Société des Nations

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Société des Nations
Sociedad de Naciones
League of Nations
Carte de l'organisation
Carte du monde montrant les adhésions à la Société des Nations de 1920 à 1945.

Région Monde
Création
Dissolution
Type Organisation internationale
Siège Palais Wilson ( Genève)
( 1920- 1936)
Palais des Nations ( Genève)
( 1936- 1946)
Langue anglais, espagnol, français
Secrétaire général Eric Drummond ( 1920- 1933)
Joseph Avenol ( 1933- 1940)
Seán Lester ( 1940- 1946)
Personnes clés Woodrow Wilson, Aristide Briand, Eric Drummond

La Société des Nations (SDN ou SdN [1]) était une organisation internationale introduite par le Traité de Versailles en 1919, lui-même élaboré au cours de la Conférence de paix de Paris, pendant laquelle est signé le Covenant ou le Pacte qui institue la Société des Nations, afin de préserver la paix en Europe à la fin de la Première Guerre mondiale. Basée à Genève, dans le Palais Wilson puis le Palais des Nations [2], elle est remplacée en 1945 par l’ Organisation des Nations unies, qui reprend un certain nombre de ses agences et organismes.

Les objectifs de la SDN comportent le désarmement, la prévention des guerres au travers du principe de sécurité collective, la résolution des conflits par la négociation, et l’amélioration globale de la qualité de vie.

Le principal promoteur de la SDN est le président des États-Unis Woodrow Wilson. Le dernier des dits Quatorze points de Wilson de janvier 1918 constitue la base politique officielle de cette association des nations. Toutefois, le Sénat américain, en s’opposant à la ratification du Traité de Versailles, vote contre l’adhésion à la Société des Nations et les États-Unis n’en font pas partie.

L'approche diplomatique qui préside à la création de la Société représente un changement fondamental par rapport à la pensée des siècles précédents, en prônant la négociation collective à l'encontre de la diplomatie secrète honnie par le président américain. Cependant, la Société n’a pas de force armée « en propre » et, de ce fait, dépend des grandes puissances pour l’application de ses résolutions, que ce soit les sanctions économiques ou la mise à disposition de troupes en cas de besoin. Les pays concernés sont peu disposés à intervenir. Benito Mussolini déclare ainsi : « la Société des Nations est très efficace quand les moineaux crient, mais plus du tout quand les aigles attaquent ». Dans l’ entre-deux-guerres, trois pays (l’ Allemagne nazie ainsi que le Japon en 1933, et l' Italie en 1937) quittent la SDN.

Après de nombreux succès notables et quelques échecs particuliers dans les années 1920, la Société des Nations est totalement incapable de prévenir les agressions des pays de l’ Axe dans les années 1930.

Malgré le règlement pacifique de tensions et conflits mineurs (dans les îles Åland, en Albanie, en Autriche et Hongrie, en Haute-Silésie, à Memel, en Grèce face à la Bulgarie, en Sarre, à Mossoul, dans le sandjak d’Alexandrette, au Libéria, entre la Colombie et le Pérou), la SDN est considérée comme un échec car elle ne parvient à enrayer ni la guerre civile espagnole, ni l’ agression italienne contre l’Éthiopie, ni l' impérialisme japonais, ni l' annexion de l'Autriche par Hitler, ni la crise des Sudètes, ni enfin les menaces allemandes contre la Pologne, c'est-à-dire l'ensemble des crises internationales qui préludent au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Circonstances de la naissance de la SDN

Fin de la guerre

En 1917, les Allemands, sachant l’arrivée des troupes américaines proche, décident de concentrer leurs efforts à l’ouest, pour gagner la guerre avant que les renforts alliés ne débarquent. En , le général allemand Erich Ludendorff attaque la Picardie et ouvre une brèche entre les armées française et britannique. Les alliés créent pour la 1re fois un commandement unique confié le 26 mars au maréchal Ferdinand Foch. En mai, les Allemands parviennent jusqu’à la Marne et menacent Paris, mais Ludendorff ne peut pas profiter de ce succès, faute de réserves. Les troupes des États-Unis ont donc le temps de débarquer et contribuent à repousser les Allemands. Les Italiens obtiennent en 1918 la capitulation de l’ Autriche, alors que les troupes alliées réunies à Salonique forcent la Bulgarie puis l’ Empire ottoman à demander l’ armistice. L’Allemagne capitule le .

Les pertes humaines de la guerre sont impressionnantes, neuf millions d’hommes perdent la vie durant le conflit. La malnutrition et les épidémies causent également la perte d’un nombre important de vies civiles et militaires. Les dégâts matériels sont également énormes : de nombreuses villes et bourgades, notamment en France, sont affectées par les bombardements, et parfois rayées de la carte. La production industrielle a chuté : l’Allemagne et la France sont les deux pays les plus touchés avec une baisse par rapport à 1913 de respectivement 39 % et 38 %.

Traité de Versailles

Le Traité de Versailles met fin à la Première Guerre mondiale. Il est signé le au château de Versailles entre l’Allemagne et les Alliés. Bien que cette conférence réunisse 27 États (vaincus exclus et, en réalité, 32, le Royaume-Uni parlant au nom du Canada, de l'Australie, de l'Afrique du Sud, de la Nouvelle-Zélande et de l'Inde), les travaux sont dominés par une sorte de directoire de 4 membres : Georges Clemenceau pour la France, David Lloyd George pour le Royaume-Uni, Vittorio Emanuele Orlando pour l’ Italie et Woodrow Wilson pour les États-Unis.

Les sanctions prises sont extrêmement dures pour les vaincus :

  • démilitarisation des environs du Rhin ;
  • dissolution de l'Autriche-Hongrie ;
  • reconstitution de la Pologne, au détriment notamment de l'Allemagne et de l'Autriche-Hongrie ;
  • perte des colonies au profit des vainqueurs ;
  • responsabilité totale des dégâts de la guerre et devoir de remboursement ;
  • occupation de certains territoires allemands par les Alliés ;
  • restitution de l’ Alsace-Lorraine à la France et détachement de la Sarre qui est soumise pour 15 ans au contrôle du conseil de la SDN.

Au moment de définir les nouvelles frontières de l’Europe, les États-Unis et le Royaume-Uni refusent d’accéder à la demande des Français de créer une barrière militaire sur le Rhin, pour éviter une hégémonie française sur le continent. De plus, ces deux pays sont convaincus que l’Europe ne peut se reconstruire efficacement sans une Allemagne forte. C’est pourquoi ils tentent de modérer les énormes exigences de la France. Pour éviter la création de cette barrière, les États-Unis et le Royaume-Uni proposent de signer avec la France un traité de défense commune en cas d’agression allemande, ce qui signifie que la France recevrait immédiatement l’aide militaire de ces pays. Clemenceau accepte cette proposition, mais le Congrès américain refuse de ratifier le traité de Versailles.

L’Allemagne étant extrêmement insatisfaite des dispositions du traité, les Français jugent bon de se protéger d’une autre manière. Ils vont alors constituer une petite entente avec la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Roumanie pour remplacer le soutien inexistant des États-Unis et du Royaume-Uni.