du 6 février 1934 où plusieurs ligues d’extrême-droite essaient de rentrer dans le palais Bourbon. La gauche voit en cette journée une tentative de renversement de la république. C’est pour cela que dans un premier temps, la gauche organise une contre-manifestation le . C’est à partir de ce moment-là que les divers courants de gauche vont s’unir.

Manifestation de la SFIO à Paris en 1934 pour la libération du dirigeant communiste allemand Ernst Thälmann.

Après le rapprochement dans la rue, il y a une alliance entre les partis : dès juillet 1934, la SFIO et le parti communiste mettent de côté leurs querelles pour gagner les élections de 1936. Le , les socialistes et les communistes font un pacte d’unité et d’action. Cependant, les radicaux n’acceptent de s’allier avec les communistes qu’en mai 1935, la France signant un accord avec l’URSS. Le , les radicaux signent le « ralliement populaire », celui-ci est célébré comme un événement national.

En janvier 1936, les différents partis se mettent d’accord sur le fameux programme « pain, paix, liberté ». Ce programme de Front populaire permet de gagner les élections de 1936, remportées par Léon Blum. Cette victoire électorale est accueillie durant les mois de mai et juin par de grandes grèves spontanées, avec plus de 2 millions de grévistes. C’est une grève de pression politique, avec des occupations d’usines.

Sous la pression des grèves, le Front populaire procède à plusieurs réformes en faveur des travailleurs comme la semaine de 40 heures, l’instauration de deux semaines de congés payés et une augmentation des salaires de 7 à 15 %. Cependant malgré ces réformes populaires, la situation économique reste mauvaise, la production baisse. Dès septembre, la hausse des prix est supérieure à la hausse des salaires, Blum est obligé de dévaluer le franc et en même temps, il décide de faire une pause dans les réformes.

En faisant cette pause, il perd la confiance des socialistes et des ouvriers. La deuxième cause de son renversement est que le Front populaire refuse d’intervenir pour aider militairement la République espagnole, qui est confrontée au coup d’État franquiste[réf. nécessaire]. Léon Blum, cédant aux centristes radicaux, mais surtout à d’autres pressions, notamment celles du Royaume-Uni, décide de ne pas s’engager dans cette guerre. La troisième cause est les pressions antisémites de la part des journaux de l’extrême droite, car Léon Blum est juif. Pour Serge Bernstein, les choix intellectuels de Léon Blum sont pour beaucoup dans l'échec politique de l'expérience du Front populaire. En particulier, Blum estime que seul le prolétariat constitue l’instrument de la transformation sociale et refuse de prendre en compte les classes moyennes, qu'il tient pour un groupe résiduel condamné par l’évolution économique.

Blum est emporté en juin 1937 par le vote négatif des sénateurs radicaux, qui lui refusent les pleins pouvoirs ; selon Bernstein, ce vote traduit « la révolte des classes moyennes, clientèle du radicalisme contre ce qui leur apparaît comme une politique de classe »[6]. C’est la fin du Front populaire, même si l’assemblée élue reste en place pour voter la confiance au gouvernement Daladier et ne sera pas renouvelée au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale lors de la défaite de 1940.

De la Résistance à la Libération

Article détaillé : Comité d'action socialiste.
Arrêté par le régime de Vichy en 1940, Léon Blum fait connaître son soutien au général de Gaulle.
Paul Faure se rallie à Vichy.

En 1939, lors du 36e congrès national de la SFIO à Nantes, le parti se divise en deux tendances : les partisans de Blum s'opposent à ceux de Paul Faure ; ce dernier est le chef de file du courant hostile à la guerre, illustré également par Charles Spinasse, Julien Peschadour, Jean-Baptiste Séverac, Louis L'Hévéder, Fernand Roucayrol, Georges Dumoulin, Ludovic Zoretti, Georges Albertini, Georges Soulès, Maurice Deixonne… Les fauristes demandent une conférence de paix qui réparerait les injustices de 1919 et obtiennent 2 200 mandats contre 2 800 pour la tendance Blum.

Juillet 1940 et le vote des pleins pouvoirs au Maréchal Pétain laisse la SFIO divisée[7] : parmi les 669 députés et sénateurs présents, 36 SFIO votent « contre », et 170 parlementaires SFIO ont ainsi voté « pour »[8].

La Seconde Guerre mondiale renforce cette coupure dans la SFIO entre ceux qui sont favorables au gouvernement de Vichy (Paul Faure, Charles Spinasse ), voire à la Collaboration (Jean-Marie Balestre, Louis Sellier, Paul Perrin, Paul Rives, Camille Planche, Simon Sabiani, Pierre Thurotte, etc) et ceux qui rejoignent les rangs de la Résistance (Pierre Brossolette, Amédée Dunois, Félix Gouin, Jean-Baptiste Lebas, Daniel Mayer, Guy Mollet, André Philip, Jean Pierre-Bloch, Christian Pineau, Pierre Viénot…).

Une partie des « paul-fauristes » (partisans de Paul Faure) choisit le silence ; Paul Faure se tient à la retraite même s'il parraine avec une vingtaine de députés socialistes le journal L'Effort. Mais une partie des fauristes participe activement à la presse collaborationniste et écrit dans les journaux ouvriéristes collaborationniste comme Germinal, Le Rouge et le Bleu, L'Atelier, La France socialiste, L'Effort. Certains socialistes pacifistes s’engagent dans des organisations collaborationnistes dont le Rassemblement national populaire de Marcel Déat, comme Ludovic Zoretti ou Georges Dumoulin, et y rejoignent des néo-socialistes qui avaient quitté la SFIO dans les années 1930.

Cependant, il y a peu de militants qui adhèrent à ce mouvement. Pendant tout le début de la période de l’occupation, la plupart des militants ne font rien. Le réseau est affaibli depuis août 1940, les conseils généraux sont suspendus et les conseils municipaux sont nommés par Vichy. Les anciens lieux de réunions du Front populaire, comme « la Ruche de Montchat » à Lyon, sont fermés et les réunions interdites[réf. nécessaire].

À partir d’août 1940, les premières tentatives de construire un parti clandestin prêt à l'action contre l'occupant sont l'œuvre de deux blumistes, Daniel Mayer et Henri Ribière. Une organisation est créée par Mayer en mars 1941 : le Comité d'action socialiste (CAS), qui compte 2 000 adhérents. Le CAS se renforce au cours de l'année 1942, et devient la SFIO reconstituée en mars 1943. Le Populaire reparaît clandestinement à partir de 1942.

Certains, comme André Philip, rejoignent la France libre à Londres.

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Le Parti socialiste appelle les socialistes à rejoindre les mouvements de résistance existants, au nom de l'union nationale « tous les Français peuvent et devraient se rassembler sur un travail commun ». Les militants SFIO sont majoritaires à Libération-Nord, et créent le Réseau Brutus. Lorsque le Conseil national de la Résistance (CNR) est créé en 1943, la SFIO y est représentée en tant que telle, aux côtés de militants du PCF et de la droite gaulliste (autour des démocrates populaires centristes du PDP, parmi les nombreux démocrates chrétiens opposés à Vichy et depuis longtemps à la montée des fascismes en Europe).

La SFIO se reconstitue à la Libération en tant que troisième grand mouvement de l’après-guerre, après les républicains populaires du MRP issu de l’ex-PDP, et les communistes. La dérive de certains collaborateurs au sein de l’ancienne SFIO (ou de certaines de ses anciennes tendances) a été pour certains jusqu'au fascisme. Ceux qui avaient été exclus de la SFIO avant-guerre, sans être allés jusqu’à la collaboration vichyste, créent un Parti socialiste démocratique (PSD) autour de Paul Faure, qui a peu d'audience. En novembre 1944, 83 députés de l’ancienne SFIO sont exclus pour ne pas avoir résisté (sans avoir forcément collaboré), dont 12 seront ensuite réintégrés.

En 1945, la SFIO compte 336 000 adhérents, ce qui est inférieur au PCF qui a reconstruit son influence majoritaire sur la gauche et compte dans ses rangs 791 373 adhérents ; la SFIO ne joue encore que le rôle d’arbitre modérateur à gauche, sans réel pouvoir d’opposition face au MRP reconstitué autour des centristes, démocrates chrétiens et des autres mouvements gaullistes de droite ayant participé au CNR ; mais elle inspirera tout de même fortement la politique de planification et de reconstruction que la SFIO attentiste de Léon Blum n’avait pas voulu mener avant-guerre.

Après-guerre : 1945-1946

La SFIO partage le gain des élections législatives de 1945 avec le PCF et le MRP, chacun recueillant environ 25 % des suffrages. Dans cette situation particulière, aucun des trois partis n’a la majorité à l'assemblée. Ils doivent donc composer un gouvernement commun, pour avoir une forte majorité au parlement. Cette période gouvernementale 1945-1947 est appelée « le tripartisme ».

Le 20 janvier 1946, Charles de Gaulle démissionne de son poste de président du Conseil. C'est à partir du 23 janvier 1946 que le tripartisme prend véritablement son ampleur. Dès le début de ce gouvernement, il y a déjà des tensions, qui portent sur la nouvelle constitution. Au sein du tripartisme deux tendances s'opposent :

  • à gauche, PC et SFIO sont d'accord pour une seule assemblée forte et toute puissante.
  • dans la nouvelle droite populaire et gaulliste de l’après-guerre, le MRP veut une deuxième chambre et un président avec plus de pouvoir.

La majorité de gauche impose son projet à l'assemblée, mais la constitution est refusée par référendum. Il y aura finalement deux chambres avec un vrai pouvoir. Le nouveau projet étant adopté, de nouvelles élections législatives en juin 1946 ont lieu : le MRP arrive en tête (passant de 23,45 % en 1945 à 28,2 %), suivi du PCF (25,98 % contre 26,23 % en 1945) et de la SFIO (21,14 % contre 23,45 % en 1945) qui perdent du terrain. Un évènement va surgir qui va mettre fin à la politique tripartite : c'est le discours de Bayeux du où le MRP interprète le discours comme une mise en garde de De Gaulle sur les partis de gauche. Le MRP fidèle à De Gaulle, décide de se séparer du tripartisme, ce qui en annonce la fin.

Entre ces deux tendances, les radicaux centristes restent partagés entre d’un côté certains favorables à la SFIO, et d’autres favorables aux centristes démocrates chrétiens de l’ancien PDP, intégrés au MRP. L’extrême-droite discréditée est balayée et ne compte à ses côtés que certains collaborationnistes, tandis que les divers mouvements d’extrême-gauche ne parviennent pas à rassembler autant que le puissant PCF à la libération.

En 1947, c’est le socialiste Vincent Auriol, président de l'Assemblée constituante, qui est élu comme premier président de la Quatrième République. La SFIO doit alors se reconstituer sur des bases plus stables et regagner le terrain qu’elle a laissé à la fois à gauche (au PCF) et au centre (au MRP). Ce terrain, la SFIO va le reconquérir progressivement chez les radicaux centristes, et seulement par la suite contre le PCF qui soutient le stalinisme et le modèle collectiviste soviétique de l’après-guerre.

Divisions de la SFIO sous Guy Mollet

Congrès national extraordinaire de la SFIO tenu à Montrouge, les 29-31 mars 1946.
Guy Mollet, secrétaire général de 1946 à 1969.

Le 38e congrès, en 1946, marque une nouvelle étape dans l'histoire de la SFIO. La direction sortante, menée par Daniel Mayer et soutenue par Léon Blum, est désavouée par le congrès. C'est la première fois qu'un tel changement de majorité arrive depuis 1919-1920. Il est reproché à l'équipe sortante de vouloir refonder idéologiquement le parti en le coupant de ses bases marxistes au profit d'un socialisme « humaniste »[6]. Le chef de file de la contestation, Guy Mollet, devient secrétaire général de la SFIO en 1946. Il le reste jusqu’en 1969.

Jusqu'à la mort de Léon Blum, en 1950, son autorité est cependant relative. Ainsi, lorsque Paul Ramadier, président du Conseil, renvoie le 4 mai 1947 les ministres communistes du gouvernement, l'épreuve de force entre la direction de la SFIO — défavorable à cette décision — et le groupe parlementaire — dominé par les blumistes, qui la soutient — tourne en faveur de ce dernier[réf. nécessaire].

Porté à la direction par l'aile gauche du parti, Guy Mollet la déçoit cependant assez rapidement. Les éléments les plus radicaux de la SFIO la quittent ou en sont exclus, comme Yves Dechezelles, « numéro 2 » du parti, qui crée l'action révolutionnaire socialiste, ou le petit courant « bataille socialiste » qui va créer le parti socialiste unitaire.

Entrés dans l’opposition en 1950, les socialistes soutiennent le gouvernement Mendès-France en 1954, sans y participer, mais sont partie prenante du front républicain mené par ce dernier lors des élections législatives de 1956. La SFIO étant le parti de cette coalition ayant le plus d'élus, le président René Coty appelle Guy Mollet à la présidence du Conseil. La crise du canal de Suez, la politique algérienne de Guy Mollet (poursuite de la guerre), le soutien à Charles de Gaulle en 1958, firent apparaître de nouvelles divisions et scissions : le Parti socialiste autonome (PSA) en 1958, qui va être à la base de la création du Parti socialiste unifié (PSU) en 1960.

En 1962, la SFIO a perdu 80 % de ses adhérents par rapport à la Libération, et la moitié de son électorat. La SFIO n'arrive plus à recruter dans les métiers techniques. Sa politique sur l'Algérie est largement désavouée par le reste de la Gauche, et par de larges couches de la jeunesse. L'essentiel de la réflexion politique dans la gauche non-communiste se retrouve en-dehors du Parti socialiste, au sein du PSU, mais aussi des nombreux clubs et groupes qui se multiplient dans les années 1960. À tous points de vue, la SFIO de Guy Mollet n'est plus qu'un squelette de la SFIO d'antan. Aux élections législatives de 1962 la SFIO poursuit son lent déclin avec seulement 12,7 % des voix.

En 1964, il y a deux tendances, ceux qui veulent battre De Gaulle par le cadre institutionnel, et ceux qui veulent transformer la gauche non communiste en force d'appoint de « nouveaux managers ». C'est à nouveau un projet de rassemblement dans la SFIO d'un courant novateur où Mollet ne peut prendre le risque de désavouer frontalement Gaston Defferre. Le congrès de 1964 accorde l'investiture de ce projet. Pourtant les syndicats refusent de participer au soutien « horizon 80 », et le PSU fait de même. Le projet de Defferre n'aboutit pas et il retire sa candidature.

Déclin et refondation

François Mitterrand, homme politique de centre-gauche qui n’appartient pas à la SFIO, a une conception différente. Il voit la nouvelle politique française en un affrontement bipolaire : une union de toute la gauche contre la droite gaulliste. C'est pour cela qu'il se présente pour l'élection présidentielle de 1965 comme candidat unique de la gauche. La campagne est un franc succès : face à de Gaulle, il obtient au premier tour 32,2 % des voix, et au second tour 45 %. Mitterrand fonde dans la foulée la Fédération de la gauche démocrate et socialiste (FGDS) qui regroupe la SFIO, le parti radical, la Convention des institutions républicaines et divers clubs.

Après l'échec des élections législatives de 1968 (16,5 % des voix), la FGDS disparaît. Lors de l'élection présidentielle de 1969, tous les alliés envisagés se dérobent et la gauche se présente divisée. Le candidat de la SFIO, Gaston Defferre, ne recueille que 5 % des voix. Cette élection est la dernière à laquelle se présente un parti sous l'appellation SFIO.

En juillet de la même année, sous l’impulsion d’Alain Savary, la SFIO fusionne avec l'Union des clubs pour le renouveau de la gauche pour créer le Parti socialiste, lors du congrès d'Issy-les-Moulineaux.

Résultats électoraux

Élections législatives

Année[9]Premier tourRang[10]SiègesGouvernement
Voix%
1906877 22110 %4e
54 / 585
Opposition
19101 110 56113,23 %4e
75 / 590
Opposition
19141 413 04416,8 %3e
102 / 601
Opposition
19191 728 66321,22 %2e
68 / 613
Opposition
19241 814 00020,1 %2e
104 / 581
Cartel des gauches
19281 708 97218,05 %3e
100 / 604
Opposition
19321 964 38420,51 %1er
132 / 607
Opposition
19361 955 30619,86 %2e
149 / 610
Front populaire
19454 491 15223,77 %3e
134 / 522
Tripartisme
19464 187 74721,14 %3e
128 / 586
Tripartisme
19463 433 90117,87 %3e
102 / 627
Tripartisme
19512 744 84215,39 %3e
107 / 625
Troisième Force
19563 180 65614,93 %3e
95 / 595
Front républicain
19583 171 45915,48 %4e
47 / 579
Opposition
19622 279 20912,54 %3e
66 / 482
Opposition
19674 231 17318,96 %3e
121 / 487
Opposition
19683 662 44316,54 %3e
57 / 487
Opposition

Élections présidentielles

AnnéeCandidatPremier tour
Voix%Rang
1969Gaston Defferre1 133 2225,01 %4e

Élections cantonales

AnnéePremier tourSecond tourConseillersPrésidents
Voix%RangVoix%Rang
19611 090 64816,812eNC
271 / 1 504
NC
19641 124 43916,642e
286 / 1 562

Personnalités de la SFIO

Secrétaires généraux

Autres personnalités marquantes

Congrès

AnnéeLieuNotes
1er1905Le Globe« Congrès de l'unité » : fondation de la SFIO par la fusion du Parti socialiste français de Jean Jaurès et du Parti socialiste de France de Jules Guesde
1905Chalon-sur-Saône
1906Limoges
1907Nancy
1908Toulouse
1909Saint-Étienne
1910Nîmes
ParisSeconde session du 7e congrès
1911Saint-Quentin-en-Yvelines
ParisSeconde session du 8e congrès
1912Lyon
ParisSeconde session du 9e congrès
1913Brest
1914Amiens
ParisSeconde session du 11e congrès
1915Paris
1916Paris
1917Bordeaux
1918Paris
ParisSeconde session du 15e congrès
1919Paris
17e1920StrasbourgLa SFIO se retire de la Deuxième Internationale, sans toutefois adhérer à la Troisième Internationale.
18e1920ToursLa majorité rejoint l'Internationale communiste et créent la Section française de l'Internationale communiste (SFIC) alors que les minoritaires maintiennent la « Vieille maison » SFIO autour de Léon Blum
1921Paris
1923Lille
1924Marseille
1925Grenoble
1926Clermont-Ferrand
1927Lyon
1928Toulouse
1929Nancy
1930ParisSeconde session du 26e congrès
1930Bordeaux
1931ParisSeconde session du 28e congrès
1932Paris
AvignonSeconde session du 29e congrès
1933Paris
1934Toulouse
1935Mulhouse
LimogesSeconde session du 32e congrès
1936Boulogne-BillancourtTroisième session du 32e congrès
1936Paris
1937Marseille
35e1938Royan
MontrougeSeconde session du 35e congrès
36e1939Nantes
*1944ParisCongrès national extraordinaire des cadres des fédérations socialistes reconstituées dans la Résistance
37e1944Paris
38e1946Paris
1947Lyon
1948Paris
1949Paris
ParisSeconde session du 41e congrès
1950Paris
1951Paris
ParisSeconde session du 43e congrès
1952Montrouge
1953Asnières
PuteauxSeconde session du 45e congrès
1954Asnières
SuresnesSeconde session du 46e congrès
1955PuteauxTroisième session du 46e congrès
1955Asnières
48e1956Lille
1957Toulouse
50e1958Issy-les-Moulineaux
1959Puteaux
1960Issy-les-Moulineaux
ParisSeconde session du 52e congrès
1961Issy-les-Moulineaux
1962ParisSeconde session du 53e congrès
1963Issy-les-Moulineaux
1964ParisSeconde session du 54e congrès
1965Clichy
ParisSeconde session du 55e congrès
1966ParisTroisième session du 55e congrès
1967Suresnes
1968ParisSeconde session du 56e congrès
PuteauxTroisième session du 56e congrès

L'insigne aux trois flèches est créé par Serge Tchakhotine et d'abord utilisé par le Front d'airain (Eiserne Front), organisation de défense antifasciste allemande créée en 1931 : sa fonction première est de barrer la croix gammée sur les murs et les affiches[11]. Il est adopté par le Parti social-démocrate d'Allemagne à l'été 1932[11] et apparaît en France en 1934, en provenance d'Autriche, mais ne devient l'insigne de la SFIO qu'à la Libération[12]. Hormis l'inclinaison des flèches à 45° et l'orientation des pointes à gauche vers le bas, le logo n'a jamais été standardisé[12]. Après avoir abandonné ce logo à sa création en 1969, le Parti socialiste le remplace par la rose au poing après le congrès d'Épinay de 1971[12].

Siège

Entre 1936 et 1971 (repris ensuite un temps par le PS), le siège du parti se situe cité Malesherbes (9e arrondissement de Paris)[13].

Voir aussi

Bibliographie

Études par périodes

Longue durée
Troisième République
  • Georges Lefranc, Le Mouvement socialiste sous la Troisième République, 1875-1940, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », , 445 Georges Lefranc, Le Mouvement socialiste sous la Troisième République, 1875-1940, Paris, Payot, coll. « Bibliothèque historique », , 445 présentation en ligne)
    Nouvelle édition revue et augmentée : Lefranc, Le Mouvement socialiste sous la Troisième République, vol. 1 et 2, Paris, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot » (no 307-308), , 479 p. (ISBN présentation en ligne).
Débuts en 1905
  • Cahiers Jean Jaurès, n° 187-188, « Les débuts de la SFIO », Société d'études jaurésiennes, 2008, lire en ligne.
  • Bergounioux et Martelli, 1905, création de la SFIO : unité et diversité des socialistes : regards croisés, Paris, Fondation Gabriel Péri, coll. « Mémoire en ligne(s) » (no 1), , 61 p.
Première Guerre mondiale
Entre-deux-guerres
Front populaire
  • Brunet, Histoire du Front populaire, 1934-1938, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 1209), (1re éd. 1991), 127 p. (ISBN 2-13-044288-9).
  • Daniel Lefeuvre, Michèle Margairaz, et Danielle Tartakovski, Histoire du Front populaire, éd. Larousse, 2006.
  • Renouvin et Rémond (dir.), Léon Blum, chef de gouvernement (1936-1937) : colloque de la Fondation nationale des sciences politiques, Paris, 26-27 mars 1965, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, coll. « Références » (no 3), (1re éd. 1967, Armand Colin), 439 p. (ISBN 2-7246-0454-7, présentation en ligne)présentation en ligne)présentation en ligne].
  • Tartakowsky, Le Front populaire : la vie est à nous, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard : histoire » (no 275), (1re éd. 1996), 144 p. (ISBN 978-2-07-053330-5).
  • Michel Winock et Séverine Nikel, La Gauche au pouvoir. L'héritage du Front populaire, Bayard, .
Seconde Guerre mondiale
Quatrième République
Cinquième République
  • Serge Hurtig, « La S.F.I.O. face à la Ve République : majorité et minorités », Revue française de science politique, Paris, Presses universitaires de France, vol. 14, no 3,‎ , Revue française de science politique, Paris, Presses universitaires de France, vol. 14, no 3,‎ , lire en ligne).
  • Pierre Serne, Le Parti socialiste, 1965-1971, L'Encyclopédie du socialisme, .

Études régionales

  • Christian Bougeard, Gilbert Gramoullé, Maurice Lucas et Jean-Jacques Urvoas, Les Socialistes dans le Finistère (1905-2005), Rennes, Apogée, .
  • Jacques Girault, Le Var rouge. Les Varois et le socialisme de la fin de la Première Guerre mondiale au milieu des années 1930, Publications de la Sorbonne, .
  • Bernard Ménager, Jean-François Sirinelli et Jean Vavasseur-Desperriers (dir.), Cent ans de socialisme septentrional. Actes du colloque, Centre de gestion de l'édition scientifique de l'université de Lille-III, .
  • Martin Pottrain, Le Nord au cœur, historique de la fédération socialiste du Nord, Lille, Nord-Matin, .

Biographies

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. a b et c Laurent de Boissieu, « Section Française de l'Internationale Ouvrière (SFIO) », France Politique,‎ (lire en ligne).
  2. Roucaute Yves, Histoire Socialistes, de la commune de Paris à nos jours, Paris, Le Drappier, , 453 p. (ISBN 9782876400139).
  3. L'Ours (L'Office Universitaire de Recherche Socialiste), consultable sur http://www.lours.org/default.asp?pid=404 « Copie archivée » (version du 8 août 2014 sur l'Internet Archive).
  4. Parmi ces organisations communistes anti-staliniennes : le Cercle communiste démocratique, la Ligue communiste, l'Union communiste.
  5. Film Vidéo « Zyromski, Parcours dans l'histoire de la SFIO ».
  6. a et b Léon Blum, un intellectuel en politique, [email protected], 2008/2 (n° 5), page 8
  7. Il y a 70 ans, le 10 juillet 1940, 80 parlementaires (57 députés et 23 sénateurs) refusèrent de voter la loi constitutionnelle donnant tout pouvoir au Maréchal Pétain.
  8. Centenaire du Parti Socialiste : Vote des pleins pouvoirs en juillet 1940.
  9. Résultats de 1967 et 1968 obtenus avec le Parti radical au sein de la FGDS.
  10. En nombre de voix.
  11. a et b Philippe Burrin, « Poings levés et bras tendus. la contagion des symboles au temps du front populaire », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, vol. 11, no 1,‎ , Vingtième Siècle : Revue d'histoire, vol. 11, no 1,‎ , lire en ligne, consulté le 8 octobre 2016).
  12. a b et c Frédéric Cépède, « Le poing et la rose, la saga d’un logo », Vingtième Siècle : Revue d'histoire, no 49,‎ , Vingtième Siècle : Revue d'histoire, no 49,‎ , lire en ligne).
  13. Thierry Cazeaux, « La cité Malesherbes », mairie9.paris.fr, consulté le 25 novembre 2015.